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DES MUSEES DE POITOU-CHARENTES,
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MONNAIES
BYZANTINES
A partir du 5e siècle, malgré des racines communes,
l’écart s’accroît entre l’occident qui demeure fidèle à Rome et parle latin
et l’orient byzantin, d’inspiration grecque et orientale.
Héritier de la tradition romaine, l’empire byzantin, reprend
les thèmes traditionnels de l’iconographie romaine des 4e et 5e siècles. C’est l’art
impérial par excellence qui diffuse l’effigie du souverain et symbolise sa toute
puissance. Plusieurs types de pièces sont en circulation :
| - Solidus et
ses multiples le semissis et
le tremissis: monnaies d’or crées par CONSTANTIN
dont le poids et le titre ne changent pas jusqu’au 11e siècle.
L’empereur, jusqu’au 7e siècle, y est représenté de trois-quarts
ou de profil. Au revers, une variété de thèmes. - Follis : grande monnaie de cuivre crée par ANASTASE (491-518) dont le revers porte la marque M. |
Le style est moins classique, plus hiératique.
Quand le christianisme devient religion d’état, le revers
du solidus s’uniformise avec des thèmes essentiellement chrétiens (la Victoire
ailée disparaît au profit de l’Ange tenant la croix et le globe (St Michel ?)).
L’empereur, à
partir de Justinien (527-565), est représenté de face. La frontalité est un trait typiquement oriental. Il porte
encore le costume militaire (casque,
cuirasse) mais abandonne la lance pour le globe
crucifère symbolisant un pouvoir détenu par Dieu.
Pour la première fois, il fait apposer, au revers des monnaies
de cuivre seulement, une datation (l’année de son règne).
Fin 6e siècle,
l’Ange au revers des solidi est remplacé
par une croix sur des degrés, probable représentation de la croix monumentale
élevée part Théodose II sur le Golgotha. Ce symbole aura un immense succès
y compris dans les royaumes barbares d’occident qui l’imiteront sur leur
monnaies.
A partir du 8e siècle,
une nouvelle monnaie apparaît parallèlement au solidus : le miliarèsion. Elle s’orne en son centre
d’un médaillon à l’image des croix reliquaires. Sur l’autre face, les nom et
les titres de l’empereur sous la forme d’une légende horizontale occupant sur
plusieurs lignes toute la surface de la monnaie comme les dirhem (monnaie d’argent
arabe) contemporains. Les caractères grec l’emportent sur l’alphabet latin.
Au 9e siècle,
avec le rétablissement du culte des images, le buste puis l’image entière du
Christ orne les monnaies. Il est représenté
barbu, les cheveux longs (comme sur les monuments chrétiens de cette époque).
Jusqu’au 13e siècle, ce sont des variantes de ce thème que l’on retrouve
sur les monnaies byzantines.
C’est à cette époque qu’apparaissent les représentations de la Vierge et des Saints.
Plusieurs types : la Vierge Nikopoia tenant devant elle l’effigie du Christ-enfant dans
un médaillon ou la Vierge Hodègètria,
debout, tenant le Christ-enfant sur son bras.
Au 12e siècle,
les saints militaires se rencontrent sur de nombreuses monnaies.
Au 13e siècle,
la variété de leur représentation augmente, à une époque où l’éclatement de
l’empire (après 1204), amène la création ou l’indépendance de plusieurs ateliers
(Nicée, Thessalonique).
La fin de l’époque byzantine (11e-15e
siècles) est marquée par la progression des monnaies d’or et d’argent
italiennes. Par ce biais, l’iconographie occidentale pénètre l’art monétaire.
Le solidus, puis le nomisma seront pendant des siècles les
monnaies internationales, véritable « dollar » du Moyen Age.