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Georges Turpin de Parthenay
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Les photographies sur plaques de verre
au gélatino-bromure d’argent…
…un patrimoine fragile
Préface
1. Qu’est-ce qu’une
photographie sur plaque de verre ?
2. Panorama
3. Conditions de conservation
4. Altérations
5. Traitement et
conditionnement
6. Lexique
7. Bibliographie
8. Générique
Préface
Ce dossier est consacré à la
conservation préventive des photographies sur plaques de verre au
gélatino-bromure d'argent. Il s'appuie sur des publications de Bertrand Lavédrine et sur les conseils de Bertrand Sainte-Marthe, restaurateur de
photographies.
Les illustrations sont issues de la collection de 1632 photographies sur
plaques de verre du musée municipal de Parthenay,
retraçant la vie de cette ville et de ses alentours à la fin du XIXème et au
début XXème siècles. La plupart des musées de la région Poitou-Charentes
possède également d’importantes collections de photographies sur plaques de
verre :
ü Musée des Beaux-Arts d’Angoulême
ü Musée du Papier d’Angoulême
ü Musée municipal de l’Hôtel Sully de Châtellerault
ü Musée de Chauvigny
ü Musée de Cognac
ü Museum d'Histoire Naturelle de La Rochelle
ü Musée Bernard d’Agesci de Niort
ü Musée Sainte-Croix de Poitiers
ü Musée de la Maison de Pierre Loti de Rochefort
ü Musée de Saintes
1.
Qu’est-ce qu’une photographie
sur plaque de verre ?
Les photographies sur plaques de verre sont des images négatives ou positives qui ont comme support le verre.
Le verre est utilisé comme support de photographie dès 1850. Il est recouvert d’une émulsion sensible à la lumière et découpé en plaques de dimensions variables.
La couche sensible est constituée de sels d’argent mélangée à une substance qui adhère au support en verre. Cette substance, ou liant, est différent selon l’époque : on utilise chronologiquement l’albumine, le collodion puis la gélatine. La majeure partie des plaques conservée dans les musées de la région Poitou-Charentes a été obtenue par les procédés gélatino-argentiques, utilisés depuis 1878. Cette technique allie sensibilité accrue et simplicité d’utilisation inégalée : les plaques peuvent être conservées pendant de longues périodes avant d’être utilisées. Ceci a permis leur diffusion en grand nombre (production industrielle) et à un large public.
Ainsi, les photographies sur plaques de verre comportent un côté verre (le support) et un côté émulsionné (la couche sensible au gélatino-bromure d’argent).
2. Panorama
Les photographies sur plaques de verre au gélatino-bromure d’argent sont de dimensions et de natures diverses.
Quelques exemples :
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Négatif sur plaque de verre, 9 x 12 cm, fonds Guyonnaud, Horloge fin XIX ème, début XXème siècle.
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Positif sur plaque de verre, 13 x 18 cm, fonds Cordier, Le bain du chien début XXème siècle. |
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Plaque de projection (positif sur plaque de verre), 8,5 x 10 cm, fonds Guyonnaud, Parthenay, vue sur la halle aux grains, fin XIX ème, début XXème siècle. |
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Négatif stéréoscopique sur plaque de verre, 4,5 x 6 cm, fonds Guyonnaud, Labour, fin XIX ème, début XXème siècle. |
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Positif stéréoscopique sur plaque de verre, 8 x 17,5 cm, fonds Cordier, Eugène Cordier, 1903. |
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3. Dans quelles conditions conserver les photographies sur plaques
de verre au gélatino-bromure d’argent ?
Les conditions climatiques jouent un rôle primordial pour la conservation des photographies sur plaques de verre.
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L’humidité
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L’humidité relative est
un des facteurs essentiels. Une humidité trop importante engendre diverses
altérations (développement de micro-organismes, corrosion du verre…). A l’inverse,
une humidité trop basse peut également être la source de dégradations, comme le
décollement de l’émulsion. Enfin et surtout, les variations importantes
conduisent à la détérioration des plaques de verre.
Le taux d’humidité relative
recommandé est de 35 %, plus ou moins 3%.
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La température |
La
température joue un rôle déterminant dans la préservation des photographies sur
plaques de verre. Une température trop élevée accélère les réactions de
dégradations des matériaux.
La température conseillée est d’environ 21°C, plus
ou moins 2°C.
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La lumière
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La pollution |
Les
polluants se trouvent dans l’air, mais aussi dans des matériaux de mauvaise
qualité (plastiques, bois, peintures…). Il est, par exemple, nécessaire de
retirer les plaques de verre de leur boîte d’origine en carton ou en bois. En
effet, ces matériaux peuvent dégager des produits néfastes.
Il
est important de repérer sources de pollution et de les éliminer.
4. Les altérations
Lorsque les conditions de conservation ne sont pas respectées, différentes altérations peuvent apparaître. Ces dernières, de nature physique, chimique ou biologique, attaquent aussi bien le verre que l’image.
