Le service militaire manifestait, certes, un lien armée / nation patent, mais le rapport entre civils et militaires ne s’arrête pas là. En effet, les revues militaires, et pas seulement lors de la fête nationale, étaient l'occasion d'une vraie liesse populaire, où harmonies et couleurs se mêlaient aux cris et aux chants. Les notables locaux, notamment à Saint-Maixent-l'École avec l'ENSOA, sont invités aux prises d'armes, aux remises de galons et autres cérémonies où résonnent encore cuivres, bois et percussions.

Ces musiciens militaires intervenaient également lors d’événements municipaux ou lors de représentations sous les kiosques à musique qui sont apparus au milieu du XIXe siècle. Ceux-ci constituaient un espace réservé qui invitait à la fête et à l’échange. Ils ont participé au mouvement de démocratisation de la musique de plein air, notamment la musique militaire. En effet, les ensembles de musique militaire ont joué un rôle significatif dans la communication avec le monde civil, notamment par l’organisation de concerts dans ces kiosques à musique où étaient interprétés des extraits d’opéras et d’opérettes ou encore des airs à la mode. Ils voient leur popularité grandir sous la Troisième République et pendant l’Entre-deux-guerres.

"Canon sans fin"
interprêté par la fanfare de l'ENSOA (1980)

La bourgeoisie locale n'aurait pas imaginé ses soirées ou ses bals sans inviter officiers et sous-officiers. Ce fut sans aucun doute un catalyseur pour la circulation des airs en vogue, les militaires, plus itinérants dans leur métier, réclamant probablement les derniers succès.

 

 

Par ailleurs, l’armée inspire les chansonniers civils et l’on voit naître de nombreuses petites publications sur le thème militaire comme le chant L’Hirondelle du souvenir qui évoque la douleur d’une mère après la mort de son fils soldat :

Partition
Fiche de l'objet

Refrain :
Je reviendrai de la plage étrangère
Quand le printemps fera tout refleurir,
Je reviendrai consoler une mère
Qui d’un soldat pleure le souvenir !

L'armée n'apparaît donc pas comme un espace clos. Le lien entre civils et militaires se manifeste à diverses occasions institutionnelles, avec des échanges et des emprunts qui concernent les grands rendez-vous sociétaux autant que les usages personnels, notamment de loisirs.

Poursuivre