boule d'indigo

Dénomination : boule d'indigo
Désignation
Numéro d'inventaire : H0.7611 (1,2,3,4,5)
Domaine : artisanat - industrie, costume - accessoires du costume, ethnologie
Matières : indigofère
Techniques de réalisation : façonnage à la main, broyé
Dimensions et formes : D. 5 (1) / D. 4,5 (2, 3 et 4) / D. 4 (5)
Description : Il s'agit de feuilles d'indigo, broyées, façonnées en boules, de dimensions variables, puis séchées.
Découverte
Lieu de découverte  - de collecte : Niger (Afrique, pays)
Collecteur : Comité de Propagande Coloniale de la Charente-Inférieure
Précision sur la découverte, collecte : Ces boules ont été commandée par le Comité de Propagande Coloniale de la Charente Maritime dans le cadre de ses expositions
Type de découverte : commande
Données sur l'exécution
Lieu de création - d'exécution : Niger (Afrique, pays)
Époque, datation, style et mouvement : Tumaco-la tolita
Données sur l'utilisation
Utilisation : transformation des matériaux du costume
Précision sur l'utilisation : La culture : l'indigo est cultivé un peu partout au Soudan ( Afrique Occidentale) surtout par les Sarakholé (populations disséminées entre le Sénégal et le Mali) et les Bambara (originaires du Mali). On lui réserve de préférence les sols alluvionnaires frais. Au début de l'hivernage, le terrain est labouré au daba (outil aratoire, muni d'un manche court et d'une lame recourbée), puis aménagé en billons larges et distants de 1 mètre environ. L'indigo est semé très clair sur ces billons dans le courant d'août. Les soins consistent en un ou deux binages. La récolte (effeuillage) a lieu à la floraison, deux mois et demi à trois mois après le semis. C'est à ce moment que la plante renferme le maximum de matière colorante. Après la récolte, l'indigo est recépé. Il peut ainsi occuper le sol pendant trois ou quatre ans selon la richesse du terrain. Les feuilles récoltées sont pillées, puis façonnées en boules et mises à sécher. Ces boules constituent la forme commerciale de l'indigo.
La teinture : elle est pratiquée par les femmes dans les familles, par des teinturiers professionnels. Elle comprend deux opérations essentielles : la macération fermentation et la teinture proprement dite. La macération fermentation : l'indigo est placé dans un panier et lavé à grande eau. Après lavage, il est émietté et mis à sécher au soleil. L'indigo est placé ensuite dans un canari renfermant une certaine quantité d'eau à laquelle on ajoute une lessive alcaline. Cette lessive est préparée en lavant avec de l'eau des cendres de mil ou de baobab, placées dans une espèce d'entonnoir fait avec de la paille de baro (graminées panicées). Le tout est mélangé intimement. Pour un canari de 20 litres, les proportions du mélange sont à peu près les suivantes : indigo 5 kg, eau : 5 litres, lessive de cendres : 10 litres. Le canari est ensuite fermé avec une calebasse ou un panier qu'on recouvre d'un tissu blanc (canari enveloppé comme une jeune mariée). Cette opération est suivie d'une fumigation faite avec un mélange de graines de coton et de feuilles de Combretum glutinosum. Le canari est placé au soleil pour favoriser le départ de la fermentation. Celle-ci dure de 6 à 8 jours selon la saison et la température ambiante. Tous les jours, le mélange est agité (réveillé) avec un bâton afin de faciliter la pénétration de l'air et les phénomènes d'oxydation. Progressivement le liquide se colore et passe du vert clair au bleu foncé. Le mélange doit conserver une réaction alcaline. On contrôle celle-ci en goûtant avec le bout de la langue liquide en fermentation. S'il y a picotement, le liquide est alcalin. Sinon, il faut ajouter de la lessive de cendres jusqu'à alcalisation du milieu. Au bout de trois à quatre jours, le mélange donne une odeur nauséabonde due à des fermentations putrides (butyrique et propionique) secondaires. La fermentation de l'indigo est due à des diastases hydrolysantes, hétéroglucosidales. L'indigo renferme, en effet un hétéro glucoside qui, sous l'action des hétéroglucosidales, se dédouble en indoxyle et en sucres réducteurs (glucose). L'indoxyle en s'oxydant au contact de l'oxygène de l'air se transforme en indigotine ou indigo bleu.
La teinture proprement dite : Après la fermentation on laisse la solution d'indigo décanter pendant un jour environ. Le tissu à teindre est lavé au préalable à l'eau chaude. La teinture consiste en un ou plusieurs trempages successifs du tissu dans la solution d'indigo. Chaque trempage dure trente minutes environ. Il est suivi d'un lavage à grande eau et d'une exposition au grand air et à l'ombre de une heure environ. Selon le nombre de trempages effectués et de solutions d'indigo utilisées, on obtient les teintes suivantes : une seule solution, premier trempage, on obtient une teinte, bleu clair ; deuxième trempage, on obtient une teinte, bleu foncé, troisième trempage, on obtient une teinte, bleu très foncé ; Deux solutions successives, six trempages, on obtient une teinte, bleu noir ; trois ou quatre trempages on obtient une teinte, plus foncée que la précédente.
Administration
Localisation de l'objet : Museum d'Histoire Naturelle (La Rochelle, bât.)
Propriétaire : La Rochelle propriété de la commune
Date d'acquisition : don avant le 1 janvier 1928
Ancienne appartenance : Comité de Propagande Coloniale de la Charente-Inférieure
Service gestionnaire : Museum d'Histoire Naturelle de La Rochelle
Documents et objets liés
Bibliographie : Diallo O. 1945 (Page : 17-18)
Ben Saï S. 1944 (Page : 17-19)
Holas B 1948 (Page : 18-21)
© Alienor.org, Museum d'histoire naturelle de La Rochelle

EDU01_num_h0_7611_001 Vue d'ensemble des boules d'indigo n° d'inv. H0.7611 (1,2,3,4,5).
Museum d'histoire naturelle de La Rochelle

EDU01_num_h0_7611_002 Vue d'ensemble des boules d'indigo n° d'inv. H0.7611 (1,2,3,4,5).
Museum d'histoire naturelle de La Rochelle


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