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Faïences parlantes ou l'histoire racontée par les assiettes

La production de faïences patronymiques

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Assiette patronymique au nom de Jean BabinPlat patronymique aux noms de Jean Papillault et Marie Millet ("cul noir")

Les circuits de distribution des faïences patronymiques

Le schéma de diffusion des faïences patronymiques :

Selon Jean Rosen, la diffusion passerait par les mariniers de Loire, transporteurs de faïence prenant les commandes au fur et à mesure de leurs escales ; puis les livraient à leurs destinataires au cours des mêmes étapes quelques mois plus tard.

L’aire de diffusion des faïences :

Les faïences patronymiques sont retrouvées en majorité dans le bassin de la Loire et de ses affluents.
Cette diffusion enveloppe la région de Nevers mais elle s’arrête au Nord à Montargis et Orléans, au Sud avec le Massif Central et à l’Est avec le Morvan.
Cette aire s’étend vers l’Ouest : de la Bretagne jusqu’aux Charentes en passant par Nantes et se concentre sur la basse vallée de la Loire et au Centre-Sud Ouest.

D’ailleurs, Châtellerault qui appartient à cette aire géographique est une ville dont les habitants ont été de grands consommateurs de faïences patronymiques. Châtellerault est implantée sur une voie importante pour les échanges commerciaux. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la batellerie se développe : ce sont environ 400 à 500 bateaux, les gabares, qui transitent par son port chaque année. Les mariniers châtelleraudais sont au service de négociants basés à Nantes, Orléans ou Paris et acheminent des produits locaux et régionaux vers d’autres régions.

La technique du « cul noir » et les restaurations anciennes

Les céramiques dites « cul noir » ont un revers de couleur pourpre foncé tirant sur le noir.
Elles sont recouvertes d'un émail brun foncé obtenu grâce à l'oxyde de manganèse choisi pour la robustesse qu'il procure à la pièce mais aussi pour la modicité de son prix.

Les restaurations étaient faites par un raccommodeur de faïences. Il permettait de prolonger l’usage d’un objet domestique par l’application d’agrafes ; c’est le sort qu’ont subi les pièces restaurées du musée Sully.  Les agrafes posées sur ces cassures ont mal vieilli. En effet, avec le temps, le métal rouille et laisse des traces sur la faïence. De plus lors des manipulations, ces agrafes risquent de se rompre.

Aujourd’hui, le restaurateur de céramique masque ses interventions sans mettre en péril l’objet et lui redonne une seconde vie en utilisant de nouveaux procédés de restauration : nouveau type de colle réversible par exemple.

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Détail d'une ancienne restauration avec agrafe