Tonovigè - Havasupai Edward S. Curtis Tonovigè - Havasupai  (1907) Tonovigè - Havasupai Ce portrait fut réalisé en hiver, en pleine tempête de neige, alors qu'une partie des Havasupaï campaient dans le haut pays au-dessus de leur habitat du cañon. On peut voir les flocons de neige sur sa chevelure (E. S. Curtis)
Aire : Sud-Ouest  |  Tribu ou nation : Havasupaï
Année du dépôt de la photo : 1907  |  Volume II
Mots-clés :  portrait féminin cliché annoté
Accédez à la notice d'inventaire du musée
 
 

à propos de la photographie

Daguerréotype : procédé photographique mis au point par Louis Daguerre entre 1837 et 1839. Il est produit sur une plaque de cuivre photosensibilisée par le dépôt d’une fine couche d’iodure d’argent. Après un temps d’exposition à la lumière de plusieurs minutes (empêchant les prises de vue sur le vif), le développement doit intervenir rapidement à l’aide de mercure chauffé. Puis la plaque est fixée à l’aide de sel ou hyposulfite de soude et enfin lavée à l’eau distillée et séchée. On obtient ainsi une image unique sans négatif, sur la surface polie comme un miroir. 

Héliogravure : reproduction photomécanique, l’héliogravure est une eau-forte photographique dérivant des méthodes de la gravure en creux. Elle a été mise au point à partir des travaux de Niepce, dès 1822, puis de ceux de Talbot, de Baldus et de Charles Nègre. Son application commerciale date de 1880. […] Une plaque de cuivre recouverte de grains de résine et d’une couche de gélatine bichromatée est exposée à la lumière à travers un négatif, puis gravée. Des morsures par l’acide pénètrent la gélatine de façon sélective et procurent différentes profondeurs de creux sur la plaque. Les points de morsure les plus profonds, permettant un encrage épais, correspondent aux zones sombres de l’épreuve finale. Les points blancs de l’image sont obtenus par les grains de résine non attaqués par le mordant. L’impression est réalisée sur une presse en taille douce. D’une très bonne définition et permettant la reproduction d’une gamme continue de tons, l’héliogravure fut particulièrement appréciée par les pictorialistes (in L’art de la photographie, Citadelles, Mazenod). C’est cette reproduction sans effet de trame qui a également séduit Curtis tout comme le procédé global permettant de nombreuses interventions manuelles. Le revers de cette qualité fut le coût élevé de la réalisation.

Pictorialisme : le pictorialisme est considéré comme le premier grand mouvement artistique de la photographie. À partir de 1880, une succession d’améliorations techniques permet une plus grande diffusion de la pratique de ce médium adopté par de nombreux amateurs éclairés. Ces derniers s’opposent aux photographes professionnels et rapidement des intellectuels tels que P. H. Emerson en Angleterre, Heinrich Kühn en Allemagne ou Robert Demachy en France théorisent une démarche photographique affranchie de sa fonction strictement documentaire en rapprochant ce médium des autres arts graphiques. Privilégiant la ressemblance à la peinture et à l’eau-forte, ce courant préconise la multiplication des actions de retouche et d’intervention de la prise de vue jusqu’au tirage (flou, intervention physique ou chimique des surfaces pour créer des effets graphiques) pour les intégrer à la démarche artistique. Les sujets pictorialistes sont puisés dans les thématiques romantiques et symbolistes des courants artistiques du même nom, la composition dévoilée doit sous-tendre une pensée, une idée immatérielle propre à la vision de l’auteur. En vogue à partir de 1885, le pictorialisme accompagne le passage au siècle suivant pour décliner rapidement après la Première Guerre mondiale.

à propos des Amérindiens

Aire culturelle : région géographique où les différentes tribus entretiennent des modes de vie similaires. Les aires culturelles constituent un moyen de classification pour organiser les tribus. La collection des photogravures de Curtis conservée au musée du Nouveau Monde de La Rochelle regroupe des vues issues des aires des Grandes Plaines, du Sud-Ouest, du Plateau et de la côte Nord-Ouest.

