LES ECHANGES
COMMERCIAUX
(Médiéval)
Au Xe siècle, la France, située sur le grand axe commercial qui enserre l’Europe, est une région de transit. Depuis l’Angleterre, les routes relient le continent, traversent la France, franchissent les Alpes, pour atteindre Venise et rejoindre Constantinople. De là, elle se dirigent vers Kiev, Novgorod, la Suède, le Danemark et la Hollande.
Dans les grandes transactions internationales, le commerce de gros ou celui de marchandises précieuses, la monnaie d’or prédomine. La monnaie d’argent étant réservée pour les transactions quotidiennes.
Au XIIe siècle, les révolutions démographique et agricole favorisent l’économie. Les conditions d’existence s’améliorent, les hommes, les marchandises et les idées circulent avec une intensité accrue. Quoiqu’il en soit, les foyers commerciaux les plus actifs sont extérieurs à la France. Ils se situent principalement sur les rives de la Mer du Nord et en Méditerranée. Les grandes voies de commerce s’articulent autour de 3 courants principaux : vers la Flandre, vers la Catalogne (intermédiaire avec le monde arabe), vers l’Italie (pour toucher Byzance et l’Orient). Ce trafic porte essentiellement sur des produits de grand luxe et a pour résultat d’activer la circulation des monnaies.
Au XIIIe siècle, Les pays du nord constituent un nouvel espace économique. Leurs marchandises intéressent les marchands italiens qui multiplient leurs établissements sur les côtes du Maghreb, Chypre ou les Baléares et sont sans cesse à la recherche de nouveaux marchés. Pour ce grand commerce, c’est le monnayage italien d’or que l’on utilise.
A cette époque, apparaissent les reconnaissances de dettes négociables, les créances payables sur une autre place, les virements de compte à compte (on pouvait, par exemple, se faire payer à Paris une créance consentie à Londres ou en Orient). Ces techniques nouvelles pallient au manque de réserves métalliques et sont particulièrement utilisées aux grandes foires de Champagne.
1- Lieux d’échanges : les foires
Lieux privilégiés de rencontre des marchands, les foires sont le lieu où se boucle le circuit économique et où se rencontrent Orient et Occident.
Celles de Champagne sont les plus connues, mais il en existe aussi en Ile-de-France, dans les villes flamandes (Lille, en particulier), en Languedoc et à Limoges.
Leur durée varie d’une à six semaines pendant lesquelles se vendent les marchandises les plus variées. L’Occident fournit la draperie dans toute sa variété, l’Orient amène tous les produits prestigieux (épices, teintures, parfums, pierres précieuses, le corail, les tissus exotiques comme la soie…).
Ces foires sont à l’origine de la notion de crédit qui permet de conclure un nombre de transactions infiniment supérieur aux disponibilités monétaires.
Les marchands qui les fréquentent s’organisent. Les colonies italiennes se dotent de « consulats », les commerçants provencaux et languedociens se soumettent à un « capitaine », les drapiers se groupent en une vaste organisation de défense collective , la « hanse des dix-sept villes ».
Les italiens surtout savent tirer tout le bénéfice de ces manifestations. Ils vont maintenant choisir eux-mêmes leurs marchandises, pour la redistribuer sur le marché méditerranéen. Les financiers italiens dominent aussi, dès le XIIIe, une autre place financière : Paris.
2- D’autres routes : les pèlerinages et les croisades
Le Moyen Age est avant tout une civilisation de la route. Marchands, étudiants et pèlerins parcourent l’Europe. Les routes de pèlerinage vers Rome ou Saint Jacques de Compostelle vont vite s'améliorer : construction de chaussées à la place des chemins de terre, édification de ponts en pierre pour faciliter le passage des cours d’eau… De plus, on jalonne l’itinéraire de gîtes. Tous ces progrès vont aussi profiter aux marchands.
L’économie méditerranéenne n’a pas été bouleversée par les croisades. Les grands courants du commerce mondial se dessinaient déjà auparavant. Elles ont, quand même, contribué à accroître les échanges entre les deux bassins de la Méditerranée et à fréquenter les ports syriens, libanais ou palestiniens. Le transport des pèlerins amène les républiques marchandes à rechercher, dans ses ports, le frêt de retour de leurs navires. Les marchands peuvent pénétrer jusqu'en Inde et en Chine.