Chapiteau géminé à décor de ruban perlé et tailloir

Architecture civile et vie quotidienne

Andone : l'organisation d'une résidence des comtes d'Angoulême autour de l'an mil

Andone est la seule résidence princière des environs de l'an mil intégralement fouillée en France. Elle représente à la fois l'un des lieux de séjour d'un groupe aristocratique, une place forte et le centre d'un domaine rural. Dominant à distance la vallée de la Charente et la forêt comtale de la Boixe, le château a probablement été construit par Arnaud Manzer, fils illégitime du comte d'Angoulême Guillaume II Taillefer. Après la mort de son père, Arnaud élimine ses cousins du Périgord et prend le contrôle de l'Angoumois entre 975 et 988. L'établissement de la résidence fortifiée d'Andone s'explique par le long conflit qui l'oppose à l'évêque Hugues de Jarnac, installé à Montignac et à Vars, par la proximité de la forêt et par la surveillance du petit monastère de Saint-Amant de Boixe. Entre 1020 et 1028, le fils d'Arnaud, Guillaume IV, abandonne la forteresse d'Andone, désormais dépourvue d'intérêt stratégique, et s'accorde avec l'évêque Rohon de Montaigu pour s'implanter à Montignac et reconstruire l'abbaye Saint-Amant à proximité du nouveau château.
L'épaisse enceinte en maçonnerie, haute de 9 à 10 m, défend un espace de 2 000 m2. Elle est précédée d'un talus en argile et d'un profond fossé. Les bâtiments principaux, construits en pierre, sont adossés à la courtine. La porte orientale s'ouvre sur une petite cour qui donne accès à une grande salle de réception surmontant un cellier presque aveugle. Cet espace de prestige est accolé à un bâtiment d'habitation à deux niveaux constitué de quatre pièces munies de latrines. Au-delà d'un second portail, la grande cour permettait d'accéder à la porte occidentale, derrière laquelle se trouvait le puits à eau. Ce vaste espace est bordé d'un grand bâtiment de plain-pied comportant quatre pièces (probable écurie, forge puis espace de réserve, etc.). De nombreux bâtiments en bois, parmi lesquels des espaces de cuisine, encombraient également la cour.

Luc Bourgeois

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Chapiteau aux lions affrontés