La Saintonge, terre de potiers

Des ateliers de potiers sont connus en Charente ou en Saintonge à Fouras, Cherves, Jarnac, Jonzac, certains implantés dès avant la conquête romaine. Dès l'Antiquité, de nombreux ateliers de céramiques de grande consommation ou de construction, s'implantent en effet en Saintonge, traversée par cette importante voie commerciale qu'est le fleuve Charente. Les potiers locaux, pendant la période gallo-romaine, sont fortement influencés par les productions romaines, tout en conservant leur inventivité.

Au Haut Moyen Âge, des ateliers sont créés entre Cognac, Saintes et Saint-Savinien, notamment à La Chapelle-des-Pots, site actif au moins depuis le XIIIe siècle. Les productions saintongeaises, profitant des voies de navigation, vont se propager à travers l'Europe, jusqu'en Scandinavie et surtout en Angleterre.

Aux XVIe et XVIIe siècles, la diffusion du grès et l'apparition de la platerie (vaisselle composée de pièces plates, comme des plats ou des écuelles), engendrent des mutations techniques et artistiques importantes qui vont permettre, à terme, la maîtrise de la faïence par les ateliers artisanaux.

Dans le courant du XVIIIe siècle, la mode est à la faïence, plus colorée que la poterie traditionnelle. C'est à cette période que naissent les grands ateliers de faïence, tels que Sèvres. Les potiers de Saintes créent plusieurs faïenceries pour suivre cette mode, qui essaime également des manufactures à Cognac ou Angoulême. C'est le début d'une aventure qui durera à Saintes jusqu'au début de la première Guerre Mondiale.