Alexandre Iacovleff est né à Saint-Pétersbourg en 1887. Il y étudie le dessin à l'Académie des Beaux-Arts. Grâce à l'obtention d'une bourse, il part en Italie où il découvre les peintres de la Renaissance. Après un séjour de deux ans en Chine, à Pékin, en Mongolie, à Shangaï et au Japon, où ses talents de portraitiste sont remarqués, il s'installe à Paris.

En 1920, il présente pour la première fois dans une exposition les peintures et dessins qu'il a réalisés en Extrême-Orient. Cette exposition connaît un grand succès, confirmé par la publication de ses Dessins et Peintures d'Extrême-Orient par Lucien Vogel.

C'est après avoir vu ses œuvres "ethnographiques" qu'André Citroën l'engage pour les Croisières Noire et Jaune. Peintre officiel des expéditions, il est chargé par le ministre des Beaux-Arts de fixer par le pinceau, les mœurs et coutumes indigènes en voie de disparition.

Alexandre Iacovleff est aussi apprécié pour ses qualités : Joseph Kessel, rencontré dans un train, évoque sa netteté physique et morale, son exceptionnelle loyauté, une exquise gentillesse et une bonne humeur au-dessus de toutes les épreuves.

De chaque mission, Alexandre Iacovleff revient avec plus de 300 dessins, une centaine d'études en couleur et des dizaines de carnets de croquis zébrés de notes.

Portrait d'Alexandre Iacovleff Portrait d'Alexandre Iacovleff Portrait d'Alexandre Iacovleff Photographie
Acquisition, n°2014.1.54
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Campement kirghize, Pamyrs Campement kirghize, Pamyrs Campement kirghize, Pamyrs par Alexandre Iacovleff
Illustration extraite de Dessins et Peintures d'Asie, planche 31.
Acquisition, n°2013.3.1.33
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Afghans Afghans Afghans par Alexandre Iacovleff
Illustration extraite de Dessins et Peintures d'Asie, planche 12.
Acquisition, n°2013.3.1.14
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Grand dessinateur, il réalise ses portraits à la sanguine, matériau qui fait sa gloire, à la sépia et au crayon. Parfois, à l'aide du pastel, il adoucit le trait, notamment pour indiquer les éléments de couleur des tissus. Il réserve l'huile au travail d'atelier, car elle est lente à sécher. Lors des étapes des expéditions, il prépare sa détrempe ou sa tempera (mélange de pigments avec un liant à base de jaune d'œuf, aquarelle ou gouache) qui sèche rapidement, technique héritée du monde grec antique, et enseignée par son maître Dimitri Kardowski à l'École des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg. C'est aussi dans cet atelier qu'il a appris la sanguine, qu'il maîtrise rapidement parfaitement.

L'œuvre de Iacovleff est reconnue pour sa grande finesse, la délicatesse des traits de ses portraits.

L'artiste est aussi fin psychologue : à chacun de ses dessins, il manifeste une réelle empathie envers les personnes rencontrées et dévoile la personnalité profonde de chacun de ses modèles. Et si les portraits révèlent le caractère du modèle, les paysages semblent aussi posséder une âme, tant Iacovleff s'imprègne du lieu et de son histoire à l'image du dessin du Rakaposhi (ou Dumani), sommet célèbre du territoire pakistanais.

Le Rakkapochi, Pamyrs Le Rakkapochi, Pamyrs Le Rakkapochi, Pamyrs par Alexandre Iacovleff
Illustration extraite de Dessins et Peintures d'Asie, planche 27.
Acquisition, n°2013.3.1.29
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Iacovleff a 44 ans lorsqu'il s'élance vers l'Asie. Réalisées en pleine maturité, les œuvres de la Croisière Jaune peuvent être considérées comme la synthèse de toutes les recherches antérieures, analyses des types, amples tableaux de la vie et de la nature, vision lumineuse des couleurs.