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© Musée de Cognac © CMPC, www.alienor.org

PIRANESE / ASCOLINI. ROME, OMBRE ET LUMIERE

2 novembre 2002 - 16 février 2003


L'exposition

L'exposition est conçue comme un dialogue entre deux artistes : Jean-Baptiste Piranèse, immense graveur du XVIIIe siècle et Vasco Ascolini, photographe italien d'aujourd'hui. Au travers d'un regard sur Rome, l'exposition met en avant un certain nombre de caractéristiques que l'on trouve dans les œuvres des deux artistes. Isolement des détails, éléments d'architectures et de décors, travail du noir constituent les affinités formelles qui lient leurs travaux. Bousculant parfois les certitudes en jouant sur la proportion des sujets, Vasco Ascolini répond à Piranèse chez lequel l'être humain paraît bien discret face au gigantisme des monuments.
Leur poésie perceptible dans les compositions laissant une plus large place au paysage ouvre quant à elle la voie au sentiment romantique.

Rome l'éternelle

Rome, riche de sa brillante histoire, a toujours suscité l'admiration et la convoitise de ses voisins européens et, notamment, du monde artistique. Ainsi, faute d'une conquête politique, Charles VIII, Louis XII et François Ier importent une certaine vision d'un art brillant. Mais il faut attendre 1540 et l'arrivée d'artistes italiens à Fontainebleau, et notamment celle de l'architecte Sebastiano Serlio pour que la Renaissance italienne trouve un écho concret en France.

Avec elle renaît également l'intérêt porté à l'antiquité gréco-romaine, qui fournit de nombreux modèles aussi bien dans le domaine des beaux-arts que dans l'architecture. Dans cette discipline, les Dix Livres d'architecture de Vitruve et le De re ædificatoria d'Alberti s'imposent comme des ouvrages fondamentaux pour la mise en place d'une esthétique du Beau, de l'Ornement, et de l'Ordre. La recherche des proportions idéales devient la préoccupation essentielle des architectes.

Dans ce contexte, naît une querelle entre les Anciens, défenseurs de l'architecture romaine et les Modernes auxquels se rallient les Français, convaincus de l'hégémonie de l'architecture grecque.

Au sein de ce débat, Jean-Baptiste Piranèse se situe évidemment du côté de Rome comme en témoignent entre autres ses célèbres Vues de Rome. L'architecture grecque est évoquée grâce à quelques vues de l'Acropole d'Athènes par Ascolini.

Jean-Baptiste Piranèse

Né en 1720, Jean-Baptiste Piranèse se destinait à une carrière d'architecte qui ne se concrétisera jamais. Bénéficiant d'une formation d'architecte, de peintre, d'archéologue, de dessinateur de décors pour le théâtre et de graveur, son œuvre ne représente pas moins de 2 000 planches consacrées essentiellement aux antiquités romaines.
Plusieurs séries d'estampes rassemblées en recueils thématiques ont été publiées tout au long de sa carrière : les Carceri (Prisons) en 1761, la Colonna di Trojano en 1775, etc… Il y fait preuve d'une remarquable technicité de graveur et de qualités de visionnaire qui font son originalité. La dimension fantastique dont il imprégna ses œuvres influença définitivement une façon émotionnelle de voir le monde antique et plus particulièrement Rome, qui en était l'incarnation. Piranèse voyait dans l'eau-forte, l'outil servant à préserver la mémoire des vestiges de la Ville Eternelle et d'en affirmer la suprématie. Les quatre tomes des Antichità Romane relèvent du discours archéologique tendant à la démonstration. Les textes dont Piranèse accompagne ses œuvres renforcent cette impression.

