étude - Résurrection de Lazare / Étude pour une résurrection de Lazare

Titre :

Résurrection de Lazare / Étude pour une résurrection de Lazare

Dénomination : étude
Auteur - Exécutant : Fragonard Jean-Honoré
Désignation
Numéro d'inventaire : 015.6.1
Domaine : dessin, peinture
Matières : papier
Techniques de réalisation : plume (dessin), encre bistre, lavis
Dimensions et formes : H. 24 ; L. 36 ; P. cadre bois doré : H. 24 ; L. 36 ; P.
Sujets représentés : Résurrection de Lazare
Description :

Ce superbe dessin à la plume et lavis d'encre brune tranche sur l'iconographie classique de ce thème.

Alexandre Ananoff décrit la scène :

 "se retenantde la main gauche à une colonne, un fossoyeur vient de soulever la lourde dalle du tombeau de Lazare. Alentour des personnages barbus expriment une vive émotion à la vue du ressuscité".

 Il ne décrit ni le Christ, ni Lazare habituellement représentés, avec des variantes selon les époques, le premier pointant impérativement le doigt vers le tombeau, le second émergeant de l'ombre encore couvert de son suaire ou enveloppé de bandelettes.

Observons le dessin avec attention : on y cherche en vain le Christ, figure habituellement centrale dans cette scène, et le fossoyeur, grimpé sur un monticule, peine à soulever la pierre sur laquelle il est lui-même juché.  De Lazare enfin, ne se dressent hors du tombeau que "les pieds devant", ce qui est iconographiquement unique et pour le moins cocasse.

 Fragonard, on le sait, n'est pas réputé pour sa peinture religieuse, mais il ne peut en ignorer les règles et les chefs d’œuvres qui l'ont précédé. Son choix est délibéré. Le miracle de la Résurrection de Lazare, la croyance en la résurrection des morts est un point fort du dogme chrétien. L'absence de Jésus, et ce Lazare qui semble plus mort que vif, sont des indices qui pèsent vraiment dans le sens du doute.

La présence du petit chien, que l'on est plus habitué à voir chez Fragonard dans les alcôves, et qui accourt au milieu de la scène rajoute encore à la vivacité et à la drôlerie d'un ensemble au dessin très enlevé, comme on l'aime chez ce grand peintre.

 La stupeur des spectateurs de la scène est-elle finalement causée par le miracle ou... par sa remise en cause ? Ce dessin "fait en badinant" dans une joute de virtuosité  avec son ami Leprince pour le graveur Gabriel Huquier ne serait-il pas plutôt le détournement d'un sujet sérieux, presque un dessin d'humour, une œuvre privée non destinée à circuler, en un mot l'œuvre assez osée d'un libertin ?

 

Type d'inscription : annotation autographe, annotation manuscrite, signature
Transcription des inscriptions :

signé et annoté (en partie illisible) en bas :

Frago p... (?) échanges ...douzaines(?)

Données sur l'exécution
Lieu de création - d'exécution : Paris (Paris, ville)
Date d'exécution : le 1 janvier 1770
Siècle ou millénaire : 3e quart 18e siècle
Précision sur la genèse :

Selon une annotation de Mariette en marge de son catalogue de la vente après décès du graveur Gabriel Huquier (1695-1772) ce dessin, vendu sous le même numéro qu'un autre de Le Prince, avaient été réalisés ensemble leur propriétaire : "Ils les firent en badinant sur la même table chez Huquier" (cf Rosenberg P 1987).

 

Précision sur la datation : 1770 ou 1771 selon les transcriptions
Administration
Localisation de l'objet : Le Musée d'Angoulême (Angoulême, bât.)
Propriétaire : Angoulême propriété de la commune
Date d'acquisition : don le 22 novembre 2014
Ancienne appartenance : Lacan Martine le 8 novembre 2004
Service gestionnaire : Le Musée d'Angoulême
Documents et objets liés
Bibliographie : ANANOFF A 1961-1963 (Page : 160)
Rosenberg P 1987 (Page : 239)
Prat Louis-Antoine 2017 (Page : p. 689)
© Alienor.org, Le Musée d'Angoulême

M0818_015-6-1_1 Jean-Honoré Fragonard - La Résurrection de Lazare, n° 015.6.1
Le Musée d'Angoulême


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