Jugé fondamental pour jouer un rôle social et intégrateur, pour montrer que la Nation, dans son ensemble, se prête à la défense du territoire et des valeurs, le service national, durant une très longue période, a rassemblé toutes les catégories sociales et toutes les régions de France. Au XIXe siècle, on a régulièrement pu racheter son service et le faire faire par d'autres ; ce qui a eu pour conséquence d’éloigner les horizons sociaux les uns des autres. Sa suppression, à la fin du XXe siècle, s'est notamment appuyée sur le fait que les mieux renseignés, les étudiants et diplômés, pouvaient échapper à la vie de caserne pour des postes administratifs ou d’état major. Sa durée varia : cinq années à l’origine, deux années en 1905 puis trois ans en 1911. Ensuite, elle diminua progressivement jusqu'à sa suspension en 1996.

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Fiche de l'objet

Moyen d’alphabétisation, le service national joua également un rôle en matière de musique. Il prit en charge une partie des conscrits et leur inculqua le solfège et une pratique instrumentale. Toutefois, c’est auprès des Orphéons puis des harmonies municipales que l’armée recrutait ses effectifs musiciens. De la même façon, l’institution s’est intéressée aux hautboïstes traditionnels (bombardes bretonnes, cornemuses diverses) avec la demande faite auprès de facteurs, d'un hautbois pratiquement sans clé, la musette, vouée à rendre brillants les pas redoublés. Par la suite, on imagine l’influence des musiciens ainsi formés ou aguerris, de retour dans leur foyer.

Les rites civils se trouvaient réadaptés à une société sans femmes : faux baptêmes pour les nouveaux, fausses noces, bals et soirées costumés, théâtre et revues, faux enterrements comme celui du Père-Cent (représentation personnifiée des cents derniers jours “à tirer”), « La quille »…

Toutes ces occasions, à travers les témoignages et les milliers de clichés photographiques, nous montrent la présence de la musique. Clairon, tambour, instruments d'harmonie, mais aussi violons et accordéons diatoniques apportés dans les bagages. Bien sûr, les échanges et enrichissements de répertoires allaient bon train, et le musicien de retour chez lui faisait aussi évoluer les pratiques locales.

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