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LA FABRICATION DE LA MONNAIE
(ancien régime)

 

1-     Les techniques de fabrication :

Jusqu’au 16e siècle, les monnaies étaient frappées au marteau.

Au 16e siècle, les progrès de la métallurgie et la découverte et l’exploitation de nouvelles mines amélioraient la fabrication des monnaies.

L’invention du laminoir, mû par la force hydraulique ou actionné par des chevaux, permettait de laminer un lingot de métal jusqu’à l’obtention de lames à l’épaisseur souhaitée.

Le découpoir, fonctionnant comme un emporte-pièce, permettait de tailler dans les lames des flans de forme circulaire et de taille homogène.

Le balancier était une machine formée d’un bâti en fonte muni, en son centre, d’une vis sans fin verticale, au sommet de laquelle se trouve un bras métallique terminé, à chaque extrémité, par une grosse boule. Un premier coin est situé à la partie inférieure de la vis, le second étant serti dans la base du bâti.

Grâce au balancier, les pièces recevaient une empreinte homogène et de qualité. On pouvait en fabriquer une trentaine à la minute. Louis XIV imposa cette frappe dans tous les ateliers du royaume. C’est également sous son règne, en 1686, que fut instaurée la frappe sur la tranche de la pièce.

2-     L’organisation d’un atelier :

Au 18e siècle, on comptait une trentaine d’ateliers en France. Depuis le Moyen Age et l’augmentation du nombre des ateliers s’est rapidement posé le problème du contrôle de la frappe. Deux solutions : graver des signes particuliers permettant de repérer aisément leur provenance ou mettre en place une organisation monétaire structurée. En France, à la fin du moyen âge, un point secret, placé sous une des lettres de la légende des monnaies royales, permettait d’identifier l’atelier. Au 16e siècle, pour rendre le personnel plus responsable de la qualité des fabrications, des différents désignant le directeur et le graveur doivent obligatoirement apparaître sur les pièces (généralement en fin de légende).

L’organisation des ateliers monétaires n’a guère varié depuis le moyen âge.

A la tête de l’administration monétaire étaient les Généraux maîtres. Ils nommaient les maîtres particuliers et autres officiers des monnaies, surveillaient la fabrication, la circulation des monnaies et le commerce des métaux précieux. Ceux de Paris composaient la Chambre des monnaies à qui le Conseil du roi transmettait ses ordonnances. La Cour des comptes donnait aux directeurs leur statut. Sous les ordres de la Chambre des monnaies, le personnel des ateliers.

Les ateliers étaient exploités en régie ou, par voie d’adjudication, à un maître avec qui un bail était conclu. Celui-ci avait à ses côtés un garde ou juge-garde, un contregarde (chargé de surveiller les rapports du maître et des vendeurs de métal), un tailleur (orfèvre de son état, à partir du 17e siècle, il prendra le nom de graveur), un essayeur.

Les ouvriers et monnayeurs formaient une Corporation. Ils sont soumis à une juridiction particulière et sont jugés par leurs prévôts élus et les délégués des ouvriers. Ils sont aussi exemptés d’impôts et de service militaire.

3-     L’émission des monnaies :

Le Roi ou son conseil, ayant décidé l’émission, rendait une ordonnance qui était transmise à la Chambre des monnaies qui rédigeait, d’après l’ordonnance royale, un exécutoire où étaient précisées les conditions de l’émission. L’exécutoire était ensuite transmis par messager aux ateliers monétaires en activité dans le royaume. Quand les monnaies étaient bonnes à délivrer, le maître recevait la visite d’un agent du roi envoyé pour recueillir le produit net.

La mise en circulation ou le tarif nouveau d’une monnaie était annoncé par le cri des monnaies. On annonçait la démonétisation d’une monnaie par voie de décri. On devait, dès lors, les rapporter dans les Hôtels des monnaies où elles étaient remboursées.

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