Le développement de la faïence en Europe

Cette faïence stannifère, née au VIIIe siècle de notre ère près de Bagdad, se répand rapidement en Afrique du Nord, et dans tout l'empire abbasside, avant de gagner l'Espagne et l'Italie. La production en France semble apparaître à Marseille au début du XIIIe siècle, puis en Avignon à l'époque des Papes, au XIVe siècle. Des fouilles archéologiques ont démontré la présence d'ateliers de fabrication de carreaux de faïence dans plusieurs lieux du royaume. À la Renaissance, avec les guerres d'Italie, la noblesse découvre la majolique italienne. Des faïenciers italiens arrivent en France : à Lyon dès 1494, puis dans d'autres villes, Nevers, Nîmes... Ils réalisent des plats à la manière de Faenza, ville d'Émilie Romagne et lieu de production important, donnant naissance au terme faïence, qui devient vite un nom commun.

Cette nouvelle céramique gagne tranquillement du terrain aux XVIe et XVIIe siècles. Arrivent les Édits somptuaires de Louis XIV, par lesquels le roi ordonne en 1689, 1699 et 1709, la fonte de la vaisselle en métal précieux, pour renflouer les caisses d'un royaume appauvri par les guerres. « Tout ce qu'il y a de grand et de considérable se mit en huit jours à la faïence… » écrit Saint-Simon dans ses Mémoires, en 1709. Mais c'est surtout l'essor commercial de la France après 1720 qui profite aux établissements industriels que sont les faïenceries. Les premières fabriques apparaissent à Saintes à cette époque, et seront florissantes jusqu'à la fin du XIXe siècle.