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S'armer pour la guerre

Les armes du système Lebel et Berthier

Dès 1893, la culasse mobile du fusil « Lebel » reçoit une modification avec l'adjonction d'un tampon-masque d'où l'appellation fusil modèle 1886 M. 93. Les modèles 1886 non modifiés sont extrêmement rares. Dans l'imaginaire lié à la Grande Guerre, les deux modèles 1886 et 1886 M. 93 sont assimilés dans une même ferveur nationale.

Toutefois la production de ces deux modèles est stoppée dès 1904, seules leur précision et leurs performances leur évitent le déclassement. En août 1914, près de 3 millions d'exemplaires sont en service.

Ces armes sont remplacées dans la production par celles équipées du système Berthier qui consiste en l'adoption d'un magasin de type Mannlicher (clip de trois cartouches). Les nouvelles armes sont plus rapides à approvisionner : un seul geste suffit pour les charger.
Cette invention est l'œuvre de Berthier, chef de bureau à la Compagnie Algérienne des chemins de fer de Bône - Guelma. Elle équipe notamment :
• la carabine de cavalerie modèle 1890 ;

• la carabine de cuirassiers (de vie très éphémère) ;

• le mousqueton modèle 1892 destiné à la cavalerie, au génie et aux chasseurs mais qui équipe également l'infanterie notamment les servants de mitrailleuses ainsi que certains musiciens tels les clairons ;

• le fusil modèle 1902 dit « de tirailleur indochinois » ;

• le fusil modèle 1907 dit « de tirailleur sénégalais ou colonial » réalisé au profit des troupes africaines.

Comme le Lebel, ces armes sont de calibre 8 mm et elles utilisent les mêmes cartouches qui, avec cette invention, sont livrées sous forme de paquets ou « chargeurs » de trois cartouches réunies par un magasin en tôle mince, éjecté de l'arme après l'introduction de la dernière cartouche dans la chambre.
Mais, contrairement au Lebel, le fusil 1907 est composé d'une monture en bois d'un seul tenant, en noyer tout d'abord, puis en hêtre.