Introduction de l'exposition
 Du pagne au paréo
 Transformations du corps, la peau vêtement premier
 Insigne du pouvoir
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Insignes du pouvoir

Outre la valeur décorative de la parure, les vêtements et les accessoires sont également l'expression du rang social et du pouvoir spirituel comme le suggère un certain nombre de coiffes et pectoraux.

Coiffes

Les coiffes sont un emblème social dont une des fonctions consiste à signifier un pouvoir (religieux, politique, juridique, etc.). La couronne royale, la mitre papale ou plus communément, le képi du gendarme font référence à différentes autorités. Ces ornements de tête sont donc des signes de statut et ont pour objectif d'informer celui qui les observe de la conduite à suivre.

Coiffes en Océanie

Les ornements de tête sont plus largement attestés en Polynésie qu'en Mélanésie. Il arrive néanmoins que dans certaines circonstances, les hommes initiés mélanésiens arborent des coiffes complexes. Les Hommes-perruques de Nouvelle-Guinée portent, par exemple, des coiffes composées de fleurs, de plumes d'oiseaux, de feuilles ou encore de mousse. En Polynésie, les coiffes sont exclusivement réservées aux personnes de haut rang au même titre que les éventails ou les massues. L'emblème du chef tongien était la coiffure en plumes noires de phaéton ou rouges de perroquet dite pala tavake. Aux Samoa, le tuiga était une coiffe en tapa, cheveux humains, plumes et coquillages portée par une jeune fille noble, taupau, dont la tâche était de préparer le kava. Le chef du village, manaia portait également une coiffe quasi identique. Dans la société marquisienne traditionnelle, plusieurs ornements de tête signifiaient le statut de l'individu, tel l'uhikana (bandeau frontal porté par le chef) ou la couronne, pa'ekaha.

Coiffes en Afrique

La coiffe est aussi une traduction visuelle du pouvoir du chef ou du roi en Afrique. Le dignitaire Akan du Ghana arbore une coiffe en velours rouge ou noir orné d'or ; chez les Yoruba du Nigeria il s'agit davantage de couronne en perles de verre. Les chefs Mangbetu de la République Démocratique du Congo portent une calotte en vannerie surmontée de plumes rouges. L'utilisation de ce type de plumes, prises dans la queue de perroquet, correspond, en Afrique centrale, au pouvoir et à la puissance attribués à cet animal et cette couleur.

Coiffes en Amérique

Les Amérindiens sont réputés pour leur création plumassière dont l'imaginaire collectif ne retient bien souvent que les coiffes des chefs sioux du Montana ou cheyenne du Dakota du Sud. Cette tradition se retrouve sur tout le continent, notamment en Amérique du Sud où les personnages les portent à l'occasion des cérémonies.

Ornements de poitrine

Les ornements de poitrine peuvent faire également partie des signes distinctifs. En Occident, par exemple, la cravate fonctionne comme un code au même titre que l'écharpe de maire ou de député.

Ornements de poitrine en Océanie

En Polynésie, parmi les éléments du costume des hauts dignitaires figuraient, outre la coiffe, l'ornement pectoral. Il s'agissait chez les Maoris de Nouvelle-Zélande, au moment du contact avec les Européens, des Hei Tiki, pièce en serpentine ; à Hawaï, du collier royal, lei niho palaoa pour les aristocrates ali'i et à Fidji, du tabua (pendentif en dent de cachalot).
Ces emblèmes revêtent une autre signification en Mélanésie où l'organisation sociale est différente. En effet, les ornements de poitrine sous la forme de dents de porc ou de disque en coquille de bénitier avec décor en écaille de tortue (kapkap de Santa Cruz) notamment, étaient réservés aux "big men" ("grands hommes"), personnages initiés symbolisant ainsi leur statut.

Ornements de poitrine en Afrique

De nombreux ornements de poitrine font partie des regalia africains. Ils sont souvent identifiables par la nature du matériau. Les colliers en laiton et cuivre d'Afrique centrale (à l'exemple de ceux des chefs Teke au Congo), symbolisent le pouvoir des chefs en raison de la couleur rouge du minerai de cuivre. En Afrique de l'Ouest et notamment, au Bénin, l'insigne du Fon correspondait à un pendentif masque.

Ornements de poitrine en Amérique

Le pectoral est en Amérique un ornement de poitrine ou de torse accroché sur le vêtement ou suspendu à un lien qui est porté le plus souvent par des personnages de rang élevé au cours de cérémonies. Plusieurs sont réservés au chaman qui les exhibe lors des séances de métamorphoses. Il revêt le collier en dents de jaguar lors de sa transformation en félin, acquérant ainsi les pouvoirs de l'animal. Des pendentifs en forme d'oiseau (le héron chez les Nariña de Colombie), de chauve-souris ou de serpent sont également utilisés. Les chamans de certains groupes Jivaro (Équateur, Pérou) portent le collier avec un bec de toucan lors du chamanisme d'agression.


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