Exposition virtuelle

L'étrange cabinet de curiosités d'Alcide de Farcy

Une curieuse collection... ... L'envers du décor Sur l'exposition « La licorne et le bézoard » Collection, collectionneurs...

Du musée privé au musée public : la collection ethnographique extra-européenne du docteur Lhomme au musée d'Angoulême

Portrait du docteur Jules Lhomme Portrait du docteur Jules Lhomme Portrait du docteur Jules Lhomme Dessin au fusain par Raymond Ricottier - 1933 Collection du Musée d'Angoulême Notice de ce dessin dans un nouvel onglet  

Si le musée d'Angoulême rassemble en son sein l'une des plus belles collections nationales d'arts africain et océanien, il le doit à l'origine au legs du docteur Jules Lhomme (1857-1934). Ce médecin de La Rochefoucault avait collecté plus de 3 000 objets en provenance majoritairement d'Afrique mais également des autres continents, objets qui ont aujourd'hui intégré le musée. Ce notable charentais est un exemple remarquable – mais bien réel - de collectionneur qu'il serait tentant de rapprocher du personnage de fiction Alcide de Farcy. Leurs vastes collections ont en commun :

  • d'avoir été constituées sans que leurs propriétaires n'aient jamais voyagé. Celle du docteur Lhomme s'élevait à plus de 3 000 objets issus principalement d'Afrique, d'Océanie et dans une moindre part des autres continents.
  • de disposer d'une faible documentation. Celle du docteur Lhomme a été dispersée et perdue rendant délicate l'analyse du contexte de collecte. Mais il est patent que le docteur Lhomme avait pour habitude de se rendre à Bordeaux pour « chiner » soit directement, soit en seconde main les objets de sa collection.
 

Le docteur Lhomme a développé son musée privé dès le dernier quart du XIXe siècle jusqu'à sa mort en 1934. Si le contexte de collecte est méconnu, le musée d'Angoulême possède des photographies rares montrant la maison du docteur Lhomme entièrement décorée de ses nombreux objets. La collection de ce qui aurait pu être des exotica d'un cabinet de curiosités des siècles précédents est proposée dans une accumulation verticale typique de l'époque. Elle s'inspire ouvertement de l'aménagement du musée du Trocadéro à Paris dont le docteur Lhomme connaissait le conservateur.

Malgré une surcharge qui est maintenant datée, le regroupement des œuvres est effectué de manière méthodique ; les objets sont inventoriés principalement selon leur provenance culturelle. Le docteur Lhomme, sans avoir voyagé, a su s'entourer de personnes compétentes et a développé de réelles connaissances doublées d'un goût très sûr dans le choix de ses acquisitions.

Soucieux de laisser une trace de sa collection aux générations futures, le docteur Lhomme l'a donc légué au musée d'Angoulême.

Le musée d'Angoulème : reconstitution scènographique du bureau du dr Lhomme Le musée d'Angoulème : reconstitution scènographique du bureau du dr Lhomme Le musée d'Angoulème : reconstitution scènographique du bureau du dr Lhomme Vue prise au musée en 2008 Notice de cette photo dans un nouvel onglet  
Le musée d'Angoulème : reconstitution scènographique du bureau du dr Lhomme Le musée d'Angoulème : reconstitution scènographique du bureau du dr Lhomme Le musée d'Angoulème : reconstitution scènographique du bureau du dr Lhomme Vue prise au musée en 2008 Notice de cette photo dans un nouvel onglet  

Lors de la complète rénovation du musée dans les années 2 000, l'équipe scientifique a souhaité, à son tour, mettre en avant l'origine des collections en évoquant, dans un espace scénographique spécifique, l'esprit du musée privé du docteur Lhomme et notamment ses collections asiatiques non présentées par ailleurs. Les murs, à l'image de ceux de sa maison, sont littéralement recouverts des armes blanches exotiques collectés par le médecin : une manière de montrer l'évolution du regard porté sur ce type de collection.