peinture de bataille - Le Massacre des Janissaires / l'Affaire des casernes lors de la révolution de Constantinople

Titre :

Le Massacre des Janissaires / l'Affaire des casernes lors de la révolution de Constantinople

Dénomination : peinture de bataille
Auteur - Exécutant : Champmartin Charles-Émile Callande (peintre)
Désignation
Numéro d'inventaire : 2007.8.15
Autre n° : FNAC FH 862-73 ; D 53
Domaine : peinture, arts, histoire
Matières : toile (support)
Techniques de réalisation : peinture à l'huile
Dimensions et formes : H.472 ; l.628
Sujets représentés : bataille, mort, ville, garde, sabre, cheval, minaret
Description :

Le massacre des Janissaires (1826), illustre un fait historique contemporain, que l'artiste dut suivre avec intérêt, puisqu'il s'était rendu à Constantinople peu avant Champmartin fait partie de la première génération des peintres de !'Orientalisme qui se manifesta sous Louis-Philippe avec des artistes comme Decamps et ses disciples, Horace Vernet et les peintres militaires, Delacroix enfin, dont le Massacre de Sardanapale, daté de 1827 marque le début réel du romantisme. Placés l'un près de l'autre au Salon de 1827, les tableaux de Champmartin et de Delacroix provoquèrent l'indignation du public et suscitèrent la demande de retrait de la part du responsable du Ministère, afin "de ne pas encourager un genre qui serait si dangereux de laisser imiter" ... L'orientalisme naquit à partir de la Campagne d’Égypte (1798), de la guerre d'indépendance de la Grèce (1821-1829) et de la conquête du Maghreb (1830). Parmi la première génération des orientalistes français, rappelons les œuvres de Gros, La Bataille d'Aboukir (1806) ; de Girodet, La Révolte du Caire (1810) ; de Delacroix, Les Massacres de Scio (1824), dont certaines réminiscences sont évidentes dans ce tableau. Ces trois grandes scènes guerrières ont influencé Champmartin, essentiellement par le choix d'une vaste composition, dans laquelle s'affrontent des soldats aux armes orientales brillantes et aux costumes chamarrés, la présence des chevaux en mouvement. Comme chez Delacroix, on y retrouve le jeu des courbes alternant avec les contre-courbes, les couleurs chaudes, le clair-obscur, un goût certain pour le mouvement et pour l'exotisme au niveau des costumes, des armes, des types physiques des soldats ... Si les tableaux de Delacroix marquent le début du romantisme, celui de Champmartin traduit cependant un attachement certain au néo-classicisme: rigueur dans la composition, perspective coupée, atmosphère plutôt froide ... Néanmoins, le fait d'illustrer un fait historique contemporain témoigne de l'adhésion de l'artiste aux idées nouvelles. L'événement traduit sur ce tableau se situe en juin 1826 et marque l'anéantissement des corps de janissaires, qui étaient à l'origine des prisonniers chrétiens formés au métier des armes. Les soldats qui eurent dans l'empire ottoman un rôle semblable à celui de la garde prétorienne dans la Rome antique, se révoltèrent souvent. N'acceptant pas que le Sultan forme une nouvelle armée à l'occidentale, ils refusèrent de se soumettre et préférèrent lutter jusqu'à la mort contre l'artillerie impériale. Il s'agit donc d'un fait historique important, témoignant à la fois de la fin d'un système féodal, et à la fois de la puissance militaire ottomane. Le lieu de combat évoqué dans ce tableau est le Yédikoulé (Château aux sept tours) de Constantinople, mais pour apporter plus d'exotisme à son œuvre, Champmartin a ajouté une mosquée à gauche. Afin de concentrer la violence de l'assaut sur le premier plan, il prit le parti de masquer l'arrière-plan par une épaisse fumée se dégageant du bâtiment détruit, supprimant ainsi le travail de recherche relatif à une perspective sur le Yédikoulé. Évidemment, le fait que Champmartin n'ait pas vécu cette attaque le met mal à l'aise pour la représentation générale du décor qu'il compose à sa façon dans son atelier. L'événement lui-même l'intéresse davantage, car il lui permet d'opposer des combattants par l'intermédiaire de lignes convergentes et obliques, tout en cherchant l'effet de contraste au niveau des couleurs, de zones de lumière. L'impression générale résultant de cette mêlée confuse est une certaine sauvagerie doublée de pittoresque : le goût pour les armes, tellement différentes de l'armement standardisé des Européens, le souci de restitution fidèle des différentes ethnies représentées (Turcs, Africains, Européens ... ), révèlent en fait un grand attachement aux détails, aux accessoires, qui ne nuit pourtant pas au dynamisme de cette grande fresque, mouvementée et bruyante. Cette toile occupe dans l'histoire de l'orientalisme une place importante et mérite d'être mieux connue. (Marie-Pascale Bault)

