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Portraits d'Amérindiens

 

Lorsque l'on parcourt l'ensemble de la collection, tout comme l'ensemble des portfolios de Curtis, on est frappé par la prédominance du portrait, le plus souvent cadré serré à la poitrine et qui domine en nombre les autres types de prises de vue : le paysage, la composition d'objets...

Lawyer - Nez percé Lawyer - Nez percé Le sujet de ce portrait est un membre de la famille de ce Lawyer qui joua un rôle important dans les affaires des Nez Percés au cours des années qui suivirent le traité de 1855. (E. S. Curtis)
Aire : Plateau  |  Tribu ou nation : Nez Percé
Année du dépôt de la photo : 1905  |  Volume VIII
Mots-clés :  portrait masculin coiffe, costume cliché annoté
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Fish shows - Apsaroke Fish shows - Apsaroke Note : Né en 1848 sur la rivière Shoshone au sud des montagnes Bighorn. Il ne s'est jamais engagé dans un jeûne cérémonial, bien qu'il l’eût souhaité, son père l'en a empêché en disant « j'ai donné beaucoup de biens à mon clan, cela fera de toi un homme ». À l'âge de 16 ans, il partit pour la première fois à la guerre, sous les ordres du célèbre Red Bear et tua un Sioux sur la rivière Little Missouri. Il fut quarante fois sur le sentier de la guerre mais son seul honneur fut la capture de trois fusils. (extrait du volume IV)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Absaroke
Année du dépôt de la photo : 1908  |  Volume IV
Mots-clés :  portrait masculin coiffe, costume cliché annoté
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Bread - Apsaroke Bread - Apsaroke Note : Portrait de face d'un chef indien de la tribu Absaroke, il porte sa coiffe de plumes sur la tête. Né en 1863. Première expérience de la guerre, sous les ordres de Young Wolf Calf, quand l'équipée a capturé une centaine de chevaux aux Piegans. Lors d'une autre occasion, sous le commandement de Wet, il captura seul un cheval appartenant aux Yanktonais. Il fut marié cinq fois, « jeta dehors » les quatre premières femmes. Il fut le père d'un seul enfant. Il n'a jamais jeûné ni obtenu d'honneur particulier. (extrait du volume IV)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Absaroke
Année du dépôt de la photo : 1908  |  Volume IV
Mots-clés :  portrait masculin chef coiffe, costume cliché annoté
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Red Wing - Apsaroke Red Wing - Apsaroke Note : Portrait d'un guerrier Absaroke, il porte des colliers en perles et un vêtement d'où pendent de nombreuses queues de belettes. Sur son visage on distingue des peintures de guerre. Né en 1858. N'obtenant aucune médecine par le jeûne, il s'en procura une, faite de grues et de hibou, et conduisit un raid à la victoire avec. Il prit deux fusils durant la bataille. Il fut engagé comme éclaireur contre des cavaliers sioux. [...] Lorsque ces derniers se rendirent, il salua l'un d'entre eux par une poignée de main et déclara un coup puisqu'ayant été le premier à toucher l'ennemi. Une interprétation stricte des règles valida cet honneur. (extrait du volume IV)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Absaroke
Année du dépôt de la photo : 1908  |  Volume IV
Mots-clés :  portrait masculin guerrier coiffe, costume cliché annoté
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« … Les portraits devraient être faits selon les meilleures méthodes modernes et d'une taille suffisante pour que le visage puisse être étudié comme la chair même de l'Indien. » (E. S. Curtis)

Dusty Dress - Kalispel Edward S. Curtis Dusty Dress - Kalispel  (1910) Dusty Dress - Kalispel Cette jeune fille Kalispel, Skohlpa, est vêtue d'une robe ornée de coquillages imitant les bois des wapitis. Les tresses de cheveux sont nouées avec des lanières de fourrure de loutre, et une peau de belette pend au bout de chacune d'elles. Les bandes blanches sur les cheveux sont réalisées avec de l'argile. (E. S. Curtis)
Aire : Plateau  |  Tribu ou nation : Kalispel
Année du dépôt de la photo : 1910  |  Volume VII
Mots-clés :  portrait féminin coiffe, costume cliché annoté
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Chez Curtis, le portrait semble révéler plusieurs intentions. La capture face/profil d'un même visage, la photo anthropométrique, est régulièrement utilisée sans être systématique, une manière pour Curtis de se conformer à une approche ethnographique en vigueur à l'époque. La majorité des portraits, ceux cadrés à mi-corps, présente hommes, femmes et enfants – en majorité des hommes, des guerriers – immortalisés le plus souvent dans les costumes et les coiffes révélatrices de leur appartenance et de leur rang. L'expression est généralement posée, calme et digne. Ce calme et cette apparente sagesse ne sont contrebalancés que dans les quelques notices biographiques que l'on retrouve dans les volumes et qui se focalisent sur les actes de guerre et la quête spirituelle des hommes photographiés.

 

Dans certains portraits « d'anciens », par les effets de lumière en clair obscur et les poses au regard baissé, Curtis recherche manifestement l'effet psychologique au moins teinté de nostalgie sinon de tristesse ou de résignation. Ces portraits serrés (parfois cadrant le visage) ne laissent pas de place à l'environnement. Nombre d'entre eux étaient réalisés sous tente dans des conditions de studio mobile.

