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LIRE UNE MONNAIE  

DECRIRE

Le numismate (nom donné à la personne qui étudie les monnaies) utilise un vocabulaire spécifique qu’il est important de bien connaître.

 

 - Avers ou droit : désigne la face de la monnaie qui porte le nom, l’effigie ou le symbole du pouvoir émetteur

- coin : instrument de forme cylindrique sur lequel est gravé, en creux, le dessin destiné à figurer, en relief, sur la pièce (matrice)

- différent : marque qui désigne l’atelier ou le graveur qui a fabriqué la monnaie

- émettre : mise en circulation de la monnaie

- essai : monnaie n’ayant pas reçu l’appropriation officielle

- flan : disque de métal non encore frappé

- frappe : opération de fabrication des monnaies qui consiste à imprimer l’empreinte des coins sur les deux faces du flan

- millésime : année d’émission qui figure sur une monnaie

- monnaie de compte : unité monétaire qui sert à compter et non à payer. Sous l’Ancien Régime, l’usage des monnaies de compte était général. L’Ecu l’a été de 1979 à 1998.

- monnaie divisionnaire : ce sont les pièces de monnaie en général. Ne sert qu’à des paiements peu importants.

- monnaie fiduciaire : se dit de valeurs fictives, fondées sur la confiance accordée à qui les émet. Les billets de banque sont une monnaie fiduciaire.

- monnaie marchandise : monnaie primitive constituée par un bien matériel pouvant avoir une valeur en soi.

- monnaie scripturale : ensemble des moyens de paiement autres que les billets de banque et les pièces de monnaie. Cela peut être un avoir à vue inscrit dans un livre de compte.

- monogramme : marque qui compose, en partie ou entièrement, les lettres d’un nom

- poinçon : morceau d’acier gravé en relief pour former des matrices et des coins de monnaies

- revers : face opposée à l’avers

- titre : rapport entre le poids de métal précieux employé dans un alliage et le poids total de la monnaie

- type : motif principal qui donne son nom à la pièce

LE MONNAYAGE ROMAIN ET BYZANTIN :

Principales monnaies : (liste non exhaustive)

 

-         Aes : monnaie en bronze coulé

-         Antoninien : monnaie en argent, représentant le portrait de l’empereur radié, introduite par Caracalla (211-217 A.P.J.C.), valant deux deniers

-         As : monnaie de bronze qui, sous l’empire, devient une monnaie fiduciaire en cuivre

-         Aureus : monnaie en or

-         Denier : monnaie en argent. Sa première utilisation remonte au 1er quart du 3e siècle A.P.J.C.

-         Dupondius : pièce en bronze valant 2 as

-         Follis : grande monnaie de cuivre

-         Nummus : minuscule morceau de cuivre pesant moins d’un gramme

-         Semis : pièce valant un demi-as

-         Sesterce : monnaie de bronze valant 2,5 as ou ¼ de denier

-         Solidus : monnaie en or créée par Constantin (306-337)

-         Victoriat : monnaie en argent de la République représentant une Victoire au revers

La titulature :

Par titulature, on entend l’ensemble des titres portés par le personnage figuré. Dans le monde romain, on trouve le plus souvent les abréviations suivantes :

IMP. :
IMPERATOR. Depuis Auguste, le terme Imperator sert de prénom à l’empereur. A l’époque républicaine, il désignait le chef de l’armée revêtu de son pouvoir de commandement, l’imperium. Pour les successeurs d’Auguste, le prénom Imperator exprime chez celui qui le porte l’aptitude à l’imperium , c’est-à-dire au commandement.
CAES. : CAESAR. C’est le titre porté par la plupart des empereurs en hommage à CAIUS IVLVS CAESAR..
AVG. : AVGVSTVS. Ce surnom fut pris par tous les empereurs, il indique que la personne de l’empereur est sacrée.
TR. P. :
TRIBVNITIA POTESTA Evoque la puissance tribunicienne. Toujours abrégée, elle est attribuée au prince à titre viager mais renouvelée chaque année.
C. ou COS. :
CONSVL. Souvent un nombre indique combien de fois ce titre a été attribué.
P.P. :
PATER PATRIAE (père de la patrie). Il fait du prince l’équivalent religieux, pour les citoyens romains, d’un père pour la famille.
P M.. : PONTIFEX MAXIMUS Ce titre octroie aux empereurs le contrôle de la vie religieuse officielle.
DIVS :
Ce terme indique que la monnaie est frappée en l’honneur d’un empereur décédé et divinisé.
GERMANICUS, PARTHICUS, ARMENIACUS…. :
Ces titres commémorent des victoires sur les peuples nommés

