Chapiteau géminé à décor de ruban perlé et tailloir

Le monde des églises

En conclusion

Les nombreuses attributions d'œuvres à cette église mettent en exergue la qualité de celles-ci mais aussi la place importante de l'édifice et l'engouement pour ces œuvres. Toutefois, il est aisé de constater qu'il y a beaucoup trop d'œuvres attribuées pour un seul édifice. Plusieurs chercheurs ont émis des hypothèses quant à l'aménagement de la façade disparue. Ainsi, Thierry Crépin-Leblond propose l'existence d'un portail latéral qui permettrait l'installation des panneaux « L'Annonce aux bergers » et « L'entrée a Jérusalem », comme sur l'église Saint-Hilaire de Melle. Un autre postulat a été fourni par Robert Maxwell. Il propose un niveau supérieur avec les sculptures des rois ou vieillards de l'Apocalypse et les plaques sculptées. Il reste aussi la possibilité d'un aménagement d'une suite de personnages couronnés, à la manière de la disposition de la frise des personnages de Notre-Dame-la-Grande à Poitiers. Des études à partir de comparaisons stylistiques ont déjà été avancées ; de nouvelles approches à partir des analyses des pierres aussi, malheureusement difficilement exploitables aujourd'hui. Des recherches récentes sur des pierres calcaires sculptées des églises de Notre-Dame de la Couldre, Sainte-Croix et de Saint-Pierre de Parthenay-le-Vieux, réalisées par le Brookhaven National Laboratory de New-York, sont actuellement en cours. Elles devraient permettre de connaître la provenance des matériaux de construction.
En effet, il y a tellement de pierres qu'elles pourraient former une cathédrale, ou deux façades de deux édifices différents… En attendant les résultats des analyses des pierres, une hypothèse peut être avancée. Et si ces pierres ne provenaient pas uniquement de cette église partiellement démolie ? Les jardins des ursulines auraient-ils pu servir de dépôt lapidaire ?

C'est un fait, de nombreuses constructions romanes de Parthenay ont été modifiées à travers les siècles. D'autres ont disparu, démantelées depuis la Révolution. C'est le cas de plusieurs églises, comme le Sépulcre et Saint- Jean, ainsi que les façades de l'église Saint-Jacques et de la collégiale de Sainte-Croix, située à proximité. La façade et la voûte de la porte principale de Sainte-Croix ont été transformées entre 1780-1783 et refaites avec des pierres provenant de la démolition de la voûte de la porte d'entrée du château.
De nombreux documents font référence à ces travaux mais sans dire un mot sur le décor roman. Il est clairement indiqué que l'ancienne façade comprenait quatre verrières. D'ailleurs, la comparaison avec la façade de Saint-Pierre de Parthenay-le-Vieux, qui présente la même organisation que celle de Notre-Dame mais en plus petit, laisse à penser que la partie supérieure n'était pourvue que de baies. Pourtant, les hommes qui ont réalisé ces travaux avant la Révolution avaient un certain « respect » des personnages sculptés : ces rois et représentations bibliques n'ont pas disparu. Ils ont pu déposer dans les jardins de l'ancien archiprêtre ces pierres sacrées, comme ils avaient déjà transféré le Saint-Sacrement un siècle auparavant lors des travaux dans la même collégiale… La volonté de mettre « de côté » des œuvres sculptées anciennes est loin d'être isolée : à Saint-Savin, à l'occasion des fouilles menées dans les années 1970 sous la salle capitulaire, on a retrouvé un dépôt de pièces sculptées, certainement placées là, à l'abri, par la décision des moines. On peut conclure que ces œuvres peuvent appartenir à l'ensemble des églises romanes disparues de Parthenay. Sans rien enlever à la qualité et à la beauté de ces pièces, cette interprétation justifierait à la fois leur nombre, leur diversité de matériaux ainsi que leurs styles.

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Chapiteau aux éléphants affrontés