Production du XIXe siècle attribuable aux ateliers saintais

À partir de nombreuses pièces du musée Dupuy-Mestreau, on identifie une série très homogène qui s'étend sur toute la première moitié du XIXe siècle. Ce sont des assiettes à bord droit de forme calotte, avec un ressaut à la base de l'aile. Le diamètre le plus habituel est de 23 cm environ, parfois plus petit (20 cm). L'émail est souvent grisâtre, ou beige, parfois faïencé.

On distingue des décors très variés :

Les décors aux oiseaux : coq, mésange, huppe, merle, seuls ou en couple...
Les décors d'animaux : levrette (modèle inspiré de la manufacture Boyer de Bordeaux, vers 1780), cerf, cheval, chèvre, dromadaire...
Les décors à la construction : maisonnette, tour, moulin...
Les décors de personnages : chinois, fileuse, chemineau, pêcheur...
Les décors de fleurs : bouquet stylisé de rose, œillet, corbeille fleurie, tulipe, corne d'abondance...
Les assiettes aux attributs du jardinier.

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Les décors particuliers :

Historiques : l'aigle impériale, les décors d'époque Restauration
Assiettes d'accordailles : oiseaux, putti ...

Les caractéristiques de cette série :

Sur l'aile des assiettes et des plats, on note l'alternance de brindilles fleuries, de feuilles de fougère stylisées, souvent par 3, alternées avec des croix bicolores ou plusieurs points regroupés, souvent au bleu de cobalt. Des séries d'arceaux combinés de plusieurs façons ou de plusieurs couleurs, parfois ponctués de points ; des traits à la girelle peuvent cerner le bord de l'assiette et (ou) le motif central ; celui-ci est souvent sur une terrasse. Cette série montre une homogénéité sur une période longue et une qualité dans la réalisation assez remarquable au niveau local. Seule la fabrique Rougé, qui a duré une cinquantaine d'années, aurait ainsi pu réaliser une telle production aussi longtemps. De plus, les annotations liées au tableau des renseignements sur les fours de poterie en 1835, indiquent clairement que la fabrique Rougé produisait des pièces de meilleure qualité que ses concurrents.
On peut donc penser que cette série est attribuable à la fabrique Rougé. Cette hypothèse ne pourra être confirmée que par des fouilles ou la découverte d'autres pièces qui seraient parfaitement identifiables. Il faut noter que parvenir à attribuer des productions à une fabrique est très difficile si les objets ne sont pas tamponnés ou signés.