Dinosaures

Des carrières au musée

Le projet scientifique

Une vingtaine de scientifiques issus des universités (Lyon 1, Paris 6, Rennes 1...), du CNRS et des musées (Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, Musée d'Angoulême, Musée des dinosaures d'Espéraza) composent le corps des chercheurs en charge de l'étude.
Ils associent leurs compétences complémentaires et visent à explorer toutes les facettes d'études de ce site : géologie, sédimentologie, paléontologie, micropaléontologie, taphonomie, palynologie, paléobotanique, études paléoenvironnementales etc...

La fouille réunit une quarantaine de participants mais n'est que la première étape, la plus spectaculaire peut-être, de l'étude scientifique qui se déroule ensuite dans les laboratoires de recherche et les musées. Elle prend en compte les macro-fossiles mais aussi les micro-restes issus d'un tamisage des sédiments.
La conservation exceptionnelle des fossiles dans un lit argileux permet de procéder à leur dégagement sur le terrain, de collecter les moindres fragments et de pouvoir relever leurs coordonnées spatiales tel qu'on le fait habituellement sur les sites archéologiques.

Extraire un os

Les fouilles consistent à extraire du sol avec le plus de soin possible, non seulement les os de dinosaures mais aussi toutes les informations qui pourront servir à leur étude.
Les os sont dégagés en partie de leur gangue argileuse de façon à ce qu'il soit possible de prendre leur position dans l'espace à l'aide d'une station à laser de géomètre et d'en dresser les plans. On leur attribue tout de suite un numéro d'inventaire qui est porté dans un cahier avec toutes les informations nécessaires: état de l'os, détermination anatomique (quel type d'os) et spécifique (à quelle espèce il appartient), taille.
Quand toutes les mesures ont été faites sur un os, il faut procéder à son extraction. S'il est petit et en bon état, il suffit de le mettre dans un sachet plastique avec son étiquette portant le numéro d'inventaire. Les os plus grands sont généralement morcelés et demandent des précautions pour les enlever. L'os est enveloppé d'un papier humide puis entouré de bandelettes trempées dans du plâtre liquide. Quand l'ensemble est consolidé, il ne reste qu'à prélever le bloc de plâtre contenant l'os et le transporter en toute sécurité au laboratoire pour délicatement le dégager de sa gangue, un travail qui peut prendre plusieurs semaines pour un seul os.
Les ossements de dinosaures géants peuvent créer des difficultés techniques particulières comme l'a montré, en juillet 2015, la découverte d'un sacrum de grand Sauropode, qui, emballé dans sa caisse de transport, pesait plus de 2 tonnes.

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La confrérie

L'association Paléocharente réunit des adhérents travaillant à l'étude et la mise en valeur du patrimoine paléontologique charentais et n'a pas la vocation d'une amicale du patrimoine. C'est pourquoi il a été créé parallèlement ce rassemblement ouvert à tous qui, sous le nom de Confrérie du Grand Sauropode fait fonction d'association des amis de la paléontologie charentaise.
Entièrement autofinancée par les participants, elle réunit 2 à 3 fois par an ses membres autour d'un banquet-conférence paléontologique tel qu'il en existait au XIXe siècle. Le succès a été immédiat et la confrérie compte déjà près de 150 membres.

Au delà de l'aspect folklorique de ce rassemblement, le succès de la Confrérie du Grand Sauropode est dû au lien social qu'elle crée autour de cette opération en rassemblant des participants de tous horizons, du carrier au paléontologue, du viticulteur à l'élu local.

Il est important que ces recherches ne soient pas le domaine réservé des scientifiques et des administratifs du patrimoine et qu'elles puissent intégrer, de différentes façons, la communauté charentaise dans son ensemble.

Le grand Sauropode en costume de cérénomie vu par Mazan. Le grand Sauropode en costume de cérénomie vu par Mazan.
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Les collections (5500 ossements numérotés et 45 000 fragments en 2015) sont données au musée d'année en année par les propriétaires (Conseil Départemental de la Charente, Mme F. Rodet et l'entreprise Audoin et Fils).

Les vestiges d'Angeac-Charente viennent compléter une autre collection de fossiles remarquables, à peu près contemporains, collectés dans les carrières de Cherves de Cognac.
À terme, le musée d'Angoulême va disposer d'une des plus belles séries paléontologiques de fossiles de vertébrés du Crétacé inférieur en Europe, tant en nombre, en diversité qu'en qualité de conservation et dont l'intérêt est décuplé par les études qui les accompagnent.
Par ailleurs, en plus de sa fonction de conservation, le musée d'Angoulême joue pleinement son rôle de valorisation des collections, facilité par l'engouement que provoque le monde des dinosaures.
Expositions, conférences, visites, ateliers pédagogiques, production de bandes dessinées, collaboration avec les producteurs de nouvelles technologies de l'image animée, liens avec les entreprises locales, etc. sont quelques-unes des déclinaisons en direction du public pour une opération qui doit encore durer une dizaine d'années.