Un regard, une œuvre

Cérès ou l'Allégorie de la terre

Sommaire
L'arrière plan en HD
 

Contexte historique

Au début du XVIIe siècle, les Pays-Bas sortent divisés d'une guerre avec l'Espagne. Les provinces du Nord, à majorité protestante, vont former les Provinces Unies et n'auront leur indépendance définitive qu'en 1648. Les provinces du Sud, dont fait partie la Flandre, restent sous la domination de l'Espagne ; la contre-réforme catholique s'y appliquera avec rigueur, malgré l'éloignement géographique des souverains espagnols.

Cependant, Anvers, où vivent Jan Brueghel et Henrick Van Balen, reste un îlot où règne une plus grande ouverture. Au XVIe siècle c'est le plus grand port d'Europe. Carrefour de tous les continents, plaque tournante entre l'Orient, l'Occident et le Nouveau Monde, il s'y échange notamment les draps anglais, les épices transitant par le Portugal et divers produits d'Allemagne. Cette activité marchande attire une population cosmopolite très ouverte et amatrice d'art, favorisant le brassage des idées humanistes.

"Voyageurs passant dans une montagne" attribué à Joos de Momper "Voyageurs passant dans une montagne" attribué à Joos de Momper

Huile sur bois
1ière moitié du XVIIe siècle
Collections du musée Sainte-Croix de Poitiers

Fiche de cette œuvre
 
"Paysans jouant aux quilles", attribué à David Téniers II, école d'Anvers "Paysans jouant aux quilles", attribué à David Téniers II, école d'Anvers

Huile sur toile
XVIIe siècle
Collections du musée Sainte-Croix de Poitiers

Fiche de cette œuvre
 
 

La ville va cependant payer un lourd tribut à la guerre de religion ; en 1576 elle est mise à sac par les Espagnols. Elle s'en relève, mais au XVIIe siècle, les Habsbourg interdisent le commerce sur l'Escaut, condamnant le port d'Anvers au profit de Bruges ou d'Amsterdam. L'économie périclite et la démographie s'en ressent, la population descend à 40 000 habitants. Anvers reste néanmoins un foyer culturel de première importance, avec des éditeurs, des graveurs et de très nombreux peintres dont les chefs de file sont : Rubens, Van Dyck et Jordaens.

"Choc de cavalerie", Pieter Potter "Choc de cavalerie", Pieter Potter

École haarlémoise
Huile sur bois
1641
Collections du musée Sainte-Croix de Poitiers

Fiche de cette œuvre
 
"L'incendie de Sodome", attribué à Pieter Schoubroeck "L'incendie de Sodome", attribué à Pieter Schoubroeck

L'illustration d'un incendie de ville par un peintre contemporain de la mise à sac d'Anvers
Huile sur bois
Fin XVIe, début XVIIe siècle
Collections du musée Sainte-Croix de Poitiers

Fiche de cette œuvre
 
 

L'Église met en place la Contre-Réforme pour inciter les fidèles à retrouver la ferveur religieuse, elle encourage l'exaltation mystique, l'expression passionnée de l'amour de  Dieu. Pour frapper les esprits, elle met en scène la religion et pour cela elle favorise la création d'images, passe des commandes et soutient notamment l'art baroque qui devient un instrument de la Contre-Réforme. Rubens a rencontré ce courant pictural en Italie, il l'introduit en Flandres et entraîne les autres peintres à travailler selon l'esprit de ce style nouveau.

"L'hiver" par Marten Van Valkenborch "L'hiver" par Marten Van Valkenborch

Huile sur bois
Fin XVIe, début XVIIe siècle
Collections du musée Sainte-Croix de Poitiers

Fiche de cette œuvre
 
"Lycaon changé en loup" par Pierre Paul Rubens "Lycaon changé en loup" par Pierre Paul Rubens

Huile sur bois
Entre 1636 et 1638
Collections des musées d'Art et d'Histoire de Rochefort

Vers la fiche de cette œuvre
 
 

La peinture baroque reste un art essentiellement religieux, mais l'Église ne récuse pas la mythologie ou les scènes de genre qui offrent la possibilité aux artistes de créer des images profanes pour de nouveaux commanditaires. À Anvers en particulier, la clientèle commerçante, bourgeoise ou noble développe des collections d'art à côté des cabinets de curiosités. Elle permet aux artistes de développer une peinture profane teintée de mythologie et tolérée par l'Église. L'image plus que l'écrit permet de contourner la censure, le symbolisme offre des interprétations à multiples sens, souvent peu lisibles par les censeurs catholiques, mais à la mesure d'une clientèle cultivée, nourrie d'humanisme. Les commanditaires fortunés font voyager les œuvres et par l'intermédiaire des graveurs et des éditeurs, les images gravées circulent dans toute l'Europe. Les artistes flamands reconnus rayonnent à l'étranger, ils reçoivent des commandes d'Italie : Jan Brueghel l'Ancien pour le cardinal Borroméo à Milan, d'Espagne : Rubens pour Philippe IV à Madrid. L'art baroque flamand avec le style puissant initié par Rubens devient une référence au XVIIe siècle.