Grandes Plaines

La région des Grandes Plaines constitue la partie médiane de l'Amérique du Nord : une vaste bande de terre semi-aride bornée à l'ouest par les montagnes Rocheuses et à l’est par la région des Grands Lacs et le fleuve Mississippi. Elle est limitée au sud par le désert du Mexique et au nord par les terres subarctiques au-delà des provinces des « Prairies » canadiennes : l'Alberta, le Saskatchewan et le Manitoba.
Le paysage déploie à perte de vue une vaste savane sans forêts ni massifs rocheux. Anciennement sédentaires et agraires, les tribus qui peuplent cette région ont profondément modifié leur mode de vie avec l'introduction du cheval par les Espagnols au XVIIe siècle. Adoptant cette monture, les Amérindiens des Grandes Plaines deviennent chasseurs-cueilleurs et évoluent dans un mode de vie nomade principalement organisé autour de la chasse au bison. Ce dernier, vivant en immenses troupeaux, fournit viande mais aussi peau pour les vêtements et l'habitation (les tipis). Toutes les parties de l'animal sont utilisées, déclinées en objets, en récipients ou en armes...
Les Grandes Plaines sont le territoire d'un vaste groupe de langue siouane comprenant les « Sioux » (les photographies de Curtis issues du fonds du musée du Nouveau Monde traitent plus particulièrement des Sioux Tetons – ou Lakotas –, notamment les bandes des Oglalas et des Brûlés) et les Absarokes ou Crows.
Ces derniers sont les voisins des Cheyennes du Nord, proches du piémont des Rocheuses. Cheyennes et Sioux-Lakotas furent souvent en guerre contre les Crows.
De leur côté, au nord, dans et à la frontière de l'actuel Canada, les Sioux Nakotas ou Assiniboines ont souvent affronté les Piegans ou Blackfeet, leurs voisins, féroces ennemis de langue algonquine.
Les Indiens des Grandes Plaines partageaient un mode de vie faisant la part belle aux activités guerrières et spirituelles, comme le montrent les très nombreux portraits de guerriers de Curtis et les notices biographiques qui les accompagnent.
La bravoure favorisait grandement l’ascension sociale et la quête de vision obtenue dans la privation et la douleur rapprochait des Esprits et conférait des pouvoirs magiques (médecine).
Toutes ces Nations, d’expressions différentes, avaient néanmoins développé une langue des signes pour pouvoir communiquer entre elles, particulièrement lors de grands rassemblements (de fêtes, de cérémonies, de jeux) qui pouvaient voir plusieurs tribus représentées lors de ces pow wow.
Certaines danses, interdites par le gouvernement américain jusque dans les années 1970, étaient pratiquées lors de ces assemblées. On retiendra l'une d'entre-elles, la « danse du soleil » que Curtis évoqua dans certaines des photographies présentées ici et pour laquelle les danseurs procédaient à des mutilations et des privations devant les conduire à force de souffrances, de jeûne et de fatigue à des visions.
Les photos prises par Curtis proviennent des portfolios des volumes III, IV et VI respectivement réalisés en 1908, 1909 et 1911.

Carte de l'Ouest du continent américain présentant les quatres aires culturelles figurant dans la collection de photographies de E. S. Curtis Grandes Plaines Côte Nord-Ouest Plateau Sud-Ouest

Pour l'aire culturelle : Grandes Plaines

Les tribus et nations présentes dans les photogravures de la collection :
Absaroke (35)
Assiniboin (3)
Brûlé (5)
Cheyenne (8)
Oglala (16)
Piegan (24)
Sioux (10)
Teton Sioux (1)