Des pièces attribuables aux ateliers saintais

Un rafraîchissoir à bouteilles et un bassin

Ce rafraîchissoir à bouteilles de la collection du musée Dupuy-Mestreau possède un décor floral inspiré de ceux créés à Rouen, haut lieu de la faïencerie à cette époque. Il date du milieu du XVIIIe siècle. Nous pouvons le rapprocher de tessons issus des fouilles de l'ancien cimetière Saint-Michel à Saintes. Il s'agit d'un morceau de bassin et d'une assiette, produits à la fin du XVIIIe (vers 1780).

Vues extérieure et intérieure d'un tesson de bassin.

Tesson d'un bassin, décors extérieur et intérieur
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Légumier

Charles Dangibeaud, qui en a fait don à la ville de Saintes, attribue ce légumier aux faïenceries de Saintes. Il le date du XVIIIe siècle. Un second légumier, orné différemment, et appartenant lui aussi aux collections du musée, a été conçu avec le même moule. Il est donc lui aussi probablement attribuable aux ateliers saintais.

Plat à barbe

Ce plat à barbe des collections des musées de Saintes porte l'inscription suivante : « Maître Antoine Mollét Procureur au Présidial et Ellecttion de Sainte – 1739. » On peut penser qu'il a été réalisé à Saintes, à la demande d'un notable de la ville.

Conclusion

Les historiens de l'art du XIXe siècle ont oublié de mentionner les faïenceries de Saintes, contrairement à d'autres régions, alors que les ateliers ont été très nombreux et productifs. À la fin du XIXe siècle, le travail de l'érudit saintais Charles Dangibeaud a permis de faire découvrir l'activité céramique de Saintes, principalement au XVIIIe siècle, mais ses écrits sont restés assez confidentiels. On peut regretter l'absence de fouilles de tessonnières sur les lieux des anciennes fabriques. Les deux seules pièces signées actuellement connues, le saladier à « l'Arbre d'Amour » de 1772 et « le pot à piment » de 1864 ne sont pas significatives de l'ensemble des réalisations des manufactures saintaises, d'où la difficulté de donner des attributions précises. Dans la série des pièces que nous considérons saintaises, nous pouvons remarquer des similitudes avec les productions faïencières de Cognac, d'Angoulême et de leurs satellites. Les céramiques charentaises sont ainsi dans la mouvance des productions du Sud-Ouest, principalement bordelaises.