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Faïences parlantes ou l'histoire racontée par les assiettes

La faïence révolutionnaire

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Assiette révolutionnaireAssiette révolutionnaire

Assiette révolutionnaire – Nevers – copie de la fin du XIXe siècle ou début XXe siècle – Don Jules Duvau -  n° d’inventaire 9062

Son décor représente les trois ordres réunis accompagnés de l’inscription  « Le Roy et les Etats généraux ». Ce motif des attributs des trois ordres  de la société d’Ancien Régime (la crosse, la bêche et l’épée) est réuni par une fleur de lys bleu. Ils sont surmontés de la couronne royale. L’inscription s’étend au fond du bassin et se termine dans une banderole qui souligne le décor.

Ce modèle ne peut être que postérieur à la réunion des trois ordres. Il rappelle l’injonction faite par Louis XVI le 27 juin 1789 au Clergé et à la Noblesse à se réunir au Tiers État. Le musée Déchelette possède l’original mais peu d’exemplaires de ce modèle sont connus.  Le motif évoluera vers 1791, le bonnet remplacera la couronne, la pique se substituera à la bêche et l’inscription deviendra « Constitution » avec la mise en place de la monarchie constitutionnelle.

Assiette révolutionnaire – Nevers – copie polychrome de la fin du XIXe siècle - n° d’inventaire 9063

Son décor représente le cénotaphe de Mirabeau c'est-à-dire le monument élevé en sa mémoire mais qui ne contient pas son corps. Il est entouré d’arbres.

Les funérailles nationales de « l’orateur du peuple » eurent lieu le 4 avril 1791 à Paris en l’église Saint-Eustache. Un mois plus tard, dans la cathédrale de Nevers, le procureur général prononce l’éloge funèbre du révolutionnaire à l’occasion du service solennel commandé par la commune de Nevers.

Ici, les faïenciers ont représenté le dédoublement du cercueil accompagné de la citation « Aux mânes de Mirabeau, la patrie reconnaissantes 1791» qui était inscrite sur l’urne contenant le cœur de Mirabeau. Cette phrase prend en compte la décision des révolutionnaires de consacrer le Panthéon aux héros de la Patrie puisqu’elle reprend en partie l’inscription prévue au fronton du monument.
En effet, Mirabeau fut inhumé au Panthéon le 25 novembre 1793. Sa sépulture fut profanée et ses cendres jetées aux égouts après la découverte de ses entretiens secrets avec Louis XVI et avec sa cour. Malgré tout, Mirabeau reste le premier symbole de l’éloquence parlementaire en France, éloquence appréciée sous la IIIe République, elle-même régime parlementaire.

 

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Détail d'une assiette révolutionnaireDétail d'une assiette révolutionnaire (copie fin XIXe-début XXe)