Les marches

Les marches, vocales ou instrumentales, sont un genre musical au rythme régulièrement cadencé, à un tempo (la vitesse) plus ou moins vif et un caractère plus ou moins enjoué selon les raisons pour lesquelles elles ont été créées (marche funèbre, pas redoublé, œuvres de circonstance…). Elles sont destinées à régler le pas et la vitesse de déplacement de la troupe. La plus connue d’entre elles est La Marseillaise, devenue hymne national.

"La marseillaise", Claude Joseph Rouget de Lisle.
Version instrumentale.

Ce répertoire, tel qu’on le connaît aujourd’hui, s’est principalement enrichi au XIXe siècle et au début du XXe siècle. Certaines marches sont uniquement instrumentales, notamment les plus contemporaines mais elles peuvent, en général, être jouées ou chantées. Dans ce dernier cas, il est rare que les paroles et la mélodie aient été créées par le même auteur. Ces compositions sur mesure sont parfois l’œuvre de compositeurs célèbres tels que Maurice Druon, Hector Berlioz, Charles Gounod, Vincent d’Indy, Frédéric Chopin (Marche funèbre) ou Camille Saint-Saëns qui, durant la Grande Guerre, accompagna, en 1917, la mission Joffre-Viviani aux USA et composa plusieurs morceaux de circonstance dont deux pièces pour harmonie : Pas redoublé vers la victoire (op. 152) et Marche interalliée (op. 155).

La majorité des marches contemporaines sont l’œuvre de chefs des musiques et fanfares militaires, comme la Marche de la 2ème DB, avec des paroles d’André Ledur et une mélodie composée en mars 1945, par Victor Clowez (1908-1973). Ce dernier fut musicien militaire de 1930 à 1945 puis chef d’orchestre civil. Elle était initialement destinée à être le chant du Régiment de Marche du Tchad. C’est à la demande du général Leclerc qu’elle devient la marche officielle de sa division et prend sa nouvelle dénomination.

"La marche des mousses", J. Farigoul.
Marche instrumentale (Fanfare de l'ENSOA)

Certaines de ces marches évoquent des faits d’armes (Gloire au 114ème) ou des situations particulières, comme la Marche Lorraine dont les paroles de Jules Jouy et d’Octave Pradels, montrent un attachement à la France des Lorrains, partiellement annexés à l’Allemagne en 1871, et leur souhait de se retrouver unifiés sous les couleurs françaises, comme l’indique ces derniers vers : « Et ce mâle refrain / Guidera vers le Rhin / Le peuple souverain ». Il a été créé en 1892 pour la venue, à Nancy, du président de la République Sadi Carnot.

Aujourd’hui, ce type de marches n’est plus interprété vocalement et a été remplacé par des chants dont les textes correspondent mieux aux besoins actuels des militaires. Selon les pièces, ils abordent trois thématiques principales : l’expression communautaire, le conflit et l’éloignement. L’une ou l’autre est mise en évidence, sans que les autres soient totalement occultées. Le groupe social est omniprésent à travers le « nous » communautaire, expression de la cohésion, des valeurs morales et de la filiation, comme dans le chant Le Combat de demain où l’identité du groupe s’affirme dans l’expression d’une figure héroïque que représentent les soldats ayant œuvré au sein de l’unité :

Les héros d’autrefois nous convient à leur foi
Camarades, groupons-nous en avant !
Les héros d’autrefois nous convient à leur foi
Camarades, tous ensemble à l’assaut !

Ces « héros », en plus d’être un référent identitaire, sont un modèle de conduite et permettent d’exprimer les qualités morales nécessaires au service. Cette figure de « l’ancien » apparaît généralement par l’évocation de faits d’armes et de conflits. Cette thématique se traduit par l’expression du combat, de la patrie menacée, de la nation, du drapeau ou encore de la mort. Le conflit est souvent associé au thème de la mobilité et de l'éloignement.

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