marche d'escalier

Dénomination : marche d'escalier
Désignation
Numéro d'inventaire : 2008.0.6.192
Autre n° : P
Domaine : sculpture, archéologie
Matières : calcaire
Techniques de réalisation : polychrome
Dimensions et formes : H. 17 ; L. 104 ; P. 23
Sujets représentés : poisson, fleuron
Description : Cette marche est probablement à l'origine un remploi. Elle est décorée d'un poisson et d'un fleuron dans l'angle supérieur gauche.
Il existe un moulage réalisé par le père de La Croix en 1881 (n° 2008.0.6.201).
Découverte
Lieu de découverte  - de collecte : Hypogée des Dunes (Poitiers, archéo.)
Date de collecte, de découverte : entre 1878 et 1879
Inventeur de l'objet : La Croix Camille de
Précision sur la découverte, collecte : Situé sur le plateau des Dunes qui surplombe la rive droite du Clain, l'hypogée a été édifié au coeur d'une importante nécropole de la ville antique de Lemonum. Le dolmen de "La Pierre levée" paraît avoir servi de limite au cimetière qui s'étendait le long de la voie romaine de Bourges. Actes notariés et tradition orale ont gardé le souvenir d'un champ "Chiron martir", et un "chemin des martyrs". C'est en explorant en 1878 la nécropole que le père C. de La Croix mit au jour cet édifice doté d'exceptionnelles sculptures et inscriptions chrétiennes de l'Antiquité tardive et du haut Moyen Âge.
L'hypogée, à demi-enterré, était voûté en plein cintre et couvert de tuiles. Quelques murs conservent la trace d'un décor peint polychrome. Une fenestella, aménagée dans le mur oriental, éclairait l'édifice maçonné en petit appareil. Le caveau, peut-être païen à l'origine (d'abord simple salle rectangulaire) était accessible par un escalier désaxé. Trois marches sont des pierres mérovingiennes ornées d'élégants serpents, de poissons, d'entrelacs empruntés de toute évidence à un autre édifice. Une autre marche utilisait également en remploi une dalle ornée d'anges. L'escalier conduit à des dormants de porte, eux aussi déplacés comme le révèle le sens inversé du décor. L'abbé Mellebaude, aménageant ce lieu pour sa propre sépulture, y gravera sa profession de foi. Elle commence ainsi :
" Au nom de Dieu, moi Ici Mellebaude, débiteur et serviteur de Jésus-Christ, j'ai institué pour moi la crypte que voici, où gît indignement ma sépulture".
Un autel maçonné est l'unique dispositif liturgique encore en place. Il était décoré d'une croix pattée peinte qui porte, comme de nombreux blocs, la trace d'incrustations de verre. Dans le fond, un arcosolium aménagé tardivement accueille un sarcophage sculpté, qui pourrait être celui que se destinait Mellebaude. Sont encore lisibles, sous l'arcade, quelques lignes d'une inscription peinte lors de la seconde consécration qui succéda à la profanation du lieu : on y évoque l'introduction de nouvelles reliques. Cet espace sacré est isolé par une longue marche posée au sol, constituée elle aussi d'un bloc de remploi, décoré de rosaces et verroteries. Elle n'est de toute évidence pas à sa place originelle. On y mentionne là aussi un dépôt de reliques.
La chapelle placée sous la protection de saints attirera par la suite d'autres sépultures. Quelques tombes étaient fermées par des dalles sculptées, retaillées, figurant les évangélistes et les archanges, comparables à celle réutilisée dans l'escalier. Toutes sont ornées de verroterie provenant de verres romains rencontrés dans la nécropole, et d'un rinceau de lierre. Il pourrait s'agir des fragments d'une imposante Crucifixion dont le socle pourrait être la pierre ornée des deux larrons. Ces vestiges s'inscriraient alors dans la sculpture monumentale du haut Moyen Âge, constituant une oeuvre d'une extrême rareté. Il paraît difficile d'admettre que l'ensemble du décor retrouvé dans l'hypogée de Mellebaude ait un jour eu la place de s'y déployer. Sans doute ces sculptures ornaient-elles un ou plusieurs autres édifices, inconnus à ce jour, implantés pourquoi pas à proximité, dans le secteur bâti de la nécropole, sur lequel le commandant Rothmann attira l'attention, en 1878, lorsqu'il repéra les soubassements d'un édifice plus vaste que l'hypogée postérieur aux tombes romaines.
L'hypogée des Dunes est un site classé Monument historique. Il est fermé au public par mesure conservatoire, par arrêté municipal du 5 octobre 1998.
Type de découverte : découverte fortuite ; fouilles
Données sur l'exécution
Époque, datation, style et mouvement : Haut Moyen-Age
Administration
Localisation de l'objet : Hypogée des Dunes (Poitiers, archéo.)
Propriétaire : Poitiers propriété de la commune
Date d'acquisition : cession sans contrepartie financière en 1947
Ancienne appartenance : Société des Antiquaires de l'Ouest entre 1906 et 1947
La Croix Camille de entre 1878 et 1906
Service gestionnaire : Musée de la Ville de Poitiers et de la Société des Antiquaires de l'Ouest
Documents et objets liés
Bibliographie : De La Croix C 1883b (Page : P. 8, 25, 33, 36, 46-48, 93; Pl. VII, lettre P)
Le stuc, visage oublié Poitiers 2004 (Page : P. 47, n°8)
© Alienor.org, Musée de la Ville de Poitiers et de la Société des antiquaires de l'Ouest

M0852_2008-0-6-192_H2014-1481 Elément sculpté du site archéologique de l'Hypogée des Dunes à Poitiers
Musée de la Ville de Poitiers et de la Société des antiquaires de l'Ouest


Nous ne donnerons pas suite à vos demandes d'estimation financières, veuillez vous rapprocher des salles de vente ou des commissaires priseurs pour ce type de démarche.
Merci de votre compréhension.