Camille Claudel

Sept œuvres de Camille Claudel au Musée Sainte-Croix de Poitiers

Le fonds du Musée Sainte-Croix

Il est plus que légitime d'être surpris lorsque l'on apprend que les Musées de Poitiers exposent la deuxième plus importante collection publique d'œuvres de Camille Claudel – la 1ère étant celle détenue par le Musée Rodin à Paris.

La richesse inattendue de ce fonds de sculpture est le fruit d'un heureux hasard de départ, ensuite conforté par une politique d'achat éclairée et vigilante.

La salle d'exposition consacrée à Camille Claudel au musée Sainte-Croix de Poitiers. La salle d'exposition consacrée à Camille Claudel au musée Sainte-Croix de Poitiers.

Au début des années 1950, le collectionneur parisien André Brisson souhaite se dessaisir d'un ensemble de tableaux et de reproductions en bronze, réunies tout au long des 40 années précédentes. Sans descendance, il invoque la présence d'un lointain aïeul poitevin dans son arbre généalogique pour entrer en contact avec Marc Sandoz, conservateur du musée de Poitiers. Au terme de plusieurs années d'échanges et de tractations parfois délicates, les œuvres sont accueillies en juin 1953, dans le cadre d'une convention de bail, assortie d'un legs testamentaire.

La salle d'exposition consacrée à Camille Claudel au musée Sainte-Croix de Poitiers. La salle d'exposition consacrée à Camille Claudel au musée Sainte-Croix de Poitiers.

La collection comprend de nombreux tableaux (Vuillard, Bonnard, Boudin, Guigou, Lehmann, pour n'en citer que quelques-uns), ainsi que deux statuettes en bronze de Rodin, quelques Maillol, et trois œuvres de Camille Claudel : La Valse, L'Abandon, La Fortune. Pour constituer sa collection, André Brisson a vraisemblablement bénéficié des avis d'Eugène Blot, lui-même collectionneur, éditeur de bronzes, galeriste réputé, marchand d'art et fervent admirateur de Camille Claudel, dont il a soutenu la carrière, et à laquelle il a témoigné une fidèle amitié jusqu'à sa propre mort en 1938.
Ce premier noyau de collection Claudel a ensuite été renforcé par la mise en dépôt de La Niobide blessée en 1984, puis par les achats du marbre de Profonde Pensée, du chef-modèle à clavettes de cette œuvre, et enfin, en 2000, de la terre cuite de la Jeune femme aux yeux clos.