Vasco Ascolini

Né à Reggio-Emilia en 1937, Vasco Ascolini est un autodidacte de la photographie.
Pratiquant son art en professionnel depuis 1972, il subit de nombreuses influences au gré d'incursions dans divers domaines : poésie, cinéma et théâtre. A la fin des années 1970, Ascolini qui est alors bibliothécaire de l'institut d'art de Reggio Emilia, découvre l'univers de Piranèse. À l'issue d'une collaboration avec le théâtre municipal de sa ville natale, Ascolini commence à exposer son travail personnel dédié au geste et à la mimique. L'utilisation des noirs profonds devient le signe distinctif dans sa démarche photographique.
Son amitié avec l'éminent historien de l'art Ernst H. Gombrich lui ouvre les portes de nombreux musées réputés en Europe et aux États-Unis. Le photographe se voit alors attribuer des commandes émanant du musée Carnavalet, du musée Rodin, du musée du Louvre et du Domaine de Versailles.
Depuis 1992, il participe tous les ans aux Rencontres de la Photographie d'Arles. La commande qui lui est passée en 2002 sur le parc Saint-Cloud est l'aboutissement des recherches personnelles qu'il effectuait en 1996 sur le Jardin des Tuileries.
Le photographe s'intéresse à l'architecture ou plutôt au détail architectonique en mettant en exergue les édifices des villes italiennes notamment. Au-delà de cet intérêt, le photographe construit lui-même ses photographies comme un architecte élèverait la façade de son édifice. En utilisant fréquemment le téléobjectif et en créant des noirs profonds, Ascolini ramène le sujet au plan du papier photographique et insuffle à ses sujets la précision d'un trait de dessin. Lorsqu'il porte son regard sur des statues, le photographe maîtrise l'art de l'allusion, renvoyant l'objet représenté à son état de fait. Ce n'est pas un hasard qu'Ascolini se soit mis à photographier les vestiges des splendeurs passées et c'est en cela que son rapprochement avec l'œuvre de Piranèse est pertinent.


Provenance des œuvres

Les gravures de Piranèse présentes dans l'exposition proviennent du fonds très important que possède le musée de Gajac de Villeneuve-sur-Lot. Riche de 907 gravures, la collection du musée de Gajac, redécouverte par hasard en 1971, est issue d'un tirage effectué pour le compte de l'éditeur Firmin Didot en 1836. Bien que de qualité moindre que les tirages exceptionnels du XVIIIe siècle, dont quelques bibliothèques françaises conservent des exemplaires, les gravures de Villeneuve représentent un ensemble extrêmement cohérent dont seuls quelques recueils manquent.
C'est à la générosité du photographe Vasco Ascolini que l'on doit le prêt de ses photographies, issues de sa propre collection.


Autour de l'exposition

Remarque : pour mémoire, nous rappelons les différents événements qui ont accompagné cette exposition.

SALON DE LA LITTÉRATURE EUROPÉENNE
22-24 novembre 2002 à Cognac- Pays invité : l'Italie

BIBLIOTHÉQUE MUNICIPALE de Cognac.
Exposition de photographies de Naples du 19 novembre au 14 décembre 2002.
Sélection de livres d'auteurs italiens - Vitrine d'objets italiens

CONFÉRENCE au musée de Cognac :
Giovanni Battista Piranesi, Piranèse le génie aux multiples facettes.
Par Janine BARRIER, historienne de l'art, dimanche 8 décembre 2002 à 16 heures.

ATELIER DE PHOTOGRAPHIE
Un atelier encadré par deux intervenants photographes aura lieu au musée les 3, 4, 5, 11 et 12 janvier 2003. Il sera proposé à un groupe mêlant adultes et adolescents de réfléchir aux effets de la lumière dans la photographie et de produire une création personnelle à partir de techniques simples et faciles à mettre en œuvre. Une exposition présentée au sein des collections du musée permettra d'apprécier les travaux réalisés à cette occasion.
Cet atelier, mis en place avec le soutien de l'ASERC (association socio-éducative de la région de Cognac) s'adresse plus particulièrement à un public non familier du musée et des pratiques artistiques.

Pratique

Exposition visible du 2 novembre 2002 au 16 février 2003
au musée municipal de Cognac

Ouvert tous les jours de 14h à 17h30 sauf le mardi.
Entrée libre. Pour les groupes, visite commentée sur réservation.
L'exposition sera ensuite visible au musée des Beaux-Arts de la ville de Nîmes.

Catalogue de l'exposition
Piranèse / Ascolini, le théâtre des ombres, 24 pages, 23 illustrations noir et blanc. Imprimerie Robin, Cognac. Édition, musée de Cognac.
I.S.B.N. : 2-911160-07-X. Prix : 12 euros
Préfaces : Laurence CHESNEAU-DUPIN, attachée de conservation, musée de Cognac, Vincent DUCOUREAU, conservateur en chef du musée Bonnat de Bayonne.
Textes : Janine BARRIER, historienne de l'art, auteur de Piranèse aux éditions la Bibliothèque de l'Image en 1995 - Richard DAGORNE, attaché de conservation, musée Girodet de Montargis.

Générique

Rédaction :
Laurence Chesneau-Dupin (musée de Cognac)
Ivonne Papin-Drastik (musée de Cognac)
Visuels fournis par :
Le musée de Gajac de Villeneuve-sur-Lot pour les gravures de Piranèse,
Vasco Ascolini pour ses photographies.
Conception et réalisation graphique :
Stanislas Gautier (musée de Cognac)

 

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