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Le 18e siècle est l'une des périodes de l'Ancien Régime
les plus difficiles à appréhender.
D'un premier abord, l'époque paraît insouciante. Le pays
est en paix, la population s'accroît et jamais les rentiers,
aristocrates ou bourgeois, n'ont autant perçu de leurs propriétés.
L'aspect des villes se modifie, les beaux hôtels et les superbes
demeures des parlementaires se multiplient dans les capitales locales.
Malheureusement, cette façon de vivre n'exprime que les goûts
de la riche noblesse et des détenteurs du pouvoir et dissimulent
les lézardes qui
ébranlent l'ordre social et politique.
La campagne reste cultivée par des paysans, écrasés
d'impôts. Ils ne sont pas propriétaires de leurs terres et ne conservent
de leur travail qu'un très mince pourcentage.
Quoiqu'il en soit, le 18e siècle reste un siècle dynamique
au cours duquel la mobilité entre les différentes couches sociales s'accentue
pour qui possède, à défaut d'argent, du talent ou de l'esprit. |
La
période est propice aux réalisations en tous genres : équipements
du territoire, routes, canaux, aménagements urbains. Les grands
travaux réalisés ou restés à l'état
de projet montrent une époque laborieuse, curieuse et active, avide
de création autant que de savoir. Penseurs, savants et artistes
du siècle des Lumières ont désormais conquis une
liberté (certes relative) d'investigation et de création vis-à-vis de l'Eglise et du pouvoir temporel.
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Dans une civilisation fière de son raffinement, la recherche
du confort va favoriser, autant que les exigences de la raison,
les découvertes scientifiques.
L' Encyclopédie (ou Dictionnaire raisonné des sciences,
des arts et des métiers) se propose de dresser le tableau et de faire le point des connaissances
acquises au milieu du siècle.
Son credo : démontrer la possible maîtrise de l'homme sur l'univers dont il dépend. Le lecteur est invité à penser par lui-même, à chercher la vérité
dans les sciences ou l'histoire et non plus dans les discours de l'Eglise.
Harmoniser l'intérêt général et les intérêts
particuliers, créer les conditions du bonheur d'individus libres
travaillant comme citoyens à la prospérité générale
sous un gouvernement stable et éclairé, un tel programme
résume les objectifs de la philosophie des Lumières. Le succès est considérable : 25 000 exemplaires ont été
imprimés
et vendus entre 1751 et 1782. |
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