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S'armer pour la guerre

Le poignard de tranchée Coutrot

Ce nouveau type d'arme, plus adapté au combat au corps à corps car moins long que les baïonnettes, est apparu de manière artisanale dans les tranchées.

Afin de répondre à ce besoin en donnant une arme réglementaire aux soldats, le lieutenant-colonel Coutrot, qui préside la commission de réception des mitrailleuses à la manufacture d'armes de Châtellerault, conçoit plusieurs modèles de poignards de tranchée utilisant pour les premiers les rebuts de sabres ou de baïonnettes fournis gratuitement par la Manu. La production en est confiée à deux coutelleries du bassin châtelleraudais sur la commune de Naintré, Chéron Vogt et Cie à Chézelles et Georges Pagé à Domine. Les gaines en cuir sont fabriquées par Jouteau-Richard, marchand de cuir-gainier sis 9 boulevard Victor Hugo à Châtellerault.

Fin 1915, une commande de 100 000 poignards modèle n° 6, la plus importante, est passée aux deux coutelleries : 55 000 à Chéron Vogt et Cie et 45 000 à Georges Pagé. Pour produire ces poignards en acier à couteau et à double tranchant, la Manu fournit l'acier carré de 12 mm et des chutes d'acier carré de 15 mm et 65 ouvriers spécialisés sont rappelés du front. 7 200 à 7 500 poignards sont fabriqués par semaine.

La production de ces poignards est stoppée par l'adoption d'un nouveau modèle réglementaire, le « Vengeur » de Thiers en 1916.