Si les jetons de trictrac, que nous présentons dans cet article, offrent
un témoignage de la vie quotidienne et ludique des 11e et 12e siècles,
on trouve trace de ce jeu de plateau dès l'antiquité.
Associant hasard – par l’emploi de dés – et tactique,
le trictrac oppose deux joueurs disposant chacun de quinze jetons ou « dames » qu’ils
déplacent sur un plateau, « table » ou « tablier » orné de
vingt-quatre cases de forme triangulaire ou « flèches ».
Nous n’entrerons pas dans une explication des règles de ce jeu,
elles font déjà l’objet d’articles sur bon nombre
de sites consacrés aux jeux de sociétés.
Fréquemment associé aux échecs dans les écrits
médiévaux, le trictrac (dont le nom provient du bruit des jetons
sur la table) a connu son apogée entre la fin du 10e et le 12e siècle.
Par l’étude du contexte de nombreuses fouilles, il apparaît
que les joueurs appartenaient aux classes militaires sinon aristocratiques
de la société médiévale.
Au 19e siècle, le trictrac est supplanté par l’apparition de nouveaux jeux d’apparences similaires : le jacquet d’origine française et le backgammon d’origine anglo-saxonne mais aux éléments, aux règles et aux buts différents.