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S'armer pour la guerre

Une innovation : le fusil-mitrailleur C.S.R.G. 1915

Depuis la première décennie du XXe siècle, la manufacture d'armes de Châtellerault produit des armes automatiques dont la mitrailleuse modèle 1907. Elle en fabrique un grand nombre pendant la Grande Guerre dont, à partir de 1916, la grande innovation française en matière d'armement d'infanterie née d'un marché entre l'état et la société française des Cycles Clément et Gladiator.

En effet, pour répondre à la demande des militaires qui souhaitent disposer d'une arme automatique légère, deux ingénieurs de l'Atelier de Puteaux, Chauchat et Sutter, proposent une nouvelle arme, le fusil-mitrailleur modèle 1915 dit FM C. S. R. G. (du nom des ingénieurs qui l'ont conçu : Chauchat, Sutter et Ribeyrolles et la firme Gladiator) ou plus simplement Chauchat, première arme automatique française qui peut tirer 20 cartouches de type Lebel avec un seul chargeur.

Le canon provient de tubes de fusils « Lebel » déformés à l'avant : 150 par jour sont produits à la Manu. Le bâti est constitué de deux flasques métalliques assemblées par des vis et des écrous à ergots. Il supporte la crosse triangulaire en bois, la poignée pistolet, la poignée de maintien, le mécanisme de mise à feu et le chargeur demi-lune de 20 cartouches. Les organes de visée sont désaxés du côté gauche, ce qui interdit l'usage de l'arme par un gaucher.
D'un poids de 9,5 kg, le fusil-mitrailleur peut être emporté et servi par un seul homme. Cependant son emploi au cours du conflit, a démontré sa mauvaise adaptation aux dures conditions d'utilisation des tranchées. Les incidents de tir sont nombreux, le bipied non verrouillable exaspère les combattants et la boue du champ de bataille pénètre à l'intérieur du mécanisme par la fenêtre d'une des flasques du chargeur.
Le fusil-mitrailleur Chauchat est fabriqué à plus de 35 000 exemplaires dont 19 000 exemplaires livrés aux troupes américaines à leur arrivée en France en 1917.

Après la guerre la Manu se spécialise dans les armes automatiques.

MA P'TIT MIMI

C'est également Théodore Botrel qui aurait glorifié une autre arme très meurtrière, la mitrailleuse, en écrivant des paroles guerrières sur l'air de La Petite Tonkinoise, un grand succès des comiques troupiers.
Dans Ma p'tit Mimi, le célèbre "ma tonkiki, ma tonkiki, ma Tonkinoise" est remplacé par "tatatata, tatatata, tatatatère", le bruit de la mitrailleuse qui, à ses oreilles, est "comme un z'oiseau qui chante " :

Quand ell' chante à sa manière,
Tatatata tatatata tatatatère,
Ah ! que son refrain m'enchante,
C'est comme un z'oiseau qui chante.
Je l'appell' la Glorieuse,
Ma p'tit Mimi, ma p'tit Mimi ma mitrailleuse,
Rosalie m'fait les doux yeux
Mais c'est ell' que j'aim' le mieux.