Chapiteau géminé à décor de ruban perlé et tailloir

Un Moyen Âge réinventé

Hypothèses de scénario historique

« L'hypothèse selon laquelle le chantier de construction de l'abbatiale romane de Saint-Jean-d'Angély ait été approvisionné par une carrière de pierre locale est incompatible avec l'ampleur et le prestige de l'édifice, requis probablement par de puissants commanditaires disposant de solides moyens financiers. En revanche, l'emploi de la pierre provenant d'une carrière environnante n'est pas impossible pour une intervention ponctuelle ou pour le remplage des murs en maçonnerie liée au mortier.
Un chantier monastique comme celui de Saint-Jean-d'Angély a été assurément lié à des contrats de pierre, à la manière des églises bordelaises qui firent venir, par gabares entières, la pierre dite « de Taillebourg », issue des carrières de Saint-Même-les-Carrières, Saint-Vaize ou Crazannes.
Face au silence des archives régionales pour le Moyen Âge, la réponse à la question de l'approvisionnement des marchés de construction passe par les techniques issues des sciences de la terre appliquées à l'archéologie. Des moyens archéométriques existent désormais pour caractériser les calcaires et établir d'éventuelles corrélations entre la carrière et le chantier. »

Jacques Gaillard, Docteur en archéologie, Université de La Rochelle

Les chantiers romans de Saint-Jean-d'Angély, et en particulier celui, prestigieux, de l'église abbatiale Saint-Jean, ont très vraisemblablement attiré des artistes sculpteurs de pierre aguerris. Mais, le manque d'indices probants ne permet pas d'attester de l'existence à Saint-Jean-d'Angély d'ateliers d'imagiers, dont le style aurait fait école, et influencé les chantiers romans environnants. Pour autant, une piste intéressante pourrait orienter l'enquête vers cette hypothèse…
Le portail roman de l'église Saint-Hilaire à Foussais (Vendée) présente une sculpture exceptionnelle, décrivant une scène de déposition de croix. Cette composition est signée : GIRAUDUS AUDEBERTUS DSCO IOHE ANGERIACO ME FECIT. Giraudus Audebertus de Saint-Jean-d'Angély m'a fait.
Cette pièce est l'œuvre d'un maître de grand talent qui a probablement été actif au début de la seconde moitié du XIIe siècle, et qui revendique manifestement une origine angérienne. Afficherait-t-il ainsi son appartenance à un éventuel atelier stylistique local ? Le doute reste entier.

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Chapiteau aux éléphants affrontés