Type d'inscription : signature
Transcription des inscriptions : E. Champmartin (S.b.d. sur une pierre)
Onomastique : Champmartin Charles-Émile Callande
Données sur l'exécution
Lieu de création - d'exécution : Paris (Paris, ville)
Date d'exécution : en 1826
Sources de la représentation : Du XIVe au XVIIe siècle, les janissaires étaient recrutés chez de jeunes chrétiens enlevés à leur parents pour être élevés dans la religion islamique et instruits dans le métier des armes. L' évènement illustré se situe en juin 1826, à Constantinople, et marque l'anéantissement du corps des janissaires qui constituèrent pendant 5 siècles les troupes d'élites de l'empire ottoman. Ces soldats se sont souvent révoltés contre leurs maîtres allant jusqu'à menacer l'autorité du Sultan qui projeta de créer une nouvelle armée à l'occidentale. Ayant refusé de se rendre, l'artillerie du Sultan ouvrit le feu sur les casernes et la plupart des janissaires furent faits prisonniers ou exécutés. Le combat eût lieu au Yédikoulé - le château des sept Tours- à Constantinople
Siècle ou millénaire : 2e quart 19e siècle
Époque, datation, style et mouvement : Romantisme, orientalisant
Précision sur la genèse : Au Salon de 1827, au Louvre (Paris), plusieurs accrochages furent proposés au public. le Salon, inauguré le 4 Novembre,devait durer 3 mois il fut prolongé jusqu'en avril 1828. Cette toile fut présentée lors du troisième accrochage, à partir du 6 février 1828, dans le Salon Carré, aux cotés des oeuvres de style romantique de Delacroix "La Mort de Sardanapale", Devéria "La Naissance de Henri IV", Gudin "L' Incenddie du Kent", Saint-Evre "Les Funérailles d'Inès Castro", Scheffer "Les Femmes souliotes", Sigalon "Athalie".
Administration
Localisation de l'objet : musée d'Art et d'Histoire (Rochefort, bât.)
Propriétaire : Rochefort propriété de la commune
Date d'acquisition : transfert de propriété de l'État à titre gratuit le 22 mai 2007
Ancienne appartenance : Fonds national d'art contemporain après le 1 janvier 1828
Dépositaire de l'objet : Fonds national d'art contemporain
Date de dépôt : en 1865
Service gestionnaire : musée d'Art et d'Histoire de Rochefort-sur-Mer
Documents et objets liés
Bibliographie : Tablettes des Deux Charentes 1865 (Page : édition du 26 août et du 30 décembre)
Tablettes des Deux Charentes 1866 (Page : édition du 13 janvier)
Tablettes des deux Charentes 1899
Dewachter M 1991 (Page : 26)
Alazard J 1930 (Page : 291)
Jullian P 1977 (Page : 85)
Fromont D 1956 (Page : 58)
Saunier C 1912 (Page : t. 1, p. 144)
Bellier de la Chavignerie É Auvray L 1882 (Page : t.1, p.189)
Angrand P 1984 (Page : 144)
© Alienor.org, Musée d'Art et d'Histoire de Rochefort

M0830_D99-0020 Le massacre des janissaires par Callande de Champmartin (1826), n° inv. 2007.8.15
Musées-municipaux Rochefort 17

M0830_num06-0004 "Le massacre des Janissaires", Charles-Emile Champmartin, inv D 53
Rochefort-sur-Mer, Musée d'Art et d'Histoire


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