Assimilation : politique menée par les Américains blancs, particulièrement entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, pour absorber des Indiens dans la société dominante et les contraindre à abandonner leur culture et leur mode de vie.

Bande : une subdivision ou sous-groupe d’une tribu indienne, généralement constituée par le regroupement d’une famille étendue vivant, voyageant et chassant ensemble. Historiquement, le terme « bande » était souvent utilisé lorsque qu’une partie d’une tribu se détachait du reste de la communauté pour adopter un autre chef et peupler d’autres territoires. Au Canada, différents groupes autogérés et pouvant partager la même ascendance sont parfois référencés comme des « bandes ». (voir aussi clan, tribu et Nation)

Calumet (Pipe sacrée, calumet de la paix) : il est principalement utilisé par les tribus des Plaines. Fumer la pipe a un sens particulier et sacré car la fumée s’élevant dans les airs rapproche du Grand-Esprit. L’emploi du calumet intervient lors de la plupart des cérémonies et ne se cantonne pas aux rassemblements en faveur de la paix. Son usage peut être intégré en tant que médecine pour soulager les douleurs.

A medecine-pipe - Piegan Edward S. Curtis A medecine-pipe - Piegan  (1910) A medecine-pipe - Piegan Les pipes de médecine des Piegan sont simplement de longs tuyaux décorés de façons variées avec des perles, de la peinture, des plumes et de la fourrure. La croyance veut que chacune d'elles ait une origine quasi surnaturelle. La pipe de médecine est habituellement dissimulée sous un tas d'enveloppes qui ne sont retirées que lorsque l'objet sacré doit être employé pour soigner des maladies, ou lorsqu'il est transmis d'un gardien à un autre en échange d'un bien quelconque. (E. S. Curtis)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Piegan
Année du dépôt de la photo : 1910  |  Volume VI
Mots-clés :  portrait masculin vie spirituelle coiffe, costume cliché annoté
Accédez à la notice d'inventaire du musée
 
 

Chaman (ou homme-médecine) : membre de la tribu perpétuant les traditions, les rituels et pouvant interpréter et provoquer les forces surnaturelles. Le chaman utilise ses pouvoirs pour provoquer les visions, soigner les malades ou infléchir favorablement le cours d’une chasse ou d’un conflit.

Ceremonial Bathing Edward S. Curtis Ceremonial Bathing  (1915) Ceremonial Bathing Il s'agit d'une femme chaman de la tribu clayoquot accroupie dans l'eau, elle se frotte le corps avec des brins de cigüe afin d'ôter toute trace de terre qui offenserait les pouvoirs surnaturels. Les ablutions rituelles des chaman s'apparentent beaucoup à celles des baleiniers et des autres chasseurs. (E. S. Curtis)
Aire : Côte Nord-Ouest  |  Tribu ou nation : Clayoquot
Année du dépôt de la photo : 1915  |  Volume XI
Mots-clés :  portrait féminin portrait en pied chaman vie spirituelle cliché annoté
Accédez à la notice d'inventaire du musée
 
 

Chasseur-Cueilleur : groupe nomade ou semi-sédentaire obtenant sa subsistance à l’aide de la chasse, de la pêche et de la cueillette de plantes sauvages sans recours à l’agriculture et à l’élevage.

Clan : groupe social à l’intérieur d’une tribu, constitué de plusieurs familles partageant une ascendance commune. (voir aussi bande, tribu et Nation)

Coup : principalement l’acte de toucher un ennemi lors d’une bataille à l’aide de la main ou d’un objet pour prouver sa bravoure. Les Indiens des Grandes Plaines employaient un bâton de coup (coup stick) dans certains cas et à la place d’armes. Ils comptaient les « coups » afin d’établir le mérite de chaque guerrier. Se dit aussi d’actes de bravoure au combat, comme la prise de guerre (chevaux et fusils) ou le fait de diriger un raid victorieux.

