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En 1862, Gustave Courbet
se rend en Saintonge chez son ami Etienne Baudry, pensant y passer quelques
semaines. Il reste finalement plus d'un an.
Inspiré par la subtilité des variations chromatiques des
paysages du bord de Charente, il s'installe à Port Berteau, non
loin de Bussac.
Près d'un siècle et demi plus tard, François Méchain
pose ses pas dans ceux
de son illustre prédécesseur. Il choisit le site de la Grande
Porte où la Charente offre sa lenteur au regard du promeneur. Il
retrouve les percées entre les arbres des tableaux de Courbet.
Il s'interroge sur la manière dont nous, hommes du XXIème
siècle, découvrons ces rivages familiers.
Comme il l'avait fait à Charleroi et en d'autres lieux du monde,
il utilise dans sa sculpture de Bussac/Charente des objets emblématiques
de notre société contemporaine.
Par une longue succession de portières de voitures, François
Méchain évoque ici
le voyage tel que nous le pratiquons aujourd'hui, bien loin de la façon
dont
Gustave Courbet se déplaçait à son époque
(" Bonjour Monsieur Courbet ou La Rencontre ", 1854).
En dessinant des fenêtres, en nommant filtres et écrans,
il révèle par fragments le paysage naturel et la complexité
de notre système de perception.
Où se trouve désormais cette fameuse ligne de partage entre
le réel et nous, cette ligne qui donne tant de sens à notre
vie ?
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