Chapiteau géminé à décor de ruban perlé et tailloir

Architecture civile et vie quotidienne

Des armes pour la guerre

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Scène de la chanson de Roland : Turpin transperce le sarrasin Abîme ; Roland coupe le bras du roi Marsile. Comme souvent dans l'art roman, les païens sont identifiés par leurs boucliers circulaires. Angoulême, cathédrale Saint-Pierre, portail ouest. 1105-1128.

L'arme la plus personnelle du combattant est l'épée. Son fourreau est attaché au côté, sur un baudrier en cuir. Parfois pourvus d'une origine légendaire, l'épée et son baudrier constituent des objets très symboliques, en particulier lors de la remise des armes à l'âge adulte, lors de l'adoubement du chevalier ou lorsqu'un combattant âgé dépose son baudrier sur l'autel de l'église où il se fait moine.
La lance, munie ou non d'ailerons est l'instrument privilégié des charges de cavalerie. Une bannière décorée est parfois accrochée à sa hampe. La hache d'armes est plus exceptionnelle dans nos régions. Les armes moins nobles (en particulier celles qui permettent le combat à distance) sont méprisées par l'aristocratie guerrière.

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Le corps du cavalier est protégé par un haubert métallique. Il s'agit longtemps de la broigne, un vêtement de tissu ou de cuir sur lequel sont fixées des écailles de fer. Le haubert de mailles constitué d'anneaux de fer se diffuse progressivement. Il protège la tête par un capuchon, sur lequel prend place un casque conique muni d'une plaque protégeant le nez, le nasal.
Les boucliers représentés dans l'art roman régional sont en général de larges écus. Les boucliers circulaires ou targes semblent généralement portés par des fantassins. Il faut attendre la seconde moitié du XIIe siècle pour que les emblèmes décorant ces boucliers deviennent de véritables motifs héraldiques, qui se transmettent dans chaque famille aristocratique. Le seul élément parvenu jusqu'à nous est l'umbo, pointe circulaire en métal marquant le centre du bouclier. Plusieurs textes des XIIe et XIIIe siècles nous apprennent que Poitiers et Niort sont des villes renommées pour leur production d'armes.

L'épée légendaire et le surnom du comte d'Angoulême Guillaume II Taillefer (mort en 962)

« Guillaume Taillefer, qui avait reçu ce surnom dans un combat contre les Normands, où ni les uns ni les autres ne l'avaient emporté, lutta le lendemain en combat singulier contre leur roi Storin : avec Cortain, son épée très résistante, que le forgeron Wieland avait forgée, il le pourfendit, lui et sa cuirasse, d'un seul coup en pleine poitrine. »
Adémar de Chabannes, moine de Saint-Cybard d'Angoulême, Chronique (1026-1029).

Luc Bourgeois

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Chapiteau aux lions affrontés