Danse du Soleil (Sun Dance) : l’une des cérémonies les plus connues des Indiens. Commune à la plupart des tribus des Plaines, il s’agit d’une célébration du soleil saluant le renouveau des forces de la nature. Elle intervient une fois l’an durant l’été. Elle comporte de nombreux rituels dont certains frappent l’esprit par les tortures et les privations que s’infligent leurs participants pour parvenir à des états de transe nécessaires à l’obtention de pardons ou de faveurs importantes.

The Sun Dancer Edward S. Curtis The Sun Dancer  (1907) The Sun Dancer Lorsqu'ils dansent, les exécutants ne quittent jamais l'emplacement sur lequel ils se trouvent, se contentant d'un léger bond en avant des orteils et du métatarse. Les jambes et le corps restent rigides. La paume de la main droite est toujours ouverte vers le soleil éclatant et les yeux sont fixés sur sa bordure inférieure. Le danseur concentre son esprit, son moi profond, sur la seule chose qu'il désire, qu'il s'agisse de l'obtention d'un puissant remède ou bien d'un succès dans le prochain conflit avec l'ennemi. (E. S. Curtis)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Sioux
Année du dépôt de la photo : 1907  |  Volume III
Mots-clés :  portrait en pied masculin vie spirituelle cliché annoté
Accédez à la notice d'inventaire du musée
 
 

Distribution des terres (Allotments et Dawes Act) : ensemble de lois et de politiques promulgué et mené par le gouvernement américain à partir du General Allotment Act de 1887 (ou Dawes Act), jusqu’en 1934. Cet ensemble visait le morcellement et la distribution des territoires indiens en parcelles redistribuées pour partie aux Indiens en tant qu’individus. Le but étant de stimuler l’assimilation des Indiens dans la société américaine. De nombreuses manipulations de ces lois ont été menées en défaveur des Indiens pour les priver de leurs droits et de leurs terres.

Mât totémique : poteau sculpté et peint pour figurer une série de figures et de symboles en relation avec les légendes et l’histoire des tribus de la côte Nord-Ouest.

Haida Slate Carvings Edward S. Curtis Haida Slate Carvings  (1915) Haida Slate Carvings Certains hommes haïda sont remarquablement habiles pour sculpter dans de l'ardoise tendre des totems miniatures. Une colonne telle que celles qui sont reproduites ici raconte simplement un mythe. (E. S. Curtis)
Aire : Côte Nord-Ouest  |  Tribu ou nation : Haïda
Année du dépôt de la photo : 1915  |  Volume XI
Mots-clés :  vie spirituelle cliché annoté
Accédez à la notice d'inventaire du musée
 
 

Nation : à l’origine, c’est le terme employé par les Français pour nommer les tribus du Québec. Ce terme a été appliqué par les Américains aux larges confédérations indiennes particulièrement dans le sud-est. « Nation » est souvent utilisé en synonyme du terme « tribu » mais il a la faveur des Amérindiens car il porte le concept de souveraineté. Au Canada, l’emploi de « Premières Nations » est aujourd’hui appliqué aux tribus indiennes. (voir aussi bande, clan et tribu)

Potlatch : cérémonie tribale faite de festins, de danses et de palabres durant laquelle des biens sont distribués pour affirmer sa richesse et son rang social. Elle constitue un élément important de la culture des Indiens de la côte Nord-Ouest.

Pow wow : un conseil ou un festival durant lequel les Indiens renforcent leur lien social autour d’échanges et de danses.

Quête de Vision : la recherche de visions ou de rêves prophétiques provoqués par les privations, l’exposition soutenue au soleil, la consommation de drogues hallucinogènes est un élément capital de la vie spirituelle indienne, notamment dans les tribus nomades des Plaines. Elle intervient surtout lors des rites de passage comme celui de l’enfance à la vie adulte.