Red Cloud - Oglala Red Cloud - Oglala Note : Portrait élégiaque de Red Cloud chef des Lakotas Oglalas. Il participa à son premier raid à l'âge de 15 ans où il tua huit Pawnees. Il prit deux scalps et tira sur un homme. À 17 ans, il tua à nouveau huit autres Pawnees. Durant sa vie de guerrier, il tua aussi deux Shoshonis et dix Absarokes [...] D’abord chef de la bande Oglala des Bad Faces, il gagna son statut de leader de la tribu entière grâce à son succès dans la bataille de Fort Phil Kearny en 1866 où il tua le capitaine Fetterman et quatre-vingt soldats. [...] (extrait du Volume III). Red Cloud termina ses jours à Pine Ridge où il mourut en 1909.
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Oglala
Année du dépôt de la photo : 1905  |  Volume III
Mots-clés :  portrait masculin chef mise en scène cliché annoté
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Two Strike Two Strike Note : Portrait élégiaque du chef des Brûlé "Two Strike" connu aussi sous son nom indien "Numpkahapa" (1821–1915). Il participa à son premier conflit contre les Pawnees à l'âge de douze ans. À 31 ans il dirigea un raid contre la même tribu et compta les coups. Il a obtenu douze coups, tous contre les Pawnees et pour un total de vingt-deux raids. Il n’a jamais été blessé. Son nom de "Living Bear" fut changé en "Two Strike" après qu’il eût désarçonné deux Pawnees chevauchant un même cheval. À son sixième coup, il fut déclaré chef. Il a gravi peu à peu les échelons jusqu’à devenir le chef principal des Brûlés. Il n'a jamais jeûné pour obtenir une vision et n'a pas eu de pouvoir chamanique (médecine). (extrait du volume III)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Brûlé
Année du dépôt de la photo : 1907  |  Volume III
Mots-clés :  portrait masculin chef cliché annoté
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Cowichan Girl Cowichan Girl Une jeune fille de noble ascendance vêtue d'une robe en poil de chèvre se tient debout sur un rocher. (E. S. Curtis)
Aire : Côte Nord-Ouest  |  Tribu ou nation : Cowichan
Année du dépôt de la photo : 1912  |  Volume IX
Mots-clés :  portrait féminin portrait en pied coiffe, costume mise en scène cliché annoté
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A grizzly-bear brave - Piegan A grizzly-bear brave - Piegan Au moins deux des sociétés guerrières Piegan (les Braves et les All Brave Dogs) comprenaient parmi leurs membres deux hommes connus sous le nom de Grizzly-bearn Braves. Au moment des festivités de la société, la responsabilité leur incombait de fournir de la viande à leurs camarades, de quelque façon qu'ils l'obtiennent. L'expression de leur visage et leur comportement justifiaient leur nom, et dans le cadre de leurs charges officielles, ils étaient véritablement craints par le peuple. (E. S. Curtis)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Piegan
Année du dépôt de la photo : 1910  |  Volume VI
Mots-clés :  portrait masculin portrait en pied vie spirituelle coiffe, costume cliché annoté
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D'autres placent le sujet dans un paysage. Le cadre reste le plus souvent réduit. C'est peut-être une façon de mieux maîtriser la composition et d'exclure toute trace laissée par le monde moderne dans le paysage. Si les grands espaces sont finalement peu présents car trop modifiés pour la vision du photographe, on constatera que Curtis, dans son approche pictorialiste et finalement subjective des Amérindiens, a complètement éludé la représentation des liens sociaux unissant les membres des tribus.

Apsaroke war group Apsaroke war group Le guerrier à droite tient un bâton courbe de l'une des organisations militaires qui, au moment décisif du combat, était planté dans le sol comme une bannière derrière laquelle son porteur s'engageait à ne pas battre en retraite. (E. S. Curtis)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Absaroke
Année du dépôt de la photo : 1905  |  Volume IV
Mots-clés :  mise en scène portrait de groupe cavalier guerrier cliché annoté
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The Piegan The Piegan Ce paysage de la rivière Two Medecine, près des contreforts orientaux des montagnes Rocheuses, est typique de l'ouest du pays Piegan. (E. S. Curtis)
Aire : Grandes Plaines  |  Tribu ou nation : Piegan
Année du dépôt de la photo : 1910  |  Volume VI
Mots-clés :  mise en scène paysage portrait de groupe cavalier coiffe, costume cliché annoté
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Resting in the Harvest Field - Qahatika Resting in the Harvest Field - Qahatika Note : Trois femmes assises à même le sol devant des cactus géants ou saguaro. Un panier que l'on nomme kiho est posé à côté d'elles.
Aire : Sud-Ouest  |  Tribu ou nation : Qahatika
Année du dépôt de la photo : 1907  |  Volume II
Mots-clés :  paysage portrait de groupe féminin vie quotidienne objet usuel
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On retrouve bien quelques scènes de groupe de danse, de départ à la chasse ou à la guerre mais ces vues restent clairement des mises en scène réalisées spécifiquement pour l'appareil. Dans chacune, le groupe apparaît comme une entité monolithique agissant dans une même direction, dans une même action, il n'y a pas d'échange, de dialogue, de jeu. Les regards sont soit tournés vers l'objectif pour mieux interpeller le spectateur, soit dirigés vers un point hors champ pour apporter une dimension symbolique ou mystérieuse à la scène. Aucune interaction entre les Indiens n'est capturée par la caméra de Curtis, qui, par contre, enregistre de nombreuses scènes de la vie quotidienne. Celles-ci présentent majoritairement un individu seul affairé à une tâche manuelle, l'intention manifeste de Curtis étant de fixer un geste artisanal. Les vues de paysages sont toujours composées savamment et E. Curtis joue autant des étendues plates des prairies que des canyons ou des montagnes qui bouchent l'horizon. L'Indien y est toujours présent comme pour affirmer l'importance du lien entre les natifs américains et la nature qu'ils respectent tant.

 
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