Chapiteau représentant des animaux extraordinaires affrontés dans des rinceaux

Le monde des églises

Le couvent des ursulines et l'établissement scolaire

En 1623 l'évêque de Poitiers, Henri-Louis Chasteignier de la Roche-Posay, et le seigneur de Parthenay, Henri II, duc de Longueville, donnent l'église Notre-Dame de la Couldre à une communauté d'ursulines. Elle s'y installe en 1624, ce qui occasionne le transfert de l'archiprêtre à la cure de La Chapelle-Saint-Laurent jusqu'à la Révolution. On sait qu'en 1667, pendant les quelques mois que durent les travaux de l'église paroissiale Sainte-Croix, les chanoines de celle-ci transfèrent le Saint-Sacrement et célèbrent l'office canonial dans l'église Notre-Dame de la Couldre.
En 1686, une visite décrit l'édifice dans un état de propreté et de décence digne des religieuses ursulines qui s'en servent de chapelle. Un cloître est construit, au sud de l'église, dans le courant du XVIIe siècle. Enfin, une visite de 1731 décrit le bâtiment en très bon état. Le 28 frimaire an V (18 décembre 1796), l'administration municipale autorise l'aliénation du couvent des ursulines à Pierre-Jean Andrieux, ancien curé de La Madeleine de Clisson et ancien vicaire de l'évêque constitutionnel de Nantes.

L'année suivante, le 16 germinal an V (5 avril 1797), il s'en rend adjudicataire, et le 4 floréal an V (23 avril 1797), il est autorisé à la démolir afin d'y installer une filature de coton. Il ne semble pas avoir mis ses projets à exécution avant 1834. En effet, sur le cadastre napoléonien l'abside d'axe et deux absidioles, les murs de la nef avec des contreforts, l'emplacement du portail sud et l'amorce du transept sont visibles. Autour de 1840, la façade est réduite à son premier niveau et Alexandre Briquet, inspecteur des Monuments historiques à Niort, entame des démarches de protection de ce qui subsiste. En 1845, l'évêque de Poitiers tente d'acquérir ces restes avec ses fonds personnels, « au nom de l'évêché », mais cela n'aboutit pas. Le 26 janvier 1847, les ursulines de Chavagnes rachètent aux héritiers d'Andrieux les ruines de Notre-Dame de la Couldre. L'actuelle chapelle est construite dans la seconde moitie du XIXe siècle, en réutilisant une partie des murs du chevet de l'église qui figure, en 1856, dans une liste des monuments du Poitou, classés comme Monuments historiques par le ministère d'État de l'empereur. Fortement détruite, il n'en subsiste que le portail de la façade, l'abside centrale et l'absidiole sud repris dans la construction de la chapelle récente. On ne connaît pas de représentation du monument avant son démantèlement.

La plus ancienne représentation est un dessin du portail réalisé par Antoine Baugier avant 1846, puis des gravures des vestiges et des éléments sculptés par Eugène Sadoux. Depuis, de nombreuses photographies de Jules Robuchon et d'Eugène Cordier, entre autres, montrent toutes la même vue de la façade amputée. L'école libre de filles de la Couldre est ouverte en 1820 après la réinstallation des ursulines de Jésus, de la congrégation de Chavagnes-en-Paillers (Vendée). Elles occupent les lieux jusqu'au 1er août 1903 en vertu des Décrets. Deux sœurs restent propriétaires des lieux alors que l'école et le pensionnat sont dirigés par des laïques, la directrice étant Léontine Le Manner. L'une des institutrices, mademoiselle Jacqueline Guilhaud, deviendra propriétaire en 1914 alors que la municipalité fait l'acquisition de certaines parcelles pour son projet d'agrandissement de l'hôpital.
Les restes de l'église sont classés Monuments historiques sur la liste de 1862, pourtant, en 1969, Jean Doray, architecte des Bâtiments de France, autorise la construction d'un bâtiment à usage scolaire, détruisant une partie du mur gouttereau sud de l'église (théoriquement classé) avec le cloître à colonnes du XVIIe siècle. Le seul plan de l'édifice a été dressé par Julien Burcier, architecte à Niort en 1946, sur papier calque colorié. Le tracé complet de l'église a pu être complété à l'occasion de la fouille archéologique réalisée en 1989. Celle-ci a permis de mettre au jour les fondations de l'absidiole nord et du transept. Les bâtiments actuels sont occupés par une école primaire et un collège privés.

Maria Cavaillès, conservateur du musée de Parthenay

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Chapiteau géminé à décor de ruban perlé et tailloir