histoire de la carte postale

Charles Collas et Cie : une histoire de la carte postale à Cognac
Les débuts


Cognac occupe une place privilégiée dans l'histoire de la carte postale.

Charles Collas (Suresnes, 1866 - Paris, 1947) s'installe à Cognac à la fin du XIXe siècle où il ouvre une librairie-imprimerie dans la rue Neuve Saint-Martin, au centre de Cognac. (A Cognac, en 1883,on recense quatre imprimeurs-lithographes qui emploient 21 ouvriers.).

Il commence à produire des cartes postales dès 1894 ; il s'agit de vues de Royan et de Cognac. Si les débuts sont difficiles, les progrès techniques lui permettent de produire des images de qualité. Grâce aux cartes fantaisies, le succès devient vite considérable : Nos chéries (première série commercialisée), Bébé artiste, Bébé clown, suivies d'autres séries : Frimousses, Nouvelles frimousses, Toujours des Frimousses… et bien d'autres séries de cartes encore, très prisées des collectionneurs.

La notoriété

Charles Collas est rapidement considéré comme l'un des maîtres de la carte illustrée de fantaisie. On s'arrache ces cartes postales dans de nombreux pays !

En effet, Charles Collas fait partie de ces précurseurs qui voient tout de suite dans la carte postale un fabuleux moyen de communication. " On trouve, et ceci est une preuve de l'importance de cette industrie, des centres de cartes illustrées en France : Nancy, Cognac, Lyon, c'est dans ces trois villes, Mecques des fervents de cette religion nouvelle que se créent les deux tiers de la production française " (Le Figaro illustré, n°175, octobre 1904, plusieurs cartes éditées par Collas sont reproduites dans ce numéro).

Collas s'exprime ainsi en 1904 : La carte illustrée est actuellement en pleine vie, elle a encore une longue carrière à parcourir, d'autant plus longue qu'on s'attachera à suivre le goût des collectionneurs, à choisir des sujets dignes d'immortaliser la reine du jour. Ce qu'il faut éviter, ce sont les banalités et les niaiseries, dont la clientèle va diminuant ; la victoire restera aux impressions artistiques qui se perfectionnent chaque jour, et dont les prix sont toujours plus réduits. Ce qu'il faut aussi c'est, quel que soit le succès d'une série, que les éditeurs n'en fassent pas indéfiniment des tirages, afin qu'elle acquière de la valeur par le nombre restreint de ses exemplaires et l'épuisement assuré.

En tant qu'éditeur, il imprimera un certain nombre d'ouvrages (Excursions à travers le vignoble charentais en 1899, Richemont et l'Antenne en 1902...).

Collas pratique la photographie, et il participe à des concours au Photo-club de Paris.

L'entreprise.

Une comporte La mention Ch. Collas, Phot. Edit, Cognac figure sur une carte postée en 1898 et l'on voit apparaître la mention Ch. Collas & Cie, Cognac dès 1900. Collas est alors associé avec Charles Durand de Cognac.

La société en commandite simple formée entre Charles Collas et Charles Durand est dissoute en 1913. Le fonds de commerce est revendu à Etienne Brocheriou, marchand de papier de Bordeaux ; le fonds comprend clientèle et achalandage, machines, outillage, appareils de photographie et tout le matériel servant à son exploitation, les marques commerciales et les créances commerciales.

En novembre de la même année, Collas s'associe avec Frédéric Gonzalès de Châteaubernard (en tant que gérants responsables et associés en nom collectif). La société en commandite simple Établissements Charles Collas & Cie est née. (Tous ces actes sont passés chez maître Constant, notaire à Cognac.)

L'entreprise de Collas prospère rapidement : en 1902, elle était installée place de la sous-préfecture ; quelques années plus tard, un important site de production est ouvert au numéro 100 de la route de Pons, dans le quartier Saint-Martin, face à la place de la Croix Saint-Martin.

Précurseur toujours, il appose sur ses cartes un logotype dont la notoriété est considérable : un trèfle à trois feuilles comportant les initiales CC & CC (Charles Collas & Compagnie, Cognac), la marque au trèfle est née.

Le Café du trèfle ouvert 98 rue de Pons fait très probablement référence à la marque de Collas.
L'entreprise de Charles Collas peut apparaître au niveau national comme l'une des plus importantes dans l'édition de cartes au début du siècle.

Sa production est régionale et couvre une grande partie des Charentes.

Sur Cognac uniquement, on lui connaît des dizaines de séries de cartes.

Imprimeur de renom, il produit également pour d'autres éditeurs : des cartes des Nouvelles Galeries, par exemple, sont directement imprimées chez Collas.

En 1914, l'entreprise de Collas emploie 150 personnes.

L'imprimerie à Cognac

Le secteur de l'imprimerie est dynamique à Cognac et se développe à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Il faut dire qu'à Cognac, le marché est dopé par la demande des négociants en cognac, qui font fabriquer leurs étiquettes de bouteille et le secteur occupera alors plusieurs centaines d'employés.

L'industrie papetière est florissante à Angoulême où papeterie et imprimerie font bon ménage.
En 1904, le Bulletin de l'Office du Travail nous indique que chez les typographes de Cognac, il n'y a pas de chômage et on travaille 60 heures par semaine.

Chaque année, les ouvriers typographes et lithographes donnent une grande fête avec bal et banquet.

La première fête des travailleurs du livre de Cognac avait été organisée en 1903, sous la présidence d'honneur de Charles Durand de la maison Collas et Cie.

Cognac en cartes postales anciennes
aspects techniques
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