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Le contexte

 
Peinture  "Indiens des plaines" École américaine d'après G. Catlin, Indiens des plaines École américaine d'après George Catlin,Indiens des plaines, XIXe siècle, huile sur bois. Accédez à la notice du tableau  
Gravure d'après K. Bodmer Gravure d'après un dessin de Karl Bodmer
Tombeaux des Indiens Sioux
École américaine d'après George Catlin,Indiens des plaines, XIXe siècle, Huile sur toile. Accédez à la notice de cette gravure  

Dans les années 1830 et à la suite de travaux d'ethnologues comme Lewis Morgan, quelques rares personnalités comme le peintre George Catlin ou le dessinateur Karl Bodmer eurent à cœur de partir à la rencontre des Indiens, dans les Grandes Plaines essentiellement, pour y relever les aspects d'une culture déjà en danger.

Ces années marquent aussi une période de traités qui placent en réserve et cantonnent les Indiens à la partie ouest des États-Unis, au-delà du Mississippi, au-delà de « la Frontière » qui ne cessera d'être repoussée par la suite. Les survivants des peuples de l'Est sont déplacés arbitrairement dans des réserves à l'Ouest sur des superficies délimitées par le gouvernement américain.

Très rapidement et pour faire face aux difficultés économiques de l'époque, une conquête de l'Ouest est engagée par les Occidentaux en dépit des traités signés. Pour le pouvoir de l'époque soucieux de la bonne santé du pays et pour les pionniers désireux de pouvoir bénéficier d'une parcelle de terre, le sort des Indiens compte peu. L'avancée irrémédiable des migrants se prolonge jusqu'à la fin du XIXe siècle, période qui marque la fin de « la Frontière », tout le continent ayant peu à peu été colonisé par l'homme blanc. Le « rêve américain » des étendues infinies de terres capables d'accueillir le moindre pionnier a pris fin et un sentiment nostalgique s'empare de l'opinion américaine en mal de passé.

 

Parallèlement, les dernières guerres indiennes s'achèvent avec le massacre de Wounded-Knee, le 29 décembre 1890 qui devient une date symbolique. Soixante-cinq conflits constitués de raids, de carnages, d'expéditions punitives et de trêves auront opposé colons occidentaux et natifs amérindiens sur près d'un siècle. La victoire des colons est définitive, renforcée par la quasi-disparition du bison (exterminé par les Occidentaux), le développement d'épidémies foudroyantes apportées par les migrants, contre lesquelles les Indiens ne sont pas préparés, le dénuement et l'alcoolisme (les Indiens croyant pouvoir communiquer avec les Esprits via l'ivresse provoquée).

Gravure des "Rocky Mountains" Gravure d'après le tableau d'Albert Bierstadt - Détail
Rocky Mountains (Les Montagnes Rocheuses)
Gravure Rocky Mountains (Les Montagnes Rocheuses) d'après le tableau d'Albert Bierstadt - 1866 Accédez à la notice de cette gravure  

Évalués entre 800 000 et 1 million d'individus à l’époque de C. Colomb, les Amérindiens ne sont plus que 250 000 lors du recensement de 1896. Aussi, lorsque Curtis lance réellement son grand projet au tournant du siècle, les Nations qu'il veut immortaliser ont été définitivement mises à terre. La menace des sauvages « Peaux-Rouges » a été réglée avec l’aide de l’armée. Les Indiens survivent confinés dans des réserves de plus en plus réduites et forment aux yeux des politiciens américains une minorité parmi les autres qu’il convient d’assimiler. Ils sont désormais, au pire, un problème administratif.

 
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