Wet - Apsaroke Edward S. Curtis Wet - Apsaroke  (1908) Wet - Apsaroke Note : Né vers 1851. Déjà enfant, il montra une autorité naturelle qui l'imposa comme le chef parmi les autres garçons lors de jeux imitant les raids et les luttes des guerriers adultes. Il jeûna sur une petite colline avoisinante à la manière des adultes retirés dans les montagnes. À l'âge de seize ans, après avoir déjà guerroyé, son père, le chef de guerre Blown Down, lui confia sa médecine de l'étoile du Matin et l'envoya dans les montagnes pour réaliser son vrai jeûne. […] Parvenu sur les hauteurs des monts Bighorn et Pryor, il perçut la lueur de l'étoile du Matin sous l'apparence d'un chef de guerre qui lui expliqua les secrets de son sac à médecine. […] Il lui apparut vêtu d’une longue chemise de daim, il portait à ses épaules des queues de belettes et des scalps, des queues de renard étaient fixés aux talons de ses mocassins, preuve de sa grande bravoure au combat. L'Esprit s'adressa au jeune homme et lui dit : « mon enfant, tu seras tel que je suis ». Wet regagna la tente de son père et après les rites de purification dans la tente de sudation, il décrivit sa vision. […] Wet devint un grand chef de guerre dont les paroles furent toujours prises avec respect au sein des assemblées. Il compta deux coups et plusieurs coups secondaires, il prit aussi un fusil et un cheval à l'ennemi. Il « jeta » de nombreuses femmes en signe d'offrandes aux Esprits. (extrait du volume IV)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Absaroke
Année du dépôt de la photo : 1908  |  Volume IV
Mots-clés :  portrait masculin chef coiffe, costume cliché annoté
Accédez à la notice d'inventaire du musée
 
 

Réserve : une portion de territoire laissé par le gouvernement des États-Unis aux Indiens. À l’origine, les réserves pouvaient être assimilées à des camps de détention pour Indiens puisqu’il ne leur était par permis de les quitter. Aujourd’hui, les réserves sont la propriété des Indiens, sous protection du gouvernement, et les natifs sont libres de leurs mouvements.

Sac à médecine : un petit sac en cuir ou en toile, porté sur soi et regroupant un petit nombre d’éléments disparates constituant le support de pouvoirs et de protections sacrés.

Travois : sorte de traîneau utilisé pour les biens et les personnes et tirés par les chiens ou les chevaux. Il consiste en deux longs pieux de bois dont les extrémités sont soit réunies pour être accrochées à l’animal, soit laissées au contact du sol. Le déploiement en V des pieux permet la fixation de la charge et son élévation au dessus du sol.

Travaux - Piegan Edward S. Curtis Travaux - Piegan  (1900) Travaux - Piegan Dans la plupart des tribus des plaines, le travois était le véhicule universel pour transporter l'équipement du camp, mais on en voit rarement aujourd'hui. Avant l'acquisition des chevaux, une version plus petite du même dispositif était tirée par des chiens. Cette photo fut prise à l'occasion de la présentation des langues sacrées lors de la cérémonie de la hutte de médecine. (E. S. Curtis)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Piegan
Année du dépôt de la photo : 1900  |  Volume VI
Mots-clés :  paysage cavalier vie quotidienne cliché annoté
Accédez à la notice d'inventaire du musée
 
 

Tipi : structure conique construite avec des mâts (de nombre variable selon les tribus) sur lesquels étaient posées des peaux d’élans ou de bisons. Au sommet, des oreilles orientées en fonction du vent permettaient l’évacuation de la fumée.

Painted lodges - Piegan Edward S. Curtis Painted lodges - Piegan  (1900) Painted lodges - Piegan On trouve fréquemment des tipis ornés de peintures symboliques chez les Piegan. Parfois des événements de la vie du propriétaire sont représentés, particulièrement ceux de sa vie de guerrier, mais le plus souvent, comme ici, la peinture est conventionnelle et reproduit un tipi apparu au propriétaire au cours d'une vision. (E. S. Curtis)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Piegan
Année du dépôt de la photo : 1900  |  Volume VI
Mots-clés :  paysage habitat cliché annoté
Accédez à la notice d'inventaire du musée
 
 

Tribu : terme général employé pour de nombreuses sortes d’organisations sociales indiennes. Chaque tribu possède une langue, une histoire, une culture, un territoire communs à plusieurs bandes ou villages.
(voir aussi bande, clan et Nation)