Châtellerault
Musée Sully

A Châtellerault comme dans toute la France, la femme de " bonne conduite " couvrait ses cheveux et portait la coiffe. En centre ville des ateliers de broderie prospères comme ceux des Dieulefils, des Montas, de Massin-Chointener ou un peu plus tard de Ropion-Sécheresse... fabriquaient des fonds de coiffe brodés qu’ils vendaient par colportage. Les lingères utilisaient ces fonds pour les transformer en coiffe selon les modes locales. Les almanachs annuaires conservés à la bibliothèque municipale en citent de nombreuses.

L’évolution de la coiffe châtelleraudaise suit celle du textile : le coton devient de moins en moins cher et se tisse de plus en plus fin : mousseline, percale. La révolution industrielle du XIXème siècle cherche à produire à moindre coût la dentelle et crée le tulle qui devient une " invasion " à l’exposition de 1844 d’après le rapport d’Alfred Picard.

D’abord en lin et peut-être en chanvre, les coiffes châtelleraudaises vers 1830 sont en percale plissée très finement, puis vers 1850 elles sont en tulle, paillées, très amidonnées; enfin vers 1870 les coiffes sont abandonnées avec l’arrivée du train diffusant les nouvelles modes et sont remplacées par les bonnets ruchés souvent brodés mécaniquement. Néanmoins les ateliers de broderie continuent de fonctionner et vendent leurs productions dans les campagnes lointaines. Vers 1900, dans le châtelleraudais, les jeunes femmes abandonnent complètement le bonnet ruché au profit du chapeau.
   ILLUSTRATIONS   
Région Poitou-Charentes