- Océanie -

Outil traditionnel:
la lame du peigne à tatouer

Guerrier marquisien

Le tatouage polynésien traditionnel était réalisé autrefois à l'aide d'un peigne constitué d'un manche en bois et d'une lame en os ou en écaille de tortue dentelée. L'artisan spécialisé frappait sur le peigne avec un marteau (fragments de bois longiligne) afin de faire entrer sous l'épiderme le colorant. Cette séance était d'autant plus douloureuse que les parties concernées étaient particulièrement sensibles (lèvres, langue, paupières voire pénis chez les Maoris de Nouvelle-Zélande ou les guerriers marquisiens par exemple).

L'action de se tatouer servait à multiplier symboliquement les enveloppes corporelles au cours de l'existence afin de protéger l'individu de sa vulnérabilité originelle. Le tatouage était aussi un rituel d'initiation au cours de l'adolescence et un moyen de signifier son statut ainsi que son appartenance à un groupe ou à un clan. Tout le monde n'était pourtant pas tatoué (les femmes ou certains personnages de haut rang dans certaines sociétés). Cette pratique fut abandonnée sous la pression des missionnaires au début du XXe siècle, elle réapparaît néanmoins aujourd'hui à des fins de revendication identitaire, notamment chez les Maoris exilés.

Les peintures corporelles sont beaucoup moins répandues que la pratique du tatouage. Elles sont néanmoins attestées chez les Aborigènes d'Australie qui couvrent, dans certaines occasions rituelles, le corps de pigments blancs et rouges.


Chef maori
Indiens kuikuro, Brésil
Militaire allemand
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