Un regard, une œuvre

Cérès ou l'Allégorie de la terre

Sommaire
L'arrière plan en HD
 

Composition du tableau

"Cérès ou l'Allégorie de la Terre" "Cérès ou l'Allégorie de la Terre" par Jan Brueghel de Velours et Hendrick von Balden l'Ancien
huile sur bois - H. 59 ; L. 99,5 - Début XVIIe siècle - Collection du musée de L'Échevinage à Saintes.
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Le tableau sans mise en évidence Premier plan du tableau : nature morte et animaux Deuxième plan du tableau : Cérès, les autres personnages centraux et les frondaisons Troisième plan, les paysages dans le lontain : la ville et les scènes champêtres

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Le tableau est structuré par une rangée de trois arbres dont les hautes branches se rejoignent. Cette armature végétale fonctionne comme une architecture et sert d'appui au sujet central de l'allégorie.

Le premier plan est établi par le tapis de végétaux et petits animaux, le deuxième plan par les frondaisons et, en son centre, Cérès entourée de personnages.

De part et d'autres de la scène principale, deux trouées entre les arbres laissent apercevoir des paysages lointains ; ils constituent le troisième plan qui se décompose lui-même en plans intermédiaires :

 
Détail de l'arrière plan de gauche : la ville Détail de l'arrière plan de gauche : la ville Détail de l'arrière plan de gauche : la ville

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Détail de l'arrière plan de droite : scènes champêtres Détail de l'arrière plan de droite : scènes champêtres Détail de l'arrière plan de droite : scènes champêtres

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L'utilisation de la perspective, le système coloré et les différences d'échelle donnent au tableau une grande profondeur de champ, mais avec un fort contraste entre les deux premiers plans et le troisième. Jan Brueghel a utilisé à plusieurs reprises ce type de composition, notamment dans ses autres versions de Cérès et dans certaines peintures du Paradis terrestre (musée du Louvre), ou L'entrée dans l'Arche (musée des Beaux-Arts de Pau [base Joconde]).

Les végétaux et les animaux, qui forment comme un gros plan rapproché, sont exécutés avec un grand luxe de détails et un réalisme méticuleux, digne du miniaturiste de talent qu'était Jan Brueghel. Cette accumulation compose un tapis luxuriant, richement coloré. On peut observer, en scrutant bien car certains sont difficilement visibles à l'œil nu, divers légumes et fruits, des fleurs et des végétaux, des insectes et des petits animaux.

Détail du premier plan : composition végétale et cochon d'inde Détail du premier plan : composition végétale et cochon d'inde Détail du premier plan : composition végétale et cochon d'inde

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Détail du premier plan : végétation, libellule et papillon Détail du premier plan : végétation, libellule et papillon Détail du premier plan : végétation, libellule et papillon

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Détail du premier plan : fleurs et lapin Détail du premier plan : fleurs et lapin Détail du premier plan : fleurs et lapin

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Détail du premier plan : fleurs, escargot, criquet et chenille Détail du premier plan : fleurs, escargot, criquet et chenille Détail du premier plan : fleurs, escargot, criquet et chenille

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Détail du premier plan : singes et légumes Détail du premier plan : singes et légumes Détail du premier plan : singes et légumes

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Au deuxième plan un groupe de personnages figure le sujet central. Une jeune femme au corps voluptueux, les cheveux blonds dénoués sur les épaules, incarne la déesse Cérès. Elle est simplement drapée d'un manteau rouge et couronnée d'épis de blé et de bleuets ; elle tient dans sa main une corne d'abondance garnie de fruits, de fleurs et de feuillages.

À ses pieds, un homme assis sur un manteau grenat et couronné de feuilles de chêne porte une gerbe de blé ; un putto offre à Cérès un pampre tandis qu'un autre serre son manteau et lui présente un petit bouquet de fleurs (jacinthes, anémones) ; enfin debout et un peu en retrait, un satyre ou faune porte à bout de bras une couronne de branches d'églantier et de pommier avec les fruits, près de lui un bouc. Cette scène appuyée à l'arbre du milieu est le cœur du sujet, elle occupe pourtant une petite place dans l'ensemble du tableau qui célèbre avant tout la nature.

Détail du centre du tableau : l'homme de dos tenant des gerbes de blé Détail du centre du tableau : l'homme de dos tenant des gerbes de blé Détail du centre du tableau : l'homme de dos tenant des gerbes de blé

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Détail du centre du tableau : Cérès entre un putti et un satyre Détail du centre du tableau : Cérès entre un putti et un satyre Détail du centre du tableau : Cérès entre un putti et un satyre

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Détail du centre du tableau : le satyre et un autre putti Détail du centre du tableau : le satyre et un autre putti Détail du centre du tableau : le satyre et un autre putti

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Jan Brueghel utilise une certaine symétrie dans la composition : les lignes de force sont d'abord un croisement de lignes verticales avec les trois troncs d'arbres et d'horizontales formées par la limite du tapis végétal au niveau du groupe des personnages et une autre dans le paysage du troisième plan. Ces lignes sont adoucies par les courbes nées de l'arrondi des branches qui se rejoignent, organisant les trouées dans lesquelles on aperçoit le paysage. Pour atténuer la rigidité de la symétrie, le peintre a conçu une trouée plus large que l'autre et légèrement décentré le groupe de personnages.

La tonalité du tableau s'organise à partir de valeurs chromatiques sombres avec des  bruns, qui s'opposent aux valeurs lumineuses vertes et bleues du paysage lointain. Les bruns nuancés par des ocres et des verts foncés sont réchauffés par le manteau rouge de Cérès et les couleurs chatoyantes des fleurs et des fruits. Les paysages lointains sont peints dans des couleurs de plus en plus claires en utilisant le procédé du sfumato pour accentuer la profondeur et créer l'effet de lointain. L'ensemble du tableau est illuminé par le corps blanc laiteux de Cérès, ceux plus roses des Putti et celui ocre clair de l'homme assis, mettant ainsi mieux en évidence la scène centrale.

Le glacis qui recouvre le premier plan donne à la surface du tableau un aspect émaillé, il augmente l'intensité des couleurs, renforce l'opposition tonale, accentuant ainsi l'effet de profondeur.

"Cérès ou l'Allégorie de la Terre" "Cérès ou l'Allégorie de la Terre" par Jan Brueghel de Velours et Hendrick von Balden l'Ancien
huile sur bois - H. 59 ; L. 99,5 - Début XVIIe siècle - Collection du musée de L'Échevinage à Saintes.
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Le tableau sans mise en évidence Dominante de rouge et de brun Dominante de jaune et de vert Dominante de cyan et de bleu

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