Alfons Mucha : le calendrier de 1894 pour les encres Lorilleux

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Né en 1860 à Ivanćice en Moravie (actuelle République Tchèque), Alfons Mucha débute sa carrière en tant que décorateur de théâtre à Vienne.
En 1885, il entre à l'Académie de Munich. Après deux années d'études, Alfons part à Paris et s’inscrit à l'Académie Julian où il côtoie les Nabis : Sérusier, Bonnard...
Après un passage par l'Académie Coralossi, il connaît quelques années difficiles au cours desquelles son travail lui permet à peine de subvenir à ses besoins. Mais en cette fin de siècle où triomphent l'industrie et le commerce, à l'heure où l'art s'affiche dans la rue, Mucha va se révéler en tant qu'illustrateur et affichiste de génie mais également en tant que calligraphe et ornementiste. Son talent s'exercera sur de nombreux catalogues, calendriers, publications et affiches...
La commande de la maison Lorilleux (1893) marque le début de l'éclatante carrière d'illustrateur d'Alfons Mucha. En 1894, il réalise un premier projet d’affiche pour un spectacle de Sarah Bernhardt ; séduite, la tragédienne signera avec lui un contrat de six ans.
Il devient alors un artiste international, son œuvre est l'incarnation de l'Art Nouveau. Il travaille pour l'imprimerie Lemercier et pour la célèbre imprimerie Champenois avec laquelle il réalise menus, affiches, cartes postales... mais aussi des panneaux décoratifs pour la maison, des tirages de luxe sur papier et sur soie d'affiches destinés aux collectionneurs. Il dessine également des bijoux. Nombre de marques célèbres ont fait appel à ses talents d'illustrateur : la marque JOB (papier à cigarettes), les biscuits Lefèvre-Utile, les cycles Perfecta, le champagne Moët & Chandon, etc.. Au début du XXe siècle il change d’activités, retourne vers la peinture et séjourne aux États-Unis. Il travaille pour les riches familles américaines et pour l'église catholique.

Les calendriers dans l'art de Mucha servent à promouvoir les articles utilitaires de l'époque comme c'est présentement le cas en ce qui concerne l'entreprise des encres d'imprimerie Lorilleux.
Alfons Mucha a la volonté de montrer que cette entreprise reprend les préceptes de ses ancêtres et qu'elle évolue au sein de l'ère du progrès qui a tant marqué le XIXe siècle français. Ce n'est pas le seul calendrier que Mucha va réaliser durant sa carrière, en 1897 il crée un calendrier en quatre panneaux pour le chocolat Masson.
Comme dans un grand nombre de ses affiches et de panneaux décoratifs, nous retrouvons des motifs et des éléments stylistiques d'époques les plus variées, comme par exemple la présence de colonnes doriques, (architecture grecque), de drapés, ou encore de couronnes, (époque romaine). Les compositions sont envahies d'éléments floraux et botaniques. La particularité de cette œuvre est qu'elle comprend les signes du zodiaque. Ces derniers ont toujours attiré Alfons Mucha qui s'est longuement intéressé à l'astrologie, comme l'atteste une œuvre qu’il a réalisée pour la revue parisienne “La Plume” en 1896. Là aussi, ils apparaissent dans des médaillons.
Dans les œuvres de Mucha, l'allégorie de la femme et le progrès sont les dénominateurs communs que nous retrouvons exprimés dans le calendrier réalisé pour Lorilleux.

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