Les représentations : (l’image de l’empereur, les symboles)

Rome a beaucoup tardé à faire figurer sur le droit de ses monnaies le portrait des chefs politiques. Jules César fut le premier à frapper monnaie à son effigie. Tous ses successeurs l’imitèrent à commencer par Auguste (63 AVJC-14 APJC) que les artistes figèrent dans une attitude de sereine majesté en rapport avec l’idéal monarchique qu’il incarnait. La légende fut parfois réduite au simple mot de CAESAR ou AVGVSTVS pour laisser au portrait toute son importance.

Les empereurs continuèrent l’œuvre entreprise par Auguste avec quelques variantes stylistique. Ainsi Néron (54-68 APJC) introduit dans l’art monétaire un certain maniérisme et des légendes plus longues. Les Sévères (193-235 APJC) simplifièrent le trait, maisajoutèrent à leur personne des attributs de plus en plus nombreux destinés à rappeler le caractère sacré des fonctions impériales. Sous Dioclétien (284-305) l’important n’est pas le portrait en lui-même mais l’apparat dont on l’entoure, la décoration dont on le charge. L’individu disparaît derrière la fonction.

Cela aboutira pendant la Tétrarchie à reprendre, pour tous les empereurs, une même image stéréotypée. Il s’en suivra une généralisation des attitudes hiératiques, une schématisation des formes et une accumulation de détails qui chargeront de plus en plus l’empreinte monétaire. Quoiqu’il en soit, le monnayage romain est remarquable par son réalisme et il est assez aisé de reconnaître un empereur à son profil.

Au revers des monnaies, on trouve des symboles ou allégories qui font référence à la mythologie, à des événements historiques comme l’anniversaire de la fondation de Rome, aux vertus de l’empereur (piété, équité, concorde), la protection divine dont il jouit et les bienfaits qui en résultent (félicité, providence, fortune et victoire, qui deviendra le type essentiel puis exclusif au 5e siècle).

Byzance reprend les thèmes traditionnels de l’iconographie romaine des 4e et 5e siècles. C’est l’art impérial par excellence qui diffuse l’effigie du souverain et symbolise sa toute puissance. Au 6e siècle, le style byzantin proprement dit se définit. L’empereur est représenté de face, il porte le costume militaire (casque, cuirasse) et pour la première fois, il fait apposer au revers des monnaies de cuivre une datation (l’année de son règne). Ses traits sont schématiques et hiératiques.

Quand le christianisme devient religion d’état, la victoire ailée disparaît du revers au profit de l’Ange tenant la croix et le globe. Il est remplacé au 6e siècle par une croix sur des degrés. Symbole qui aura un immense succès. Au 9e siècle, le Christ représenté barbu, les cheveux longs en buste puis  en pied fait son apparition, thème que l’on trouvera jusqu’au 13e siècle. C’est à cette époque qu’apparaissent les premières représentations de la Vierge et des Saints.

A la fin de l’époque byzantine, les monnaies italiennes sont en circulation et véhiculent l’iconographie occidentale.

LES MONNAIES GAULOISES :

lles apparurent bien avant la conquête romaine. Les premières imitaient les pièces grecques (statère de Philippe II de Macédoine 356-336 AVJC ou monnaie d'argent de Syracuse) puis romaines (denier). Elles furent copiés puis transformés selon le goût celtique. On trouve des pièces d’or, d’argent, de bronze, parfois des potins (alliage de bronze et d’étain).

Pendant la  République et au début de la conquête, les monnaies gauloises et romaines circulent parallèlement. Rapidement, le système monétaire gaulois est inséré dans celui de Rome, avant de disparaître au début du 1er siècle de notre ère.

