Chapiteau représentant des animaux extraordinaires affrontés dans des rinceaux

Un Moyen Âge réinventé

Restauration de l'église de Saint-Pierre d'Airvault

Les restaurations projetées par Victor-Auguste Loué

En 1868, Victor-Auguste Loué propose un projet de restauration visant à redonner à l'église d'Airvault sa pureté romane. Ce projet ambitieux n'a jamais été réalisé.
L'église qu'il envisage est plus trapue et beaucoup moins lumineuse que le projet qui sera finalement retenu. En effet, la suppression des voûtes gothiques entraîne également celle des baies hautes donnant l'éclairage direct dans la nef. De plus, la façade occidentale, plus petite, voit la suppression du remplage gothique au profit d'une étroite baie de style roman. Il propose d'alléger le chevet et prévoit l'isolement total de l'église et donc la destruction des bâtiments qui y sont accolés, y compris la chapelle des Gallénies, l'ancien presbytère et la salle capitulaire.

Ce projet est conçu très peu de temps avant ou au même moment que le plan d'alignement ancien. En témoignent les réalisations qui ont suivi : le percement de l'actuelle rue de la Gendarmerie (route de Poitiers), entraînant ainsi la démolition des vestiges du cloître et des bâtiments conventuels (une partie de la salle capitulaire, le réfectoire, …), et les arasements de maisons autour des halles et de l'église tout au long des dernières décennies du XIXe siècle. Il est probable que ces destructions s'inscrivent dans la démarche des communes, visant à cette époque à faciliter les transports et les communications et répondant à l'incitation de la Commission des Monuments historiques souhaitant isoler les édifices pour les mettre en scène.

images/

Le projet de Joseph-Henri Déverin partiellement réalisé

À partir de 1889, Déverin travailla à l'isolement de l'église pour assainir le mur nord. Ainsi, le 4 avril 1891 paraît un avis d'expropriation pour cause d'utilité publique dans le cadre des travaux d'isolement et de restauration de l'église. Les maisons accolées au mur nord de l'église une fois démolies, Déverin put procéder entre 1891 et 1896 à la réfection complète du mur gouttereau nord, ainsi qu'à la reprise de la charpente, des couvertures et de la voûte du collatéral nord. Contrairement à Loué, Déverin conserve les voûtes gothiques et donc une lumière plus abondante dans l'église.
Les proportions de la façade occidentale sont par conséquent maintenues, il s'inspire de l'abbatiale voisine de Saint-Jouin-de-Marnes pour la restauration : il propose l'ajout d'un christ en croix au fronton et la réfection entière des claveaux sculptés des 24 vieillards de l'Apocalypse. Son projet revu à la baisse, il n'en restera finalement que deux.

Les restaurations de François Jeanneau

Lors de la campagne de restauration de 2002, François Jeanneau restitue la mandorle, sans le Christ, faute d'indice archéologique. Les deux claveaux de Déverin sont déposés et l'ensemble des voussures du portail central est ainsi restitué.

Séverine Gilbert

© Alienor.org, Conseil des musées, www.alienor.org Vérifié par A-Prompt Version 1.0.6.0. Niveau WAI 'triple A'
Chapiteau dit de la dispute