Quelques exemples d’altérations
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Cassures et fêlures
Le support en verre est, bien entendu, très fragile et se fêle ou se casse à la moindre maladresse, inattention…
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Dégradation du verre
La composition des verres utilisés comme support n’est pas toujours stable et provoquent des altérations qui se traduisent par une opacification ou par des dépôts blanchâtres.
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Décollement de la couche
image
Une préparation défectueuse de la plaque, l’emploi d’un verre de mauvaise qualité et surtout des conditions climatiques défavorables peuvent entraîner le décollement de la couche image.
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Le miroir d’argent ou voile
dichroïque
Il s’agit d’une couche d’argent métallique formée d’atomes d’argent qui ont migré en surface. On distingue alors, du côté de l’émulsion, des reflets bleus ou jaunes. La mauvaise qualité des cartons d’archivage est la cause essentielle de cette altération très fréquente, qui n’empêche pas, malgré tout de faire de bons tirages.
ü
Traitement correctif
Lorsque les négatifs n’étaient pas assez denses, les photographes appliquaient un traitement de renforcement à base de mercure. L’image ainsi intensifiée se conserve mal et prend une coloration jaune intense ou blanchâtre. Cette altération spectaculaire n’empêche pas d’obtenir des tirages de bonne qualité.
ü
Micro-organismes
La gélatine utilisée dans l’émulsion favorise le développement de micro-organismes qui prolifèrent en détruisant l’image. Ce type d’altération apparaît lorsque l’humidité relative est trop importante. Une remise en atmosphère sèche va stopper l’infestation.
ü
Plaques collées entre elles
Une humidité excessive peut entraîner l’adhérence de plaques entre elles. Il est ensuite délicat de les séparer sans détériorer les images.
5. Traitement et conditionnement
Les plaques de verre doivent être soigneusement
manipulées avec des gants, la transpiration pouvant laisser des traces (gants
en latex non talqués recommandés).
Les plaques sont extraites de leur boîte d’origine
puis dépoussiérées à l’aide d’un pinceau doux. Ce premier travail permet
d’éliminer les poussières mobiles et donc abrasives.
Attention, l’intervention d’un personnel non spécialisé
ne doit pas aller au delà de ces traitements, les dommages occasionnés étant
irréversibles.
Chaque plaque est ensuite enveloppée dans une
pochette en papier de qualité adéquate, de type chronos , photosafe,
silversafe, à quatre rabats et installée verticalement dans une boîte en
carton également approprié ou dans des containers en aluminium anodisé. Les
plaques fêlées sont rangées horizontalement. En ce qui concerne celles qui sont
cassées, chaque morceau est isolé dans une pochette et placé verticalement.
Les boîtes doivent être stockées à l'abri des risques d'inondation et dans une position facilement accessible étant donné leur poids et leur fragilité.
6. Lexique
Négatif : image dont les valeurs sont inversées par rapport à celles du sujet.
Positif : image dont les valeurs correspondent à celles du sujet.
Albumine : l’albumine est utilisée en photographie dès 1847 comme liant pour maintenir, sur verre, les sels sensibles.
Collodion : il est utilisé à partir de 1850 en photographie comme liant pour maintenir, sur verre ou papier, les sels sensibles.
Gélatine : à partir de 1871, la gélatine remplace le collodion et devient le liant de base utilisé pour maintenir les sels sensibles.
L’humidité relative : rapport entre la température et la quantité d’humidité contenue dans un volume d’air.
Plaque de projection : positif
sur plaque de verre destiné à la projection. Il est souvent doublé d'une plaque
de verre de protection, scellée avec des bandes adhésives
Plaque
stéréoscopique : relatif à la stéréoscopie : couple d'images
prises simultanément par deux objectifs parallèles, dont la distance est proche
de celle des yeux, ce qui permet une vision qui donne l'impression de la
profondeur et du relief.
7. Bibliographie
BOVIS M. et CHRIST Y., 150 ans de
photographie française avec l'histoire des anciens procédés, Paris, 1979
Dictionnaire mondial de la
Photographie, des origines à nos jours, Larousse, Paris, 1994
Actes des journées
Internationales d’Etudes de l’ARSAG, « Sauvegarde et conservation des photographies,
dessins, imprimés et manuscrits ». Paris, du 30/09 au 4/10 1991
LAVEDRINE
Bertrand, La conservation des photographies, éd.
du CNRS, Paris, 1990
LAVEDRINE
Bertrand,
« La conservation des photographies sur support verre », La imatge i la recerca hitòrica – Poñencies
i communicacions, 12-13 de novembre de 1992, Girona, Ajuntament de Girona.
8. Générique
Réalisation et rédaction : Stéphanie Thomas,
musée municipal de Parthenay
Remerciements à : Maria Cavaillès,
Nathalie Louis,
Michel Rérolle,
Bertrand Sainte-Marthe,
Cécile Téreygeole,
Pascal Vila