Les monnaies gauloises ont un répertoire varié de thèmes où on reconnaît des protomés d’animaux (lion dévorant cerf, sanglier ailé, tête de veau, bélier…). Elles ont leur propre style, exprimant le sens du sacré et de l’imaginaire propre à la civilisation celte. On peut dégager deux principaux thèmes qui sont : le cheval à tête humaine, avec des différences selon les tribus grâce à un symbole placé sous le cheval (par exemple la main pour les « santons » et les pictons) et le « quadrupède dansant » au corps sinueux formé de globules, à la tête en triangle et aux pattes fines. On trouve aussi d’autre thèmes comme les monstres androphages (qui reprennent le thème du combat de l’homme contre la bête), les plantes (gui), et des têtes humaines même si, contrairement à l’art grec, l’art gaulois n’est absolument pas tourné vers les représentations anthropomorphes. L’arc sourcilier de ces figures devient le thème central du visage avec un menton globuleux. Ce ne sont pas des portraits mais des images idéalisées.

La mythologie grecque et romaine transmettra aussi aux monnaies gauloises des griffons, des lions ailés, des sirènes et des sphinx.

MONNAIES ROYALES FRANCAISES :

I.  Le roi Seigneur : époque du DENIER

De l’an Mil au début du 13e, on frappe des Deniers locaux au nom du roi.
Au 13e siècle, on utilise les Deniers royaux parisis et tournois. Parallèlement, sont frappées des pièces féodales.

II. Le Roi et les Seigneurs : époque du GROS

De la fin du 13e et au 14e, le roi affirme sa prééminence par sa monnaie d’or (l’Ecu) et son sou couramment appelé Gros tournois car il équivaut à 12 Deniers tournois.
De la fin du 14e au début du 15e, on frappe le Gros de roi et l’Ecu d’or

III. La monarchie absolue : époque du TESTON et du LOUIS

Début du 16e au début du 17e on utilise le Teston.
Du début du 17e à la Révolution, la royauté absolue imprime au régime monétaire un caractère plus administratif. A la fin du règne de Louis XIV, le système de Law organise la banque générale.

Le nom  des monnaies royales françaises peut provenir de :

 

-         l’autorité qui les émet , c’est le cas du Royal ou du Gros du Roi

-         la personne du Prince dont elles portent l’initiales ou l’effigie comme le Louis

-         le lieu d’origine, le Denier parisis ou le Denier tournois

-         le type figuré, Agnel, Ange, Couronne ou Ecu

La légende : 

Les légendes sont généralement en latin.

Le nom du Roi apparaît sur le droit de la pièce et est suivit de son titre : REX, DEI GRATIA, D.G. FRanc ET NAVarre REX (Roi de France et de Navarre utilisé à partir d’Henri IV en abrégé), ROI DES FRANCOIS après 1791.

La légende est complétée à partir d’Henri II (1547-1559), par la date. Ce roi en rend l’inscription obligatoire en même temps que celle du numéro d’ordre du roi.

Au moyen âge, la légende est dénommée écriture au rondeau et est placée entre deux grènetis (gui, cordon, chapelet). Elle commençait en haut, l’axe étant indiqué par une croisette.

Au milieu du 16e siècle, la légende commence en bas à gauche. A partir de Louis XIII (1610-1643) la légende commence en bas à gauche à l’épaule du roi, en haut sur l’autre côté.

Les représentations :

Les principaux types des monnaies royales sont les suivants :

 

-         La croix à branches égales, à long pied ou la croix longue coupant la légende en quatre. Le cœur peut être ou non occupé par un symbole ou une lettre.

-         Le châtel tournois

-         L’écu : adopté comme type pour l’or par Saint Louis puis repris de Charles VI à Louis XIV. Au 17e siècle, il est le type principal pour les monnaies d’argent

-         La couronne 

-         La fleur de lis

-         L’image du roi. Il peut être assis (type de majesté), en robe longue portant un sceptre fleurdelisé, une fleur de lis ou une main de justice, en costume de guerre portant l’épée

-         Le portrait du roi, tête ou buste de profil, couronné, lauré ou tête nue. Le buste peut être drapé ou cuirassé, il peut porter la fraise ou le col rabattu (louis XIII), la perruque et le jabot (Louis XIV). Seul Louis XVI au début de son règne est en habit de cour

-         Les emblèmes personnels du roi (soleil de Louis XIV)

-         Les sujets religieux (ne dépassent pas le règne de Louis XI)

-         Le nom de la pièce (exemple LIARD-DE-FRANCE)

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