Cette stèle, datée de la première moitié du premier siècle (règne de Tibère ou de Claude), est un exemple intéressant de la romanisation qui s’est produite chez les notables santons. Le magistrat gallo-romain est romanisé comme en témoigne sa carrière et ses tria nomina, mais est fier de ses origines gauloises puisque, outre sa filiation, il rappelle sa fonction importante de vergobret dans sa cité. La gravure est régulière, précise et il existe des points de séparation à la deuxième ligne.

Caius Iulius Marinus est un citoyen romain, inscrit dans la tribu Voltinia et portant un prénom et gentilice d’empereur julio-claudien. Son père possède un surnom typiquement gaulois.

Marinus a suivi une carrière des honneurs romaine ; il occupe le poste de questeur (trésorier). Il est chargé du culte impérial : le flamine augustal sert le Génie de l’empereur et de ses Lares, c’est la fonction qui couronne une carrière municipale et le curateur a pour fonction de rassembler les citoyens autour du culte impérial. Mais il exerce aussi la plus haute charge chez les Gaulois : vergobret.

La fille porte le gentilice de son père, ici Iulius, que l'on féminise en Iulia.

C[aii] IULI RICOVERIVGI F[ilio] VOL[tinia] MARINO
"à Caius Iulius Marinus, fils de Ricoveriugus, de la tribu Voltinia"
[augus] TALI PRIMO C[uratori] C[ivium] R[omanorum] QUAESTORI VERG
"qui a été premier flamine augustal, curateur des citoyens romains, questeur et vergobret."
MARINA FILIA
"Iulia Marina sa fille"
La stèle de Marinus (en bas)