Chapiteau aux dragons

Le monde des églises

Les œuvres sculptées déposées

Une des conséquences de la destruction partielle de l'église est que de nombreux fragments sculptés ont été déposés. Certaines de ces œuvres sont conservées dans des musées depuis le début du XXe siècle, d'autres appartiennent à des collectionneurs privés, et leur étude a été récemment publiée. Cependant, de nouvelles pièces viennent encore d'être découvertes.

Faire le tri entre toutes les œuvres dispersées n'est pas aisé. En effet, il n'existe aucune représentation ou description de l'édifice avant sa démolition qui permettrait de savoir où se trouvaient ces différentes pierres sculptées qui furent, après la Révolution, entreposées dans les jardins du site. Toutefois, quelques éléments d'iconographie ancienne conservés permettent d'identifier certaines de ces pièces comme étant vraiment originaires de cette ville. C'est le cas des plaques de verre photographiques réalisées par Lucien Bégule et Philippe Des Forts, photographes des Monuments historiques au début du XXe siècle. De nombreux ouvrages, datant de la deuxième moitié du XIXe siècle et du début du XXe, ont publié plusieurs fragments facilement identifiables.
Le musée municipal de Parthenay possède plusieurs dessins originaux et des plaques de verre inédites. Ces plaques photographiques permettent de constater les restaurations portées sur les nez des têtes couronnées conservées dans deux musées aux États-Unis ou l'ajout des têtes sur la plaque de l'Annonciation.
Une tête sculptée couronnée, inédite jusqu'à aujourd'hui, était pourtant connue des services grâce à une ancienne plaque photographique. De plus, d'après Georges Turpin, historien de Parthenay, se trouvait « …dans le jardin un ensemble de pierres sculptées » avant son acquisition par des antiquaires. Il décrit, dans un article, ces œuvres vues pour la première fois en 1888 sur un tas de gravats, au chevet de l'église. D'après lui, elles furent replacées sur ses conseils dans la cour devant l'école.

Sur le dessin de l'en-tête de cet établissement de jeunes filles, on remarque, placés le long de la façade de l'école, les panneaux de l'Annonce aux bergers et de l'Entrée à Jérusalem. Plusieurs œuvres sont acquises en 1910 et entrent dans les collections du Louvre en juillet 1914. Il s'agit du panneau de l'Annonce aux bergers et des deux bustes de rois auxquels ont été ajoutées des jambes. Ces dernières ont été enlevées de la vue du public en 1947 lorsque les analyses ont confirmé la tromperie de l'antiquaire. D'autres œuvres partent pour des musées aux États-Unis, ce qui aggrave leur dispersion mais accroît en même temps la renommée du monument.
Deux importants chapiteaux sculptés ont été réutilisés et installés dans les jambages du portail d'entrée de l'établissement scolaire, sur deux pilastres de 4 mètres de hauteur, placés au sud de l'église.
Des croquis conservés au musée municipal, ainsi qu'un dessin général réalisé par l'architecte Henri Déverin en 1913, permettent de connaître leur localisation jusqu'à leur vente en 1922 à des marchands parisiens. À cette occasion, Turpin fait également référence à une « tête grimaçante qui faisait clé de voûte au portail, plusieurs modillons sculptés provenant de la chapelle, les têtes sculptées et encastrées dans la maison d'en face et quelques pierres acquises en ville ».

Parmi ces œuvres, ce sont les bustes des personnages couronnés qui sont certainement les éléments les plus emblématiques de l'ensemble. Ils sont nombreux, de tailles et de formes différentes. Depuis moins de dix ans, trois autres têtes travaillées en ronde-bosse ont été identifiées comme « appartenant » à Notre-Dame. Une première, marquée par l'usure du temps, a été acquise par le musée municipal en 2005. La ressemblance avec un modillon conservé sur la façade est remarquable. L'ancien propriétaire affirmait qu'elle avait été retrouvée dans la citadelle, peut-être s'agit-il d'une de celles auxquelles Turpin fait référence dans son article.
Elle est plus petite que les pièces précédentes et contrairement aux autres, le personnage n'est pas couronné. Cependant, la barbe et les cheveux longs laissent apparaître un travail minutieux. Le style de la sculpture est aussi différent, ce qui permet de supposer que le sculpteur n'est pas le même que pour les autres œuvres. L'identification de ce personnage, biblique ou non, est donc difficile.

Une deuxième tête, découverte à Parthenay en 1936, n'était connue, jusqu'à aujourd'hui, que par quelques personnes. Trouvée à l'occasion de la démolition d'un bâtiment chez un particulier de Parthenay, elle est, pour la première fois, présentée au public. Elle possède une barbe, les cheveux longs et une couronne décorée. Le côté gauche de la tête, surtout l'oreille, semble mieux conservé que le côté droit. L'hypothèse est donc que si cette tête était à l'extérieur et soumise aux intempéries, le côté gauche devait être protégé.

La troisième tête est apparue sur le marché de l'art en 1965 et 1989 à Londres. À l'époque, elle était présentée comme un faux, en pierre reconstituée. Ce qui aujourd'hui est démenti grâce aux analyses réalisées par Annie Blanc. Elle est réapparue sur le marché en 2010 et revient pour la première fois à Parthenay. Les détails du visage sont bien visibles. Le personnage couronné est barbu avec des cheveux longs. De plus, le début des épaules est visible. La ressemblance avec le buste du Louvre et celui conservé au musée de Boston est saisissante.

En sus des œuvres déposées, il existe des reproductions en plâtre de certaines sculptures. Une campagne de moulages avait permis de faire des copies à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Elles avaient été placées aux musées de Niort, de Poitiers et dans l'ancien musée du Trocadéro, mais seules les pièces de Niort sont conservées. Il s'agit de neuf plâtres, huit concernent des éléments sculptés des voussures du portail central encore en place (deux chapiteaux, deux anges portant le médaillon central représentant le Christ bénissant avec le livre, un prophète, une Vertu transperçant un Vice et deux Vieillards portant cithare et vase à parfum). Le neuvième plâtre est la copie du chapiteau représentant le Sacrifice d'Abraham conservé au Louvre. Il présente une texture de plâtre différente, preuve peut-être qu'il est plus récent que les précédents.

Maria Cavaillès

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Chapiteau représentant les quatre évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean