Un besoin d’évasion : le chant est un moyen de s’évader par la pensée. Pour cette raison les périodes de conflits sont marquées par de nombreuses productions vocales. En effet, elles permettent d’exprimer le quotidien, la famille, l’absence de figure féminine ou encore le « bon vieux temps », mais également les conditions de vie ou les inquiétudes des chanteurs. Elles sont aussi une manière de tourner en dérision une situation difficile. Les deux conflits mondiaux ont vu naître un grand nombre de ces chansons, alors plus ou moins populaires et diffusées oralement ou par le biais de petites publications comme le journal Sur le vif qui consacra son premier hors-série aux « Chansons de poilus », pendant la Première Guerre mondiale. Ce type de pratiques perdure encore aujourd’hui mais leur diffusion est très largement restreinte et ne fait plus l’objet de publications.

Ce répertoire issu des conflits n’est pas uniquement constitué de créations militaires. Il est également alimenté par des productions civiles. Ce sont généralement des chansons de femmes qui font état de l’absence masculine à leurs côtés et de la vie quotidienne, comme la chanson La Ferme aux Fraises qui parle de l’annexion par l’Allemagne de la Lorraine lors de la guerre de 1870, dont voici un extrait :

Plus tard, le cœur plein d’espérance,
J’y revins par un doux matin,
La ferme n’était plus en France,
Un poteau barrait le chemin.

 

Ces pièces ont quelquefois une connotation politique. En effet, la musique est un moyen de faire passer des informations et des critiques qu’il n’est pas permis de formuler sans un secours musical. Sous le couvert de l’humour, des lourdes réalités apparaissent au grand jour. Ces chants constituent donc un témoignage qui rappelle certains épisodes des conflits et comment ils ont été vécus par la population, essentiellement féminine. Le recueil de Chansons de la BBC en est une illustration.

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