Chapiteau géminé aux acrobates

Le monde des églises

Poitiers et ses églises

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Saint-Jean de Montierneuf
vue de l'église Saint-Jean de Montierneuf

À la fin du XIe siècle, le comte Guy-Geoffroy-Guillaume décide d'édifier un monastère dans le quartier nord de Poitiers : futur Montierneuf. Placé sous le patronage des saints Jean, Simon et Jude, l'établissement est affilié dès son origine à l'abbaye de Cluny en Bourgogne. La construction de Saint-Jean-de-Montierneuf, à haute et vaste nef, et à déambulatoire à trois chapelles rayonnantes, est commencée vers les années 1070-1075 par le moine Ponce. L'abbatiale est consacrée en 1096 par le pape Urbain II, présent en Poitou dès la fin du XIe siècle. L'ensemble a été plusieurs fois remanié : le chevet a été transformé au XIIIe siècle, de même que le clocher, en grande partie détruit par les huguenots au XVIe siècle. Les arcs-boutants du chevet ainsi que la façade ont été remplacés au XVIIe siècle.

Saint-Hilaire-le-grand et le bourg Saint-Hilaire
Vue d'ensemble de l'église Saint-Hilaire de poitiers depuis le chevet

Dès le IXe siècle, les sources écrites emploient un terme spécifique : sub-urbanum (834), sub-umbraculum (876) et sub-urbium (878), pour la partie de la ville située hors des murs de l'enceinte de l'Antiquité tardive. Au cours du Moyen Âge, trois bourgs se forment entre le Clain et la Boivre mais deux seulement sont mentionnés dès le Xe siècle : le bourg Sainte-Radegonde et le bourg Saint-Hilaire, qui se développent autour des deux sanctuaires abritant les corps de sainte Radegonde et de saint Hilaire.
En 936, Elbe, évêque de Limoges, se voit confier la charge de trésorier de Saint-Hilaire-le-Grand par son frère, le comte du Poitou Guillaume Tête-d'Étoupe. Adémar de Chabannes (v. 989-1034), moine et chroniqueur, indique qu'Elbe fortifie par la suite son siège épiscopal, de même que le bourg de Saint-Hilaire.
Un acte de janvier 942 précise l'étendue des structures défensives qui cernent l'ensemble du quartier dépendant du chapitre de Saint-Hilaire, auquel l'immunité fut accordée en 768 par le diplôme de Pépin : elles protègent l'église, édifice encore en élévation aujourd'hui malgré des remaniements ultérieurs, son enclos et ses dépendances, des maisons, des tours, des jardins, des terres et des vignes. Des portes d'accès au quartier seront construites par la suite.

Aux XIe et XIIe siècles, les textes mentionnent fréquemment le bourg qui par ailleurs comprend plusieurs églises paroissiales : Sainte-Triaise, Saint-Michel, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-l'Hospitalier, Notre-Dame-de-la-Chandelière, et les maisons des chanoines. Ce vaste quartier se situe entre les actuelles rues Carnot et de la Tranchée, et se prolonge à l'ouest jusqu'à la Boivre, vers la ville jusqu'aux arènes et aux « Trois piliers », monument près duquel, dès le XIIe siècle, se rend la justice exercée par les chanoines, et qui servira de pilori.
Tout au long du Moyen Âge, la ville se développe et sa topographie change, principalement en raison de la multiplication d'édifices religieux dans l'étendue de l'éperon de confluence, vaste promontoire entre Clain et Boivre. La création d'une nouvelle enceinte fortifiée dans la seconde moitié du XIIe siècle intègre désormais les bourgs primitifs, dont celui de Saint-Hilaire, à la ville. En conséquence, dès les XIVe et XVe siècles, le représentant du roi, successeur du comte-duc, ou la personne détenant le pouvoir municipal tentent d'y récupérer le droit de justice. Les limites de cet espace ont été matérialisées par des bornes encore conservées aujourd'hui.

L'abbaye Sainte-Croix
Vue d'ensemble de l'église Saint-Hilaire de poitiers depuis le chevet

Les fouilles du début du XXe siècle, ont mis au jour les fondations de la cellule dite de « Radegonde » (reconstruite en 1912) et de son oratoire. Une première église Sainte-Marie est également découverte à ce moment-là. François Eygun poursuit ces recherches à la fin des années cinquante. Sous la construction du XIe siècle, il met au jour d'autres vestiges dont une abside édifiée en moellon. C'est lors de ces excavations qu'une mosaïque des VIIIe et IXe siècles est découverte. Ces fouilles ont permis d'identifier l'église romane au nord-est du baptistère Saint-Jean. Les vestiges, visibles vers 1958 et 1959, laissaient deviner des bases de piles rondes, délimitant le vaisseau principal de la nef de l'abbatiale, et le départ de colonnes sur les murs des collatéraux. Ce type de plan, rappelant celui de Saint-Savin-sur-Gartempe, et l'ensemble sculpté découvert par François Eygun permettraient de dater l'église romane vers le milieu du XIe siècle. Le clocher semblerait être placé dans l'angle nord-ouest du transept comme à Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers. Mais l'ensemble de l'abbaye Sainte-Croix sera entièrement reconstruit au XVIIe siècle. À la Révolution, les moniales sont chassées et s'installent près de leurs anciens bâtiments. En 1965, le monastère est transféré à l'abbaye La Cossonnière, près de Saint-Benoît.

Sainte-radegonde
Vue du chevet de l'église Sainte-Radegonde de poitiers depuis la façade

Le quartier de Sainte-Radegonde est moins bien connu que celui de Saint-Hilaire-le-Grand. Intitulée autrefois Sainte-Marie-hors-les-murs, son église avait été construite bien avant la mort de la sainte, selon sa propre volonté, afin d'abriter son tombeau. Elle était desservie selon l'usage par des prêtres. Une consécration ultérieure est connue, en 863, alors que se manifeste le soutien des rois carolingiens, puis un incendie en 955. Une campagne de reconstruction débute au commencement du XIe siècle. C'est à ce moment-là que l'abbesse de Sainte-Croix, Béliarde, qui a autorité sur le collège de chanoines de Sainte-Radegonde, redécouvre le sarcophage de la reine « dans une fosse ». L'incendie d'une partie de la ville, un peu avant 1020, a peut-être ralenti ce chantier, dont on ne connaît pas l'importance. En effet, le chevet actuel, installé sur une crypte de même plan, ne date que du milieu du siècle. Il semble que l'incendie de la Saint-Luc en 1083 soit intervenu en cours de construction. D'après La Chronique de Saint-Maixent, l'église est dédicacée le 18 octobre 1099. De cet édifice roman sont conservés la base du clocher-porche et le chevet. On peut noter la qualité de deux chapiteaux historiés du rond-point du déambulatoire : le Péché originel et Daniel dans la fosse aux lions. La nef a été reprise en deux campagnes, à la fin du XIIe siècle et au XIIIe siècle, et la place actuelle, au nord, indique la situation de l'ancien cimetière. Le parvis ouest, limité par son périmètre de murets de pierre de taille, appuyé sur des lions (XVe siècle), est un exemple rare et remarquablement conservé de parvis de justice.

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Chapiteau géminé à décor de ruban